‹ Du traitement des pleurésies purulentes au moyen du siphon RevilliodChapitre 6 sur 19 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Les siphons en général. Description du siphon

Revilliod.

Ce que nous venons de dire à propos des avantages et des bénéfices que Ton peut retirer de l'empoi du siphon, ne s'applique pas indistinctement à tout appareil porteur de ce nom.

Dans toute installation mettant en pratique un principe ou une force physique quelconque, une bonne part des résultats revient certainement aux perfectionnements apportés dans la construction des appareils. La vapeur et l'électricité ne nous ont révélé leurs ressources que du moment où Ton a su les appliquer convenablement. Il en est de même du siphon; sa mise en pratique nécessite un instrument digne du principe en vertu duquel il agit; aussi prétendonsnous distinguer entre les divers genres de siphon qui ont été employés par des auteurs différents et ne pas affirmer que toute réussite eût été obtenue avec n'importe quel procédé de siphonnement. Bien au contraire, nous pensons même que ce qui a nui jusqu'à présent à la vulgarisation de la méthode, ce sont les mauvaises applications qu'on en a faites, avec des appareils ne répondant pas aux exigences du but à atteindre. Les inconvénients peuvent avoirdes causes variées, siégeant soit dans la construction de l'instrument, soit dans le procédé opératoire mis en œuvre, et nous avons déjà, chemin faisant dans le

coui- notre historique, attiré l'attention sur lel point qui nous paraissait défectueux, dans les différents procédés énumérés. ("est ainsi que les uns se contentent d'un tuyau de petit calibre introduit dans la plèvre par simple ponction avec un trocart, ne pouvant donner issue aux masses solides du pus. et s'exposent ainsi aux perpétuels ennuis d'un siphon qui s'obstrue facilement; d'autres obligent leurs malades garder le lit pendant toute la durée du traitement, n'ayant pas à leur disposition un réci- ,1 portatif; d'autres encore, trop pressés de voir ndre fin un traitement, qui leur paraît long; comparativement aux interventions chirurgicales en une séance, débarrassent leur client de tout appareil avant le moment propice, s'exposent à une rechute, et finissent souvent par recourirà une opération qu'ils avaient cherché à éviter au début. Tous enfin négligent les avantages de la boule aspiratrice adaptée au siphon, et qui représente à elle seule le point capital du système.

' est en suite d'une expérience déjà ancienne du sujet, et en clinicien i >bservateur des conditions néces saires à la guérison, que l<i Prof. Revilliod a construit son appareil spécial parant à toutes les objections applicables aux autres procédés, et répondant le mieux au but. C'est cet appareil que nous avons eu l'occasion de voir fonctionner pendant plusieurs annéi l'Hôpital d|B Genève, que nous considérons comme seul rationnel, et dont nous allons décrire dans chapitr» vants, d'une part sa construction, d'autre

pan la technique qu'il exige pour conduire aux résultats tout particuliers dont font foi les observations de nos malad

Le Siphon Revilliod.

Il se compose de trois parties principales : 1° Le Tube pleural.

2° Le Tube siphon proprement dit.

3° Le vase récepteur.

1° Tube pleural. Il est représenté par un tuyau de caoutchouc à parois résistantes, capable de supporter une certaine pression sans s'aplatir. Son diamètre varie entre 10 et 12 mm. et sa longueur est de 0.50 cm.

A titre de sûreté on pratique un œil latéral (O) à 0,02 cm. de son extrémité interne ou pleurale (I). laquelle est taillée obliquement en biseau.

Sur ce tuyau s'adapte l'appareil destinée le fixera

la paroi thoracique; après plusieurs essais, Revilliod préconise comme le plus simple et le plus sûr, une bande de toile de coton repliée en plusieurs doubles

(B .'i percée d'un trou plus petit que le tuyau dans lui-ci passe à frottement ; la toile grippe sur :aoutchouc et le maintient en demeure. Une longue ban< diachylon (D) transpercée aussi par le tuyau

applique le tout à la paroi thoracique en vertu de son adhésion à la peau tin. 1». Une légère couche de va-

seline borique, étendue sur la toile B prévient l'irritation i guments qui résulterait du contact pro- de l'appareil.

2 ! 6< siphon. Consiste en un tube de caùtchôuc du même calibre que le précédent et d'une longueur

de lm.50. A 0m.45 de son extrémité inférieure il est muni d'une boule aspiratrice (G) dépourvue de soupapes et dont les parois jouissent de la plus grande force élastique possible. Sa capacité est de 40 cm. 3. L'orifice inférieur est maintenu béant par une virole en plomb (P) qui agit en même temps comme contrepoids.

Ces deux tubes sont réunis par un ajutage de verre, qui, au lieu d'être simplement cylindrique est renflé en ampoule aplatie A. (fig. 1 et 2).

3° Vase récepteur. En forme de cône tronqué, d'une capacité de 2 litres environ, et dont l'ouverture évasée en forme de coupe, reçoit la boule aspiratrice G fig. 2). Une échelle graduée, gravée dans l'épaisseur même du verre, indique la quantité du liquide sécrété.

Tel est dans sa simplicité, l'appareil dont nous nous servons journellement à la clinique de l'Hôpital.

Passons maintenant à la partie la plus importante du sujet, c'est-à-dire au fonctionnement du siphon.

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