‹ Du Traitement Du Cancer De La ProstateChapitre 13 sur 16 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

D'ailleurs, cette idée de substituer dans le cancer de la prostate une opération palliative à une opération curative n’est pas neuve. Elle a même été mise en pratique, il y a plus de dix ans, par quelques chirurgiens, mais dans un cas particulier, lorsque les troubles fonctionnels dus au développement du néoplasme prostatique portaient plus spécialement sur le rectum. Au lieu de lutter contre l’occlusion rectale par lablation de la tumeur, on s’est contenté de créer aux matières fécales une voie nouvelle. Oswald (Medical Times) à pratiqué le premier, en 1882, un anus contre nature dans un cas de cancer de la prostate. Puis, plus tard, Fenwick, British medical Journal, 1887, pra tique deux fois la côlotomie dans des circonstances analogues. Ce procédé est évidemment très sage : il soulage le malade, lui rend la vie supportable, et, loin d’accélérer par une intervention directe la marche du néoplasme, la retarde au contraire en faisant disparaître lirritation

2) — continuelle provoquée par le fonctionnement du rectum lésé.

Pourquoi n’a-t-on pas suivi la même ligne de conduite lorsqu'on s’est trouvé en présence d’un de ces cancers prostatiques qui, dans leur développement, troublent surtout le fonctionnement de la vessie ? C’est qu’il aurait fallu avoir à sa disposition une opération qui, dans ce cas, offrit les mêmes avantages que la création d’un anus contre nature dans ceux où le fonctionnement du rectum est entravé, une opération qui permit de donner aux urines une voie nouvelle sans porter atteinte à la masse néoplasique.

Gette opération, M. le professeur Poncet le premier Va trouvée. Il l’a fait connaître en 1888 dans une séance de la Société des sciences médicales de Lyon, c’est la cystotomie sus-pubienne.

L'opération de M. le professeur Poncet consiste essentiellement à faire, dans la couche musculo-cutanée de la région hypogastrique, une boutonnière à laquelle on suture les lèvres d’une ouverture pratiquée sur la paroi vésicale. Les premiers temps de opération rappellent sensiblement ceux de la taille hypogastrique, mais nous ne parlons pas ici du manuel opératoire. Il à été décrit d’une mauiere détaillée dans deux thèses inspirées par M. le professeur Poncet, soutenues l’une à Lyon en 1892 par M. Bonan et l’autre à Paris l’année d’après par M. Boutan. Ce qui fait l'originalité de cette opération, c’est précisément la suture des lèvres de l’ouverture vésicale aux muscles et à la peau de la région hypogastrique. La fistule ainsi créée devient permanente. D'autre part, il est impossible à l'urine de passer dans la cavité abdominale

Page 1