‹ Du Traitement Du Cancer De La ProstateChapitre 12 sur 16 · RL · texte numérisé non relu

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favorables, dans ceux où les adhérences et les prolongements néoplasiques étaient peu développés, l’ablation totale n’a pu être faite sans léser gravement des organes pelviens.

Du moins, une intervention radicale a-t-elle des résultats satisfaisants? Voit-on, comme pour d’autres régions du corps, l’affection disparaître totalement ou seulement laisser au malade un répit d’une certaine durée? Non, ou du moins il n’y a qu’un cas relativement heureux, c’est le malade de Billroth dont l’opéré vécut, dans un état de bien-être relatif, à peu près l’espace d’un an après l’opé ration. Mais ce sujet se trouvait dans des conditions particulièrement bonnes. Le néoplasme dont il était porteur avaitune marche remarquablement lente; il lui avait fallu 5 ans pour atteindre les dimensions d'un œuf de cane. Toute autre et bien plus rapide a été l’évolution de la tumeur récidivée. Il est permis de croire que, si Les fonctions de la vessie et du rectum avaient été assurées sans irriter cet épithélioma, cet état primitif de torpeur du néoplasme se fût prolongé longtemps encore.

Il est donc mauvais de tenter une intervention radicale. L’ablation complète de la tumeur est rendue impossible par l'étendue et l'importance fonctionnelles des tissus envahis. Dans les cas où les lésions néoplasiques sont assez peu développées pour permettre l’extirpation de la masse cancéreuse dans sa totalité, l’ablation ne peut pas porter dans les portions saines, assez loin des parties envahies par le néoplasme pour mettre à l’abri d’une récidive. La tumeur se reconstitue très rapidement. Il semble que le traumatisme chirurgical donne un élan nouveau à cette propriété de prolifération qui caractérise

les néoplasmes. Et le développement ne se fait pas seulement sur place : on voit ces tumeurs restées parfois parfaitement localisées dans le petit bassin, entre la vessie et le rectum, pousser desprolongementsconsidérables, atteindre la dimension d’une tête de fœtus et envahir au loin les ganglions inguinaux, iliaques, lombaires, tandis que des noyaux cancéreux se développent dans le rein, le foie, la rate.

Aussi, à mesure que s'accumulent les faits d’intervention et qu'on arrive aux observations plus récentes, on voit le chirurgien n’espérer plus obtenir une guérison radicale. Son but est uniquement de pallier les symptômes trop graves de l'affection. Il veut donner passage aux urines, aux matières fécales dont la rétention entrainerait une mort rapide. Il essaye de mettre un terme aux souffrances horribles dont la continuation occasionnerait une fin prochaine. La prostatectomie, le drainage de la vessie, devient l’opération préférée. En effet, c’est le moyen le plus efficace de mettre un terme aux symptômes douloureux et de frayer aux urines une issue large. Cette notion si importante ressort clairement de la lecture des observations citées. Dans le cas rapporté par Spanton, l’ablation d’une masse cancéreuse de la grosseur du poing n’entraîne aucune diminution dans les symptômes douloureux, ils restent aussi vifs qu'avant l’opération, mais aussi, la vessie n’a pas été ouverte. Bien plus concluant encore est le fait relaté par Leisrinck. La tumeur est enlevée en totalité ; les plaies rectale et vésicale sont suturées avec le plus grand soin. Il semble done que la situation du malade ait dù être fortement améliorée. C’est le contraire qui se produit. Les douleurs persistent très vives, des hoquets

des vomissements apparaissent. Le malade s'éteint épuisé. Le résultat de l'intervention de Harrisson est tout autre, ct pourtant l’exécution de l’opération a été bien plus imparfaite que dans le cas précédent. Ce chirurgien r’enlève qu’une portion minime de la tumeur, mais son incision, qui porte de parti pris jusque sur l’urètre membraneux, ouvre une large voie aux urines. Aussitôt c’est un apaisement immédiat pour le malade; plus de douleurs, plus de pollakiurie ni de ténesme (l'urine passe entièrement par l’ouverture périnéale, et le malade peut jouir de ce qu'il n’avait depuis plusieurs mois, un sommeil ininterrompu). On voit une intervention incomplète mais ouvrant à Purine une voie large, donner des résultats bien meilleurs au point de vue fonctionnel qu'une opération parachevée.

De ce qui précède, il résulte qu'essayer d’extirper en totalité un cancer de la prostate est inutile et mauvais ; qu’il est impossible d’avoir, de prime abord, la certitude d'atteindre son but. Cette intervention nécessite des délabrements considérables qui entraînent une mort rapide, ou bien, si le malade survit, la récidive est fatale et rapide ; que cette intervention ne soulage pas le malade si, par une voie nouvelle, on ne donne pas un large cours à Purine ou aux matières fécales ; que l'intervention accélère la marche d’une affection qui n’évolue déjà que trop rapidement. Ainsi donc, dans le cancer de la prostate. l'intervention devra être uniquement palliative.

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