MANUEL OPÉRATOIRE
L'hystérectomie vaginale, avons-nous dit, ne doit jamais être employée seule comme traitement du prolapsus utérin. Elle ne constitue même qu'une opération secondaire, l’opération principale devant porter sur le vagin et le périnée.
Ces deux opérations peuvent être faites successivement. On enlève d’abord l'utérus par les procédés ordinaires de l’hystérectomie vaginale, puis on pratique la ou les colporraphies et la périnéorraphie.
Il est préférable, d’après d’autres, de combiner ces deux opérations, ou du moins de les modifier, car celte combinaison, cette modification faciliteront et simplifieront la tâche et amélioreront le résultat.
« Une hystérectomie pour prolapsus, dit Quénu, ne doit pas ressembler à une hystérectomie ordipaire. » Ce n'est pas une simple hystérectomie qu'il faut faire, c'est une hystéro-colpectomie.
La combinaison des deux opérations dont nous
avons parlé plus haut résout la question posée par certains chirurgiens : Faut-il les pratiquer simultanément, c'est-à-dire en une seule séance, ou en deux séances séparées par un certain intervalle de temps ? Du reste, nous ne voyons que des avantages à adopter la première méthode, C'est ce que font la plupart des chirurgiens qui, se basant sur les inconvénients d'une double anesthésie (Reclus, faisons-le remarquer ici, à opéré ses trois malades à l’aide de l’anesthésie locale à la cocaïne), et sur l'augmentation de la durée de l’hospitalisation des malades, pratiquent la restauration plastique dans la même séance que l’hystérectomie. Celle manière de faire ne semble pas ajouter à la gravité de l'intervention. D'autre part, les différents temps d’une opération plastique sont notablement facilités par la présence d’un utérus prolabé.
Cette méthode oblige à abandonner la forcipressure pour recourir aux ligatures. Nous verrons au chapitre suivant que certains chirurgiens ont accusé les ligatures d'exposer aux hémorragies plus que la forcipressure. Reynier a soutenu, d'autre part, que, à la suite de l'emploi des pinces, il se produit un (ravail inflammatoire qui donne définitivement une cicatrice plus résistante. Quénu, au contraire, est partisan des ligatures et s'étonne que, pouvant
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lier un pédicule qu’on a sous les yeux ou sous les doigts, on y mette des pinces qui peuvent glisser ou se briser. « La situation, dit-il, n'est pas la même que quand l'utérus est en place. »
Sans vouloir décrire tous les procédés employés, nous désirons cependant mentionner les deux grandes méthodes auxquelles on peut recourir. Nous ne nous arrêterons pas, en effet, à décrire le procédé ordinaire qui consiste à faire l’hystérec-
‘tomie vaginale suivant un procédé quelconque, puis
à terminer par un des divers procédés de colporraphie. C'est là une méthode qui donne de bons résultats el qui ne présente dans ces conditions aucun temps opératoire spécial.
1). Quénu a insisté sur un procédé mis aussi en pratique par Beverly Mac Monagle (de San-Francisco), qui suture les ligaments larges l'un à l’autre, afin, dit-il, de fermer le péritoine et de fournir à la partie supérieure du vagin un point d'attache aussi solide que possible. Ces deux chirurgiens ont, du
. reste, pratiqué cette opération à l'insu l’un dé l’autre,
à quelques jours d'intervalle (1892). Robert Asch a parfaitement fait observer que la cicatrisation du péritoine et des ligaments utérins à pour effet d'amener leur rétraction vers la cavité abdominale ; « le reste du vagin, dit-il, est maintenu par cette