‹ Du Traitement Des Pleurésies Purulentes Non Tuberculeuses AiguéesChapitre 9 sur 17 · LES TRAITEMENTS MÉDICAUX · texte numérisé non relu

LES TRAITEMENTS MÉDICAUX

L'idée n'est pas nouvelle. Le traitement médical fut préconisé la première fois par Aran, (1) puis il fut délaissé Appelé pendant la guerre à soigner des pleurésies purulentes, au cours d’une terrible épidémie de rougeole et de grippes, M. le Professeur Nobécourt (1) avait eu tout d’abord recours à l'opération précoce ; la mortalité fut très grande. Il institua alors un traitement par les ponctions répétées, quotidiennes et même biquotidiennes, suivies d’une injection de bleu de Methylène à 5 ‘,. Les résultats ont été meilleurs.

Ce fut ainsi que procédèrent également Messieurs Sherril (1), Rinchart (1), Weill (1),Maurice Renaud (1), Billon (1); à Bordeaux M. le Professeur Sabrazès.

Les antiseptiques utilisés sont extrêmement variés. M. Mayor (1) donne la préférence au violet de Méthyle J.-B. Murphy (1), Sherril (1), Manson (1) utilisent une solution de formaline glycériné à ? °/,. Nyptrôme de même.

M. Netter (1), Gaudier (1), Sabrazès se sont servis de l'argent colloïdal à 1 °/,, ainsi que M. Vincent (1).

Schweizer (1) s’est servi dans une pleurésie purulente à streptocoques d’Electragol.

Rosensteïn (1} Vuzin, Weiïland de l’Encupin.

L'optochin, un dérivé de la série cupréique, qui aurait une action active sur le pneumocoque, à été préconisé par M. Gralka (1) etc...

(1) Cité par Rocher. P. 26 et 27.

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Enfin M. Plisson {1} a obtenu, dans quelques cas, de bons résultats avec une solution d'urotropine à 2 centigramnes par cm.

Une critique d'ensemble peut être faite de ces différents procédés. Il ne nous paraît pas que les différents praticiens qui ont employé la méthode de la thoracentèse, suivie d'injections modificatrices, aient envisagé celle-ci comme un pis-aller, surtout préconisée dans les cas graves où la resection costale ne donnait pas de bons résultats. Ne visant à part les cas heureux qu'à une amélioration de l’état général du sujet, permettant de pratiquer l’intervention chirurgicale dans de bonnes conditions, nous ne voyons nulle part cette méthode érigée en doctrine, avec comme but, difficile sans doute, mais toujours présent à l'esprit, de guérir les malades sans le concours du chirurgien.

Les essais sont timidement faits et sans grand élan. En fait les résultats ne sont pas brillants.M. Jean Tourneise {{] d’après les chiffres de Diederich, Marchand, Nobécourt, Manson, note une mortalité de 29 °/, chez l'enfant. Chez l'adulte des insuccès nombreux obligeant à une intervention plus active 60,3°/,, ou à une prolongation anormale du traitement.

(1) Cité par Rocher.

SÉROTHÉRAPIE ET VACCINOTHÉRAPIE

Au traitement pleural chimiothérapique se rattache le traitement par l'emploi des sérums et des vaccins. C’est un chapitre très intéressant du traitement des pleurésies purulentes, depuis les acquisitions nouvelles qui ont donné un regain de confiance dans ces méthodes thérapeutiques.

Les SsÉRUMS employés ont été, suivant les cas, les SÉRUMS ANTISTREPTOCOCCIQUES, ANTIPNEUMO, ANTIGANGRE- NEUX, ANTIMÉNINGO, ANTICOLLIBACILLAIRES, ANTIGRIPPALES.

Le SERUM ANTIPNEUMO à élé injecté sous la peau dans les veines, dans iles cavités pleurales. (1) MM. Nobécourt et Paraf l'ont utilisé chez l'enfant. Il v a lieu, disent ces auteurs, de déterminer la variété du pneumocoque mis en cause, le sérums n’agissant que sur les variétés I et IT.

Ils évacuent la plèvre, injections intra-pleurales de 5 à 20 c.,comhinées à des injections de 3 cm‘ dans les poumons.

Les doses totales injectées ont été de 30, 30, 60 cm° chez trois enfants qui ont guéri.

Actuellement, le praticien peut avoir à sa disposition un sérum antipneumococcique polyvalent préparé par M. Truche (?) à partir de quatre échantillons bien spécifiques. Avec ces échantillons, Truche à préparé chez les chevaux, des serums, dont chacun n’agglutine parmi les quatre ger-

(1) Cité par Rocher.

(2) Cité par Sabrazés.

ee

mes que le germe homologue ; on mélange ensuite ces serums.

Les auteurs de la monographie citée par M. Sabrazës, indiquent, dans la pleurésie pneumacoccique, d'évacuer et d'injecter in situ 60 cm° purs ou faiblement dilués ; de plus 20 cm? tous les jours dans les veines.

La polyvalence oblige à injecter de gros volumes de sérums. Les injections dans le poumon sont très dangereuses et ont causé de nombreux déboires.

L'efficacité des différents serums antistresplococciques était très contestée ; aujourd’hui celui de Vincent, encore à l'étude, s'est montré supérieur aux autres.

LS SERUMS ANTIGANGRENEUX de l’Institut Pasteur et celui de Vincent, en injections sous-cutanées, 1atra-pleurales, intra-veineuses, auraient d'heureux effets sur l'évolution de la maladie et mettraient le malade dans de bonnes conditions pour supporter l'acte opératoire. Il est recommandé d'injecter en même temps du serum antistreptococcique. Les streptocoques étant presque toujours partie prenante dans ces processus gangréneux.

