NE GUÉRIT-IL PAS TOUTES LES MALADIES
tible. Sa lenteur ne détruit pas son action ; il faut toujours se rendre compte de sa position présente, pour la comparer avec celle antérieure. C’est de ce sain jugement que dépend la guérison. Qu’on ne s habitue pas non plus aux remèdes, c’est annuler leur effet. Boire peu de tisane, les faire toujours très faibles, et compter sur leur vertu, ce sont trois remarques utiles. Jamais nous n’avons employé de remèdes héroïques ; aussi quand nous n’avons pas guéri, nous avons obtenu du soulagement et n’avons jamais fait de mal. 11 n’y a pas une des plantes que nous conseillons qui soit nuisible à la santé , c’est dans la douceur de leur vertu qu’est le calme qu’on cherche: si l’on se trompe, les suites n’en seront pas désastreuses ; au lieu que dans les remèdes héroïques , on croit souvent guérir une maladie , on donne au contraire naissance à dix autres plus affreuses que la première. Jamais nous n’avons admis la perte d’une goutte de sang, c’est enlever la vie par degrés là où elle est à peine; le mauvais sang ne s enlève ni par les saignées ni par les sangsues; la lancette ne peut le trouver où il est, et les sangsues n’en veulent pas. Nous l’avons toujours dissous et fait évacuer par
POURQUOI LE LUCIDE
des plantes appropriées à cet effet. Quand il ne faisait que gêner par sa stagnation, nous l’avons fait circuler par le magnétisme ; nous ne pensons pas qu’on puisse mourir d’un coup de sang, d’une fièvre cérébrale ou d’une fluxion de poitrine, quand il y a près de vous deux bras nerveux qui veulent rétablir sa circulation. Nous n’avons jamais ouvert une plaie par des vésicatoires , emplâtres, etc. Nous nous empressons de fermer celles ouvertes, trouvant qu’elles sont de trop, et commandent à notre humanité de les guérir. La nature a ménagé des portes assez grandes à toutes nos humeurs, sans que nous leur en ouvrions d’autres; une simple sueur, ainsi qu une prise d arnica, valent une saignée; une selle double vaut mieux qu un vésicatoire ou des sétons; une urine abondante vaut mieux qu’une sonde. l)e la douceur où il y a souffrance, de 1 harmonie où il y a trouble, sont notre devise; confiance en Dieu, telle est notre foi. Nous le répétons pour être bien compris ; purifiant notre sang et calmant nos nerfs, il n’y a plus de maladies organiques chroniques possibles; il ne reste plus que des accidents auxquels Dieu seul peut remédier,