‹ Du traitement des maladiesChapitre 28 sur 64 · VENTS* — GAZ · texte numérisé non relu

VENTS* — GAZ

La nourriture que nous absorbons n’est pas seule nécessaire a notre existence, elle n’est à notre corps (dirons-nous) que la matière brute , qui ne peut être elaboree , disjointe, choisie et charriée dans tous les canaux de notre individu , que par ce grand agent , qu’on nomme air , et quil serait peut-être plus rationnel de nommer vie! Cet air n est pas ce que le croient nos sens, une substance plus ou moins ténue et diaphane , douée d’une existence mécanique. Oh ! non , cette gaze immense qui s’agite doucement à la la surface comme au centre de notre globe, étendant ses ondulations jusqu’à l’azur des cieux, où nos regards la perdent dans cette vaste coupole qui semble soutenue par elle ; non , cet incommensurable voile qui aiguillonne les papilles externes de notre être à travers ses soyeuses et délicates mailles, n’est pas une masse inerte, ni privée d’intelligence : c’est un composé d’êtres atomiques dont les lois, les besoins, les usages sont réglés par celui qui a tout prévu et fait. Ce sont des myriades d’intelligences qui nous entourent,

maladies.

nous pénètrent, vivent avec nous, de nous, en nous, comme nous vivons avec elles, déliés et en elles. Je ne fais pas ici de la métaphysique , ni du mysticisme : je parle naturellement de la nature. Oui , l’air est à 1 impondérabilité de notre substance ce que notre nourriture est à notre sac de peau. Nous sommes pour lui une localité dans laquelle il doit et veut passer ou demeurer à son aise , selon ses besoins : il faut que les vastes portes par lesquelles il entre ne soient pas obstruées ni fermées à sa sortie, car il fera des efforts inouïs pour recouvrer sa liberté; il visitera tous les corridors de notre être pour trouver une issue, et s’il lui arrive d’entrer dans des impasses dont il ne pourra sortir, il y sera toujours d’un mauvais voisinage; il y portera mille et un troubles, connus sous le nom vulgaire de vents , cause , nous osons le dire, d’une grande partie de nos maladies que ne peut trouver le scalpel médical à l’autopsie du cadavre, et qui fait dire à la science : néant des NÉANTS, abune des ABIMES , maladie sans cause appréciable.

il n’est personne qui n’ait fait connaissance avec ces perturbateurs de notre éco-

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