PRONOSTIC
« L'hystérectomie vaginale pour prolapsus utérin
«est, dit Richelot, une opération très facile et « extrêmement bénigne. » C'est aussi l'avis de Reclus et de Quénu.
Cependant quelques chirurgiens (Lucas-Championnière, Hartmann et d’autres) font remarquer que l'hystérectomie vaginale dans le prolapsus n’est pas toujours aussi simple qu'on serait tenté de le supposer, en voyant l'utérus hors de la vulve.
Quels sont donc les accidents ou les difficultés possibles ?
1). Des hémorragies opératoires abondantes ont été observées. Schwartz cite un cas de ce genre. Il est vrai qu'il s'agissait d’un utérus fibromateux, et qu'on ne peut tirer par conséquent de ce fait aucun argument, pour accuser l'hystérectomie. Reynier appelle aussi l'attention sur ces hémorragies. Pour lui, elles n’ont pas lieu de surprendre; car, comme
il l’a fait remarquer, les prolapsus utérins se ren-
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contrent le plus souvent chez les variqueuses, chez des femmes portant en même temps un varicocèle du ligament large.
Cependant Reclus ne voit pas dans ces hémorragies une aggravation du pronostic, car il est facile de s’en rendre maître. Et Quénu assure que si on a des hémorragies, c’est qu’on veut faire vite. « Toute
« la région opératoire, ajoute-t-il, est en dehors de
« la vulve, sous les yeux. Il est facile d'appliquer « des pinces en quantité sur les artères qui saignent «et de faire la section médiane avec deux bonnes « pinces à traction sur chaque moitié de l’uté- € rUus. » | |
2). Les hémorragies post-opératoires ont aussi été signalées, et Lucas-Championnière cite un cas de mort survenue dans ces conditions. Cette complication peut, selon lui, être expliquée par le relâche ment que tous les éléments des ligaments larges ont subi, Hartmann relate aussi plusieurs cas d’hémorragies graves; et Reynier fait remarquer qu’il a observé ces hémorragies dans les cas où il avait employé les fils au lieu de pinces. Quénu est d'un avis contraire.
3). La libération de l'utérus est ardue dans certains cas, car l’adhérence avec les organes ambiants {en particulier la vessie) est plus intime qu'à l'état
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normal. M. Le Dentu cite un cas d'ouverture de la vessie.
Pour éviter cel accident, Quénu conseille, quand l’adhérence de la vessie est tant soit peu prononcée, de tailler dans le tissu utérin, en se guidant de temps en temps sur le doigt introduit par-dessus le fond de l'utérus par le cul-de-sac postérieur.
4). L'infection secondaire ne doit pas survenir, surtout si on a soin d'isoler et de fermer la cavité péritonéale selon le procédé de Quénu.
5). Quant aux accidents généraux dont nous avons déjà parlé, on les évitera en « passant la revue » de tous les organes, et en s’abstenant si on découvre une lésion importante.
Donc sans vouloir comparer au point de vue du pronostic opératoire | hystérectomie aux opérations plastiques sur le périnée et le vagin (comparaison qui ne doit pas être faite, puisque les indications de ces deux sortes d'opérations sont différentes et fréquemment ