QUATRIÈME OBSERVATION
N°.788: —— Année 1932.
RÉSUMÉ. — Troisième pare, âgée de 26 ans, hémorragies fréquentes croissant en abondance, rupture des membranes, pose d’un
ballon, version, mort de la femme et de l'enfant.
Mme E..…., 26 ans, entre à la Maternité de l'Hôpital Tenon, le 20 mai 1932, parce qu'elle perd du sang. Elle a déjà eu deux grossesses normales arrivées à terme, les enfants sont vivants et bien portants.
La grossesse actuelle date de 8 mois 1/2 environ.
La femme a déjà eu quelques petites hémorragies chez elle.
Le 21 mai 1932, à | heure, venant de se lever pour uriner, la femme fit une nouvelle hémorragie assez abondante. À l'examen, on trouve :
Une présentation céphalique mobile et très élevée, le toucher ramène des caillots abondants, le col est très en arrière. On a la sensation d’un matelas séparant le doigt et la présentation. L'’enfant est vivant. Les bruits du cœur sont perçus au niveau de l’ombilic.
À 3 heures, nouvelle hémorragie, le col est dilaté comme 50 centimes, les bruits du cœur sont percus, le pouls est à 96. La femme est mise en position déclive.
A 9 heures, le col est dilaté comme Î fr., la présentation est toujours très mobile et très élevée, le toucher provoque une légère hémorragie, les bruits du cœur sont bons. La femme ne ressaigne
pas de la journée, son pouls reste à 84.
en
Le 22 mai, à | heure, la malade fait une légère hémorragie, le pouls est à 84.
Jusqu'au matin, suintements sanguins; l’état général reste bon, la température est à 37°2, le pouls à 80, les bruits du cœur sont bons.
A 17 h 30, hémorragie abondante; on pratique la rupture large des membranes. L'hémorragie continue légèrement, le pouls s'accélère à 120, les bruits du cœur sont bons, le col est dilaté cemme 2 fr.
On pratique une injection de 10 cmc. d’huile camphrée, de Ï cmc. de caféine.
À 19 heures, on pratique une transfusion sanguine de 150 gr., les veines sont petites, aplaties, fragiles.
À 20 heures, on pose un ballon Champetier de 250 gr. environ. Le pouls est à 120, les bruits du cœur toujours bons.
A 22 heures, la femme est très shockée, le pouls très accéléré, la respiration rapide, on note l'agitation de la malade. Le ballon est bien en place dans le col, et celui-ci est à une dilatation d’une grande paume de main. La tête est très élevée, mobile. On enlève le ballon, et on décide d’évacuer l’utérus le plus rapidement possible.
Anesthésie au chloroforme.
On essaie deux applications de forceps, sans résultats. La tête très mobile et élevée file entre les cuillères dès qu’on cherche à articuler.
On introduit la main dans l'utérus vide d’eaux et on pratique lentement la version podalique.
Abaissement d’un pied; on trouve une très grande difficulté dans la saisie et l’abaissement du pied. Où arrive péniblement sur le genou, et on déplie la jambe pour attraper le pied. Le pied une fois abaissé, on met un lac sur le coup-de-pied et l’on pratique l'évolution par la double manœuvre de tractions sur le pied et de rétropulsions de la tête. Pendant qu’un aide tire moyennement sur un membre inférieur, la main gauche introduite dans l'utérus repousse la tête en haut.
L'évolution se fait lentement, mais sans grandes difficultés.
Après quelques instants de repos, on exerce des tractions sur le pied pour extraire le fœtus. Mais, à ce moment, le placenta se présente par son bord et sa face utérine, à la vulve, et toute la masse placentaire est expulsée avant l’enfant.
non
L''extraction fœtale est pratiquée ensuite sans difficultés, très lentement.
La main introduite constate qu’il n’y a pas de lésions du col, du segment inférieur, ni de l'utérus, et ramène le sac membraneux au complet.
L'hémorragie est presque nulle. On fait placer la femme en position déclive et on la recouvre de draps chauds. On pratique une injection de 10 cmc. d’huile camphrée et de 1 eme. d’ergotine.
La femme se réveille et entre immédiatement dans un grand état d'agitation. Le pouls très faible reste imperceptible à la radiale, mais 1} est net à la fémorale et à la carotide.
Ga fait une compression abdominale serrée et on met tout en œuvre pour faire une transfusion. L'étroitesse des veines nécessite la dissection chirurgicale de la veine au pli du coude.
Pendant ces manœuvres, l’état général de la femme s’amoindrit, {a respiration s'accélère malgré des inhalations d'oxygène. Pendant qu'on commence la transfusion, la respiration est irrégulière, saccadée, puis s'arrête.
L'enfant, du sexe féminin, mort-né, pesait 3.620 gr., l’arrière-
faix 600 er.