II. — Les hystérectomies
L'hystérectomie pour placenta prævia a été pratiquée trois fois dans ce groupe.
Deux fois, il s'agissait d’hémorragies de la gestation.
Une de ces femmes, sixième pare, était enceinte de 6 mois. On fit l’hystérectomie d'urgence, sans manœuvres préalables, devant la gravité de l’état général entraînée par l’hémorragie massive.
L'autre était une primipare, âgée de 29 ans (Obs. 15). Les hémorrag.es ont été récidiventes et abondantes. On décida d'intervenir devant l'état grave de la femme,
Une fois, il s'agissait d’une hémorragie du travail, l’hystérectomie fut décidée à la suite d’un incident opératoire survenu au cours d'une césarienne supra-symphysaire (Rupture d’une grosse varice utérine, déterminant une hémorragie très abondante, impossible à arrêter). L'opération se termina par la guérison de la femme.
Une de ces femmes est morte (Obs. 15). Il s'agissait de la primipare, âgée de 29 ans. Cette femme présentait une grossesse de 6 mois 1/2. Depuis 8 jours, elle avait eu des hémorragies de plus en plus abondantes. Devant le désir de la femme d’avoir un enfant vivant, on avait différé l'opération. À la suite d’une hémorragie plus abondante, on décida d'intervenir chirurgicalement après une transfusion préopératoire. ,
Une erreur de groupe sanguin détermina un choc violent, la malade présenta des signes d'insuffisance hépathique. Devant la reprise des hémorragies utérines, l’état de la femme s'étant légèrement amélioré, on pratiqua une hystérectomie, mais la femme mourut six jours après dans un syndrome d'insuffisance hépathique suraiguë.
Ce décès n’est donc pas à mettre sur le compte de la méthode chirurgicale, mais il est dû à un choc de transfusion sanguine survenu à la suite d’une erreur de groupe.
Il. — LE TRAITEMENT CHIRURGICAL SECONDAIRE A UNE INTERVENTION OBSTÉTRICALE
Nous avons dû, une fois, en présence d’un échec du traitement obstétrical (reprise de l’hémorragie après la délivrance) pratiquer une hystérectomie.
Il s'agissait d’une femme (Observation n° 13), âgée de 19 ans, secondipare, enceinte de 6 mois 1/2, arrivée à l’hôpital avec une dilatation de 1 franc, dans un état d’anémie aiguë.
On pratiqua d’abord une rupture large des membranes qui sembla arrêter l’hémorragie. Celle-ci ayant tendance à reprendre, on introduisit un ballon de 200 cmc. L’écoulement de sang continuant légèrement, et la dilatation étant insuffisante, on enleva le ballon, et l’on pratiqua l’extraction du fœtus.
Après délivrance artificielle immédiate, l’hémorragie continuant légèrement, l’état général s’aggrava très rapidement, bien que la quantité de sang évacuée fût minime. L'intervention chirurgicale fut pratiquée, après que l’état de la malade eut été légèrement remonté par une transfusion abondante; l’hystérectomie amena guérison de la femme,
A l'examen de la pièce enlevée, on ne trouva ni rupture, ni fissure du segment inférieur ; on peut done, logiquement, mettre cette hémorragie sur le compte d’une
atonie utéro-segmentaire dont on sait la particulière gravité.
Tels sont les résultats obtenus à la Maternité de l’hôpital Tenon, dans le traitement du placenta vicieusement
inséré sur le segment inférieur, par la méthode chirurgicale. |
Nous allons essayer maintenant de déduire de ces observations les indications opératoires.