PIED PLAT VALGUS DOULOUREUX
douleur, on peut y remédier par quelques jours de repos et en mettant dans la chaussure un soutien pour l'arcade plantaire. Le soutien le plus commode et le plus efficace est un coussinet de caoutchouc ayant la forme de la voûte plantaire, coussinet que l'on fait tenir au moyen d'une bande.
Nous avons eu quelques cas où, quoiqu'elle fût fort ancienne, l'affection a disparu par ce moyen.
Obs. I. — Jenny V..., fille de 20 ans, ressent, depuis l'âge de 15 ans, de vives douleurs aux pieds. Elle essaie divers remèdes sans résultat ; elle nous consulte, et nous lui faisons porter la chaussure et la bande ; depuis lors^ elle n'a plus senti de douleurs.
Si le mal est plus avancé, plus accentué, nous commençons par le traitement cité plus haut, et, lorsque nous avons obtenu la guérison, nous faisons également porter le coussinet, afin d'éviter une récidive.
Obs. II. — Marthe L..., jeune fille de 17 ans, a été quelque temps dans une maison où elle avait un service pénible ; ayant déjà une disposition aux pieds plats, elle ressentit d'abord de la fatigue^ puis des douleurs dans les pieds ; enfin, elle ne put plus marcher; c'est alors qu'elle entra à l'hospice. Nous commençons le traitement, et elle fut immédiatement soulagée par le sabot de Venel ; quatre semaines après, elle sortait avec des chaussures munies du soutien de l'arcade plantaire et, dès lors, elle a très bien marché.
Obs. III. — Louisa L..., fille de 14 ans, avait toujours eu les pieds plats ; à l'âge de 13 ans, elle grandit et grossit beaucoup ; elle ressentit bientôt de fortes douleurs au pied gauche, qui était plus faible que le droit. Elle ne pouvait ramener ce pied valgus en haut et en dedans. Après six semaines de traitement, elle a pu s'en aller, marchant facilement et sans douleurs. Ses pieds continuent à bien aller, mais elle porte la chaussure avec contrefort.
Obs. IV. — Charlotte C..., grosse fille de 16, ans, a toutes les articulations très faibles ; elle a eu toujours les pieds plats. Elle a fait un apprentissage de repasseuse, qu'elle a dû abandonner, ses pieds la faisant trop souffrir. Lorsqu'elle est entrée à l'hospice, elle avait deux pieds plats douloureux. Il lui était impossible de faire les mouvements de flexion et d'adduction combinés et les
MARTIN
manipulations dans ce sens étaient très douloureuses. Le jambier antérieur, comme dans tous ces cas, ne pouvait agir et ce n'est que peu à peu, sous l'influence de l'électricité, des massages et avec l'aide des manipulations, qu'il a repris son action. Comme pour les autres patients, l'application du sabot a calmé les douleurs, et six semaines de traitement lui rendent l'usage de ses pieds. Depuis 8 ans qu'elle est sortie de l'hospice, elle n'a jamais ressenti de douleurs, mais elle porte le coussinet de caoutchouc.
Obs. V. — Aimé 0..., garçon de 15 ans, bien portant, a toujours eu les pieds plats. Il a grossi et grandi rapidement, cette dernière année, et, en même temps, il est entré dans une maison de banque, où il est commissionnaire ; il doit marcher environ 8 heures par jour. Le pied gauche est plus dévié que le droit, et ce garçon éprouve une si forte douleur qu'il ne peut plus marcher à la fin de la journée.
Lorsqu'il entre à l'hospice, il ne peut faire les mouvements de flexion et d'adduction combinés ; en forçant ce mouvement, nous lui faisons éprouver une vive douleur.
Quinze jours de traitement ont sufiB pour lui rendre tous les mouvements, qu'il peut faire sans douleur. Une marche assez longue ne l'a pas fatigué, et, depuis son départ de l'hospice, il y a 7 ans, il n'a jamais ressenti de douleur.
Obs. VL — Henri M..., garçon de 15 ans, faible, chétif et présentant une faiblesse dans toutes les articulations, a été commissionnaire dans une imprimerie; par suite de nombreuses marches et des charges un peu trop lourdes qu'il a eues à porter, une tendance aux pieds plats se déclara et augmenta de manière à ce qu'il ne put bientôt plus marcher ; il avait des pieds valgi douloureux. C'est alors qu'il entra à l'Hospice orthopédique où il fut soumis au traitement indiqué; huit jours après son entrée, il commença à pouvoir mouvoir l'articulation des pieds; il reste deux mois en traitement dans notre établissement d'où il est sorti pour reprendre son service. Nous le voyons sept ans après; il n'a jamais ressenti la moindre douleur et a pu faire son service militaire.
Obs. vit. — Ulysse 0..., garçon de 18 ans, assez fort, a toujours eu une tendance aux pieds plats; à la suite d'un apprentissage de menuisier, le pied se dévia considérablement et le fit souffrir au point qu'il ne put plus le mouvoir, ni marcher. Il entre alors à l'Hospice orthopédique, où il reste deux mois, et s'en va portant un coussinet dans sa chaussure. Son père, que nous avons vu deux ans après, nous dit qu'il continuait à bien aller.
Obs. VIII. — - Charles D..., grand et gros garçon de 17 ans, a eu toujours un peu de tendance aux pieds plats. Il travaillait à la