QUE
leucocytose locale el ne provoque pas de leucolyse. Elle transforme les pus louches en pus louables, et diminue leur abondance. Enfin, elle désodorise. rapidement les pus fétides. Les pleurésies putrides sont améliorées rapidement. Il n'a pas été nécessaire de les ouvrir précocement ce qui nous semble un avantage particulièrement appréciaciable.
Sur les six observations qui nous restent à examiner six guérisons médicales :
(1) OBSERVATION 1. — Pleurésie purulente droite à stathyvlocoques chez un jeune homme de 18 ans, prise au début, survenue au cours d’un syndrome de pleuro-congestion de la base droite en pleine évolution, comme en témoignent les grandes oscillations de la courbe de température et les signes cliniques. Le diagnostic en est fait 19 jours après l’hospitalisation du malade, le 22 Août 1931.
Le pus est peu abondant, verdâtre, crèmeux, on ne retire jamais plus de 60 cm3. Il renferme des staphvlocoques à l’état pur, à l'examen direct et après culture, l’analvse des crachats ne montre qu'une flore microbienne banale (22 Août). Le 26 Août un examen cytobactériologique (état des Leucocytes) montre les polynucléaires peu altérés.
On fait 10 injections presque quotidiennes de 10 cm3 chacune de diformine iodée intrapleurale, 6 injections de lipo-vaccin antistaphylococcique par voie sous-cutanée, 3 d’auto-vaccin antistaphylo par la même voie. A ? reprises en fin de traitement une quinte de toux avec crachats saumonés ont fait interrompre l'injection.
Le malade s'améliore progressivement, les signes cliniques et radiologiques le prouvent. Il sort guéri le 13 Novembre avec une excellente récupération fonctionnelle. (Radiographies en série).
Repos
(II) OBSERVATION 3. — Pleurésie purulente gauche à pneumocoques chez un jeune homme de 19 ans, prise au début et survenue au cours d’un syndrome de pleurocongestion de la base gauche avec congestion du reste du poumon en pleine évolution. Le diagnostic de la pleurésie est fait 1? jours après début accidents pleuro-pulmonaires, soit le 24 Août, la ponction ramène ce jour-là 80 em3 de liquide séro-purulent non fétide, où l'examen du laboratoire le lendemain décèle du pneumocoque à l'état pur à l'examen direct et de la polynucléose avec éléments peu altérés.
Avant l'apparition de la pleurésie purulente, le malade a reçu les 18, 19, 20 Août, 30 cm3 sous la peau, 30 cm3 dans les muscles le premier jour, 30 cm3 sous la peau les ? jours suivants de sérum antipneumococcique.
Dès le diagnostic de pleurésie posé, on fait de la septicimine, 5 jours consécutifs : 40, 20, 15, 30, 20 cc, radiographies sont faites en série ultérieurement ; à partir du o Octobre le convalescent fait des exercices de spirométrie quotidiens : 200 fois en expirations. Nous voyons alors après la 2° injection que le pus devient crèmeux et bien lié ; après la cinquième la ponction devient blanche et le restera désormais.
Le malade part guéri avec une légère pachypleurite de la base gauche. Revu le 11 Janvier 1932. Son état général est superbe, la récupération fonctionnelle est excellente, tant à l'examen clinique qu'à la radioscopie.
(IT) OBsERVATION 7. — Pleurésie purulente droite grippale à streptocoques chez un jeune homme de 17 ans, prise au début, survenue au cours d'un syndrome de pleurocongestion intense à droite. Le diagnostic en est fait 5 jours
ot Ou
après le début des accidents pleuro-pulmonaires, soit le 6 avril.
L'évolution de cette pleurésie est calquée sur la précédente. Après un examen du laboratoire qui répond streptocoques abondants à l’état pur et polynucléaires très altérés» on procède à l'aspiration du pus qui est abondant (500 cc.) sero-purulent et aux injections de diformine-iodée, répétées tous les 3 jours, puis tous les 2? jours, à la dose de 20 à 40 cc. chaque fois.
L'amélioration est progressive et rapide. En 15 jours, le pus est tari, les lésions de pachypleurite se résorbent peu à peu avec l’aide de la révulsion et de la spirométrie. Et le 2? août, après un congé, la récupération clinique et radio-
logique est excellente.
Revu le 22 août. Récupération radiologique et fonctionnelle excellentes.
(IV) OBSERVATION 8. — Pleurésie purulente droite streptococcique parapneumonique chez un jeune soldat de 19 ans, prise au début, le 28 janvier 1931. Le début de cette pleurésie est classique, un syndrome pneumonique de la base droite : point de côté, fièvre à 40°, pneumocoques en abondance dans les crachats.
Au bout de 2? jours, syndrome liquidien à la base. La ponction ramène un liquide trouble peu abondant (5 à 10 cm3), mais riche en cocci-streptocoques et en polynucléaires altérés. Les injections après aspiration du pus sont quotidiennes de 15 ce. au début, puis de 10 cc.
L'amélioration est rapide. Guérison le 9. Liquide à disparu, plus de phénomènes parenchymateux.
En somme, 9 injections de septicémines (15 et 10 ec.) et euérison en {1 jours.’
Revu le 1°" mars, récupération fonctionnelle complète.
(V) OBsERvATION 9. — Pleurésie purulente droite streptococcique chez un second maitre infirmier de 40 ans, prise au début, un syndrome pleurétique d'emblée. Le ?1 janvier, la ponction ne ramène qu'une petite quantité de pus trouble, avec des polynucléaires non altérés et des macrophages, pas de microbes à l'examen direct, mais de nombreux streptocoques à la culture. L'état général est inquiétant.
Bientôt, la pleurésie se déclare plus franchement, le pus devient plus abondant (60 à 90 cc. retirés chaque matin) jaune franc, un peu crémeux. L'examen cyto-bactériolooique montre des polynucléaires plus ou moins altérés avec strepto, tantôt à l'examen direct, tantôt seulement après culture.
Sous l'influence du traitement, amélioration, puis dispa” rition de ces signes cyto-bactériologiques, amélioration des signes cliniques. Là encore le traitement a consisté à retirer le pus, à injecter de la septicémine (15 - 20 cc), on fait 19 injections apyrexie au 12° jour du traitement avec 2 reprises minimes de température coïncidant nettement avec la suppression de la diformine iodée depuis quelques jours et cédant parfaitement à la reprise du médicament,
Guérison complète au bout d’un mois. Les signes radiologiques s’atténuent peu à peu.
Revu le 7 août, confirmation guérison clinique et radiologique.
(VI) OBSERVATION 10. — Pleurésie purulente gauche grippale à streptocoques, chez un élève-infirmier de 20 ans, primitive, prise au début. Etat général très alarmant.
Une ponction le 16 février, un jour après son hospitalisation, ramène 100 ce de liquide séro-purulent sale, contenant de très nombreux strepto et des polynucléaires altérés.
OV
Le traitement agit rapidement. 31 injections quotidiennes de 40 cc en moyenne semblent avoir assuré la guérison au bout de 1 mois 1/2. Une petite récidive oblige les médecins traitants à faire 6 injections nouvelles à 30 cc, puis à 20 ce, le mal est définitivement vaincu en 10 jours. Durée totale du traitement strictement médical à ? mois. Ecellent état général, syndrome de pachypleurite très discrète de la base gauche, avec excellent état général. Revu le 10 novembre, excellent état.
Ces observations nous donnent en somme 50 °/, de guérison médicale, guérison totale.
Sans doute sur ces six guérisons médicales, dans un cas c'est le pneumocoque, dans un autre le staphylocoque qui sont en cause ; mais dans les autres cas, c'est Le streptocoque qui est le germe causal, et la guérison de ces cas sans pleurotomie peut être considérée comme tout à fait remarquable.