UT
Lorsque le furoncle est ouvert depuis plusieurs jours, le tubage fait disparaitre les douleurs le jour même. M. Courtade dit avoir soigné par ce procédé, nombre de malades qui n’avaient pas dormi depuis huit ou quinze Jours et qui pouvaient reposer toute la nuit, dés que le tubage était pratiqué.
Le tubage est encore indiqué lorsqu'après ouverture du furoncle, il persiste un gonfiement marqué dn conduit.
Le tube de caoutchouc fait alors disparaître l’infiltration, en 48 heures un conduit auditif oblitéré par le gonflement des parois à repris son diamêtre normal si le drain est gros; en outre, il permet aux injections qui sont alors « utiles, indispensables, et donnent d'excellents résultats », de balayer toute la partie du conduit située en arrière du furoncle. Le tube de caoutchouc s’opposerait enfin aux rétrécissements cicatriciels consécutifs.
Ainsi donc, effet abortif possible, soulagement à peu près constant des douleurs, dilatation du conduit, antisepsie facilitée, rétrécissements ultérieurs évitès, tels sont les avantages de la méthode justement préconisée par M. Courtade. Ajoutons que l’introduction du tube n’est pas aussi pénible qu’on l’imaginerait a priori.
6° Injections pratiquées dans le furoncle. — Pour porter les substances antiseptiques au sein même du foyer microbien, Weber Liel avait imaginé en 1878 de faire des injections d’une solution d’acide phènique à 5 0/0 dans le furoncle. Il enfonçait l'aiguille d’une seringue de Pravaz sous la peau à 4 où 2 millimètres de profondeur et injectait de 2 à 4 gouttes de liquide. Généralement un quart d'heure après, la tension et la sensation douloureu-
LE, me
ses n’existaient plus, et si la maladie était prise au début, le processus rétrogradait toujours après une seule injection.
Dans les cas plus avancés il répêtait l'injection, ou se servait d’une solution à 8 0/0, qui amenait une anesthésie instantanée, suivie pendant une heure ou deux de chaleur cuisante. Le furoncle cédait ne laissant qu’une légère sensibilité à la pression et un peu de dureté de l’oute, phénomènes qui disparaissaient au bout de quelques jours. Il recommandait de se servir de solutions parfaitement pures, et de ne pas injecter plus de 2 à 4 gouttes à la fois. Au stade de suppuration il laissait de côtè les injections, et incisait. La méthode de Weber Liel est actuelle-
ment délaissée.