La VACCINOTHÉRAPIE à fait l'objet d'essais thérapeutiques nombreux dont les résultats sont difficiles à interpréter. On cite ceux obtenus par Pastore (1). Chez les enfants, autovaccinothérapie, ? milligrammes de germes émulsionnésS dans l’eau salée phéniquée à 0,5 %, et inactives à 60° pendant 1 heure. Les injections ont été faites tous les 2 jours, dans les veines ou dans les muscles avec 0,40, 0,50, puis 0,50 et ?2cc, Concurremment à l'aspiration, quinze enfants ont subi ce traitement, douze appartenaient à la premiere enfance, deux à la deuxième. Dix guérisons furent obte-

(1) Cité par Rocher.

vais

nues, soit 66 *, ; deux enfants furent perdus de vue; deux passèrent en chirurgie. Un seul mourut de Broncho- Pneumonie.

Chez l'adulte, Messieurs Dufour (1) et Debrav (1) ont obtenu la guérison d'une pleurésie purulente cloisonnée à streptocoques par la vaccinothérapie.

L'empyème à staphylocoques—9,6 /,chez l'adulte — peut être également amélioré.

Dans quelques observations, dit M. Jean Tourneix (1), la vaccinothérapie à amené la guérison, plus souvent elle n'empêche pas l'acte opératoire, mais elle le simplifie dans son exécution et dans ses suites.

On emploie ausssi le vaccin antigrippal, po ou auto-vaccin.

Enfin nous ne pouvons passer sous silence l'article de Messieurs J. Rieux et Clavelin (du Val-de-Grâce) publiés par eux dans le Journal des Praticiens (19-11-95) et rapportés par M. le Professeur Sabrazès dans la Gazette hebdomadaire des Sciences Médicales (1926, n° 11, page 163.)

Les auteurs, partisans de. la pleurotomie retardée, ont surtout recours à la médication spécifique. L'emploi du serum antistreptococcique, en injections sous-cutanées et intra-pleurales,ne leur a pas donné de résultats satisfaisants.

Les vaccins streptococciques, soit stock-vaccins, soit auto-vaccins, préparés avec le streptocoque du liquide pleural du malade 1/2 cm°, puis trois jours après ! em*, puis 1 cm° 1/2, enfin ? cm", dose maintenue jusqu'à la fin de la thérapeutique, dans les formes d'intensité moyenne ou dans les formes trainantes, ont paru aider à la guérison. Il n’en est plus de même dans les cas suraigus, l'organisme étant

(1) Cité par Rocher,

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inapte à fabriquer des anticorps aux dépens des corps bactériens injectés.

S’inspirant des travaux de M'° Bass (1), exécutés au laboratoire du Professeur Besredka à l'institut Pasteur, sur le rôle curateur, voir vaccinant des milieux culturaux filtrés, MM. Rieux et Clavelin ont appliqué la même méthoûe au traitement des pleurésies septiques à streptocoques. Ils ont fait des injections intra-pleurales de bouillon vacein streptococciques filtrés.

Leur technique se rapproche de celle de Messieurs Plazy et Germain, injection immédiate de 100 à 150 ce de filtratvaccin streptococcique, dès le diagnostic posé. Cette injection, précédée de l'évacuation de la plèvre par thoracentèse, est renouvelée un certain nombre de fois : tous les jours si la maladie est grave, tous les deux jours si elle est de gravité moyenne, tous les trois jours pour une forme légère. Enfin opération de l’empyème relativement précoce, puisque ces auteurs visent seulement à baisser la température à 38°, attendre que le pus soit bien formé, que le pouls s'améliore.

Is recommandent formellement l'emploi de la serothérapie, au moins dans les formes graves, pour se mettre à l'abri de tout reproche. On peut faire tous les trois jours une injection sous-cutanée du même vaccin. Les résultats, à comparer avec ceux de Messieurs Plazy et Germain, accusent 9 guérisons : 8 par pleurotomie, 1 médicale. 4 décès sur 13 cas.

L'action de ce filtrat-vaccin est une action spécifique locale, les streptocoques dimininuent de nombre, perdent leur vitalité ; la phagocytose par les polynucléaires s’accuse

(1) Cité par Sabrazès,

nee

Celle action n'est que momentanée. Il faut renouveler les injections assez fréquemment. Le filtrat est sans effet contre la streptococcémie qui peut accompagner la pleurésie, et contre les autres localisations : endocarditique, rénale, méningée.

Il nous semble que la sérothérapie et la vaccinothérapie peuvent être un adjuvant efficace dans le traitement de la pleurésie purulente. Sans en faire le traitement de base, il sera bon de combiner leur emploi avec le traitement pleural et médical proprement dit.

Messieurs Plazv et Germain n'ont fait appel à la sérothérapie que d'une façon très restreinte, une fois dans l'observation : 1 pleurésie purulente droite à staphylocoques où il à été fait 6 injections de lipo-vaccin antistaphylococcique par voie sous-cutanée, 3 d’auto-vaccin antistaphvlococcique par la même voie.

FF

Dans l'observation 7, pleurésie purulente droite grippale à streptocoques où il à été fait : 5 injections de lipo-vaccin anti-grippe aux doses respectives de 1/2, Ice, Acc 1}? tous les? jours ; 2Cc ensuite àa ? jours

d'intervalle.

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