NE GUÉRIT-IL PAS TOUTES LES MALADIES
à chaque maladie il doit y avoir un remède. Il est vrai que la douleur n’a que la mort qui est peut-être le meilleur, vu que c’est la cessation de toutes les autres ; mais comme l’antidote n’est connu que de Dieu seul, ne nous occupons que de celui que doivent avoir les autres. Pourquoi un lucide ne trouve-t-il pas à l’instant même le remède qui doit guérir la maladie à laquelle il est applicable : c’est en cela que brillerait la supériorité de ses connaissances sur celles de ses frères ?... Adèle me répondit :
i° Un lucide ne peut que ce que Dieu veut. Il ne connaît que ce qu’il est utile qu’il connaisse. Quoique le lucide soit en contact avec toutes les connaissances possibles, il ne peut les connaître qu’en passant par les filières qui conduisent à leur intimité : tout dans la nature est soumis à des lois qu’il n’est donné à aucun être de franchir. Chaque maladie a son remède, comme chaque douleur a sa consolation; mais ce remède ne se présente à nous qu’à son tour, s’il doit être précédé par dix autres. Comme chaque peine n’a de consolation qu’en face du tableau qui surpasse sa douleur, ou de l’histoire qui la déborde.
POURQUOI LE LUCIDE
2° I je lucide n’est pas toujours dans 1 état dans lequel je suis aujourd’hui, c’est-à-dire vraiment LUCIDE; un malaise, un défaut de circulation dans le sang ou les fluides , nous jettent dans une atonie, dans une paresse dont nos idées se trouvent esclaves. Ces cas sont très répétés, ils influent beaucoup sur la lumière avec laquelle nous voyons; ces causes, toutes minimes quelles paraissent, paralysent nos études, et troublent notre jugement.
3° Il nous est fort souvent présenté une quantité quelconque de plantes qui doivent concourir à guérir une maladie, mais on semble stimuler parla notre faculté, en lui laissant le choix de la plante nécessaire. Dans ce cas, nous sommes craintive, et nous avons bâte de connaître l’effet qu’aura produit notre choix, et nous demandons à revoir notre malade plutôt que nous ne l’aurions fait dans une autre circonstance.
4° D’autres fois, les plantes qui doivent être employées pour telle maladie nous apparaissent les unes après les autres jusqu a la dernière; là notre choix est presque tracé, nous sommes forcée de l’accepter: ceux auxquels ces plantes ne sont pas présentées sont
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instruits de leurs noms, ce qui revient au même.
5° Dans un état supérieur obtenu par la prière, cette prière d'amour ne peut toujours êlre connue sentie ni faite. Alors il nous est présenté la seule plante qui doit guérir; notre promptitude à la conseiller, l’assurance que nous donnons de la guérison , prouvent que nous touchons juste.
Il est malheureux qu’on n’entre pas toujours dans cet état, qu’on n’y soit pas préparé, ou qu'on n’en soit pas digne; il n’y aurait plus de souffrance. Ainsi, tu vois que tout s enchaîne dans cette étude comme dans toutes les autres. Il y a des décrets qu’il faut respecter. Il y a des guérisons qu’il faut mériter. Il y a des conseils à donner qu’il faut être digne de recevoir soi-même. Le lucide peut tout connaître, comme un littérateur peut connaître tous les ouvrages écrits dans sa langue, mais à chaque chose il faut son temps. Dieu seul connaît la fin de tout instantanément ; l’homme ne la connaît que par 1 étude, et encore quand cela lui est permis.
Que pouvais-je objecter à l’humilité et à la logique de cette réponse? Rien. Tâchons d étudier avec fruit, c’est le seul parti qui
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nous, reste à prendre; tâchons de mériter quelques adoucissements à nos maux, c’est le seul bien que nous puissions envier.
Pour rendre notre travail aussi clair que possible , nous le diviserons en trois parties. La première contiendra la nomenclature , par lettres alphabétiques, des plantes que nous conseillons, ainsi que leurs vertus primordiales sur les humeurs et sur l’organisme humain. La deuxième contiendraune/zo/zze/zclature des maladies les plus ordinaires dans lesquelles elles sont applicables , simples ou composées. Et la troisième contiendra une table alphabétique double du nom des plantes et des maladies citées. Les noms des plantes qui suivront chaque article sur les maladies sont celles dont on conseille de consulter les propriétés particulières et deu apprécier l’application. Avec un peu d’étude on peut soi-même suppléer aux renseignements qui manqueraient. Que chacun soit bien pénétré que ce n est pas la quantité qui fait la qualité d’une chose quelconque; que la douceur et la patience dans tout traitement sont préférables à la brusquerie et au désespoir; qu’on nesaute jamais d’un remede à l’autre, parce que l’effet en est peu percep-