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n’a donné de résultats vraiment efficaces que dans les cas où le vaccin employé était destiné à combattre un microbe contre lequel il était spécifique. Küss a employé évidemment un polyvaccin, mais celui-ci n’aurait été vraiment efficace qu’en employant en même temps, à titre d'adjuvant, un autre vaccin, monovalent celui-là (ordinairement le vaccin antigonococcique), et qui aurait amélioré des lésions restées jusque-là stationnaires.
Il semble bien cependant qu'avec le vaccin antipyogène Pasteur, employé aux doses que nous allons indiquer, on puisse obtenir des résultats au moins aussi satisfaisants, et sans adjonction d’un autre monovalent, excepté dans les cas où ce monovalent, seul, a une réelle action.
Composition du tétra-vaccin antipyogène Pasteur
Le tétra-vaccin antipyogène Pasteur est préparé avec des souches sélectionnées des principaux microbes pyogènes aérobies, ceux que l’on rencontre avec la plus grande fréquence, c’est-à-dire le staphylocoque, le streptocoque, le pyocyanique et le cutis commune. Chaque centimètre cube de vaccin contient trois milliards de staphylocoques, 3 milliards de streptocoques, 4 milliard 500 millions de pyocyaniques et 500 millions de cutis commune.
Il est préparé à l’aide de microbes prélevés sur des cultures jeunes sur gélose, mis en suspension dans l’eau physiologique et tués par la chaleur.
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Composition du bouillon vaccin Delbet
Le bouillon vaccin Delbet, lui, est préparé, non plus avec des cultures jeunes, mais avec des cultures de streptocoques vieilles de quinze jours, des cultures de staphylocoques et de pyocyaniques vieilles d’un mois. Ces trois cultures sur bouillon peptoné sont mélangées à parties égales et chauffées au bain marie à 62°, puis, après répartition en ampoules, chauffées une seconde fois le lendemain à 62°. Ce vaccin contient, par dose de quatre cen- . timètres cubes : un milliard 750 millions de streptocoques, trois milliards 300 millions de staphylocoques et 8 milliards de pyocyaniques.,
Nous voyons donc la différence, d’une part, de préparation, d’autre part, de composition de ces deux vaccins. Et s’ils sont dissemblables de ce côté, ils le sont également, aussi bien par les doses à employer que par les réactions qu’ils déterminent.
Les doses de vaccin antipyogène à employer
Dans les infections aiguës, phlegmons du ligament large, cellulites pelviennes, salpingites aiguës avec réaction péritonéale, c'est-à-dire chez les malades hospitalisées, nous avons pratiqué les injections de la manière suivante : une injection tous les deux jours aux doses progressivement croissantes de un demi, un, deux et deux centimètres cubes.
Mais, chez les malades de la consultation, qui présentaient le plus souvent des salpingites subaiguës ou des salpingites chroniques au moment d’une poussée doulou-
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reuse, nous avons cru utile d'augmenter ces doses, d’autant plus que les malades étaient plus susceptibles de faire les frais de la réaction vaccinale, et nous les avons augmentées considérablement, sans inconvénient sérieux; il semble d’ailleurs qu'avec ces doses plus élevées, nous ayons obtenu des résultats beaucoup plus rapides.
Inconvénients du bouitlion-vaccin Delbet
Au lieu du tétra-vaccin Pasteur, nous avons vu employer chez certaines malades le boullin-vaccin Delbet. Les résultats obtenus nous ont paru être à peu près les mêmes avec l’un qu'avec l’autre de ces vaccins. Mais celui de Delbet donne assurément des réactions locales et générales plus fortes; il a donc des inconvénients. Ce sont ces inconvénients que nous allons passer en revue.
Chaque injection de quatre centimètres cubes, qui se
“fait dans les masses musculaires de la face antéro-externe
de la cuisse, doit être répartie, d’après le conseil donné par le Professeur Delbet lui-même, en deux endroits différents. Malgré cela, nous avions remarqué souvent un certain degré d’engourdissement de la région, survenant presque aussitôt après la piqûre, et faisant bientôt place à une douleur marquée, persistant pendant un, et même quelquefois deux jours, douleur parfois tellement intense qu’il en résultait une impotence passagère absolue du membre.
D'autre part, au niveau même du siège de l’injection, il existait, d’une facon constante, une rougeur plus ou moins diffuse, s’accompagnant même parfois d’un œdème localisé, au niveau duquel la palpation révélait une
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vive douleur. Cette rougeur était parfois peu intense, très passagère, mais souvent aussi elle constituait une véritable plaque de lymphangite.
Enfin, il est certain que l'injection de bouillon-vaccin Delbet détermine souvent une réaction fébrile assez intense, pouvant atteindre deux degrés et même davantage, réaction qui s’accompagne parfois d’un véritable état nauséeux.
Réactions observées avec le vaccin antipyogène Pasteur
Avec le tétra-vacein Pasteur, nous n’avons pour ainsi dire jamais observé de réaction locale lorsque nous l’avons employé aux doses habituelles utilisées dans le service. Ce n’est qu’exceptionnellement que les malades ont accusé un très léger engourdissement ou une très légère douleur au point d'injection, et nous n'avons presque jamais constaté de rougeur locale, et encore moins de lymphangite réticulaire.
Quant à la réaction fébrile qui suit l'injection, elle fait bien souvent défaut, et c’est presque constamment que, à la suite d’une injection faite le matin, nous n’avons observé le soir qu’une température augmentée de trois à quatre dixièmes de degré, c’est-à-dire la différence de température qu’on observe normalement le matin et le soir chez ces malades.
A la consultation, comme nous le disions tout à l'heure, nous avons employé des doses beaucoup plus fortes, faites de la manière suivante, en général : deux,
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quatre, six et huit centimètres cubes, à raison d’une injection tous les deux jours.
Evidemment, la réaction observée était certainement plus marquée qu'avec les doses habituelles, plus particulièrement la réaction locale; mais cependant, elle n’a été que rarement assez intense pour obliger les malades à s'arrêter complètement, même d’une façon passagère : celles-ci se plaignaïent surtout d’un peu de douleur passagère, d’un peu d’engourdissement, quelquefois d’une légère réaction fébrile le soir. Et chez une seule malade, dont nous avons d’ailleurs rapporté l’observation, la dose -de quatre centimètres cubes a déterminé une grosse réaction, avec bouffées de chaleur dans les heures qui ont suivi l'injection, et même un état presque syncopal par moments.
Malgré cela, nous avons pu refaire, trois jours après, une nouvelle injection de quatre centimètres cubes, que la malade a beaucoup mieux supportée. D’ailleurs, nous avons espacé de la même manière les piqûres chaque fois que les malades semblaient réagir localement d’une façon un peu plus intense.
Lieu d'injection
Les injections ont toujours été pratiquées dans la région antéro-externe de la cuisse, en plein tissu cellulaire sous-cutané. Dans les cas aigus, cellulite pelvienne, salpingites aiguës avec réaction péritonéale, nous avons toujours pratiqué les injections de 1/2, 1, 2 et 2 centimètres cubes à deux jours d'intervalle. A la consultation, nous
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avons employé les doses déjà indiquées précédemment, avec un intervalle de un jour ou de deux jours suivant
D" la réaction présentée par les malades.
Résultats.
C’est avec cette technique que nous avons obtenu les résultats déjà signalés et que nous retrouverons dans les observations qui suivent.
Nous pourrons donc, en résumé, affirmer qu'on obtient, dans tous les cas appropriés, une sédation marquée et rapide des phénomènes douloureux, une diminution, également rapide, des lésions constatées au toucher chez les malades que leur fièvre élevée oblige à garder le lit.
Et nous insisterons encore une fois, d'autre part, sur ce fait que les malades atteintes d’annexites subaiguës ou en poussées, et traitées par le vaccin, n’ont pas été astreintes à l’immobilisation prolongée, et que beaucoup ont pu, au bout d’un temps relativement court, reprendre leurs occupations habituelles sans éprouver la moindre gêne, du fait de leur annexite.
Enfin, on peut espérer que, dans les cas où l’intervention chirurgicale restera nécessaire, elle pourra se borner à des opérations conservatrices.