‹ Du Traitement Des Pleurésies Purulentes Non Tuberculeuses AiguéesChapitre 8 sur 17 · TRAITEMENTS ACTUELS DE LA PLEURÉSIE PURULENTE · texte numérisé non relu

TRAITEMENTS ACTUELS DE LA PLEURÉSIE PURULENTE

À Bordeaux, nos maîtres chirurgiens sont interventionnistes, c'est-à-dire qu'ils sont opposés à tout traitement purement médical, ou, si l'on préfère, aidé simplement de pratiques de petite chirurgie comme celui que nous préconisons.

Monsieur le PROFESSEUR CHARRIER attache avec nous une grande importance à l'état du poumon sous-jacent ; pour lui, l'intervention chirurgicale a son heure. Mais il ne conçoit pas un traitement médical ; jamais, dans l'important service qu'il dirige à l'hôpital Saint-André, il n’a été fait d'injections modificatrices. Les pleurésies à pneumocoques franches exceptées, et encore chez l'enfant, il ne conçoit pas l'éventualité d'une guérison par le traitement médical; « c'est une hérésie », nous dit-il,au cours d’un entretien qu'il voulut bien nous accorder. Le gros danger aux mains de médecins inexpérimentés est de laisser passer l'heure chirurgicale ; le poumon se rétracte, emprisonné dans une gangue séro-fibrineuse et la conséquence est facile à deviner : pleurésie suppurente chronique, atrophie du poumon, risque de dégénérescence graisseuse des organes.

Nous nous permettrons de faire remarquer que les ré-

sultats obtenus par le traitement médical que nous publions, autorisent au moins les pratriciens à tenter ce

traitement. Six de nos malades ont guéri et dans de bonnes conditions de temps et de récupération fonctionnelle. Les séreuses pleurales et péritonéales, si elles font de fausses membranes, savent aussi les résorber. Je lui céderai volontiers que ce traitement aux mains de médecins inexpérimentés peut devenir dangereux. Il ne l’est pas par lui-même quand il est institué dès le début. On doit toujours commencer par là. Mais il est évident que dans un cas grave comme celui d'une pleurésie purulente aiguë, il faut s'entourer de toutes les garanties (Examens radiologiques, bactériologiques, etc.); ne pas s’entêter si la fièvre persiste en clochers, si les polynucléaires restent plus ou moins altérés. Il suffit de nous rapporter aux observations du Docteur Plazy pour voir qu'il n’a rien négligé de tout cela. Nous y reviendrons.

Cette opinion reflète fidèlement celle de nos maitres en chirurgie de la faculté de Bordeaux.

M. le PROFESSEUR AGRÉGÉ PApIN, directeur de service à l'hôpital Saint-André, est partisan, chez l'enfant, de la pleurotomie minima précoce : ouverture simple de la plèvre au point d’éclive, pratiquée au bistouri, en se guidant sur l’aieuille de ponction par laquelle on introduit le tube-siphon. Celui-ci est muni d'une valve ou collerette qui permet à l'air de-sortir et lui interdit de rentrer, ce qui évite le

pneumathorax.

Chez l'adulte, pleurotomie maxima, on enlève une côte.

Siphonage, etc.

Chez M. le PROFESSEUR BEGOUIN et M. le PROFESSEUR CHAVANNEZ, nous retrouvons les mêmes idées.

Jamais dans leurs services il n’a été tenté de traitement par les injections modificatrices. On considère qu'elles sont inutiles ou inefficaces.

EN re

Monsieur le ProrEssEurR Rocuer (1), en écho du rapport présenté par lui au Congrès des pédiatres de Langue Française, en septembre 1924, rapport auquel nous avons fait de larges emprunts, nous définit sa technique appliquée aux enfants. « Pas d’anesthésie générale, pas de resection costale ; une petite ouverture pleurale, de manière à assurer le drainage à thorax fermé et le lent écoulement du pus ». Ainsi, pas de shock pleural, de déstabilisation du médiastin et le funeste brassage de l’air au travers des larges plaies thoraciques. En somme, la pleurotomie minima, suivie d'une précoce gymnastique respiratoire.

Pas de lavages pleuraux, « les lavages pleuraux ne nous paraissent pas nécessaires, sauf dans le cas de pleurésies putrides. »

Enfin, Monsieur le PROFESSEUR SABRAZÈS, bien que partisan de la pleurotomie retardée, a essayé dans son service les injections au bleu de méthytène, à l'argent colloïdal. Eclectique dans ses opinions, il tient grand compte des indications spéciales à chacun des cas. Sa confiance est surtout acquise aux serums préparés à l'institut Pasteur,comme il en ressort du travail de MM. Cotoni, Truche et Raphaël, rapporté par M. le Professeur Sabrazès dans la Gazette des Sciences médicales de Bordeaux du 7-1-23, et au filtratvaccin antistreptococcique préparé par MM. Rieux et Clavelin (2).

(1) Rocher. Gazelite hebdomadaire Sciences Médicales, Bordeaux, 1925, n° 5, page 66.

(2) Sabrazès. Gazelle hebd. Sciences Médicales, n°s 11, 163, 14 mars 1926, 7 janvier 1928. ;

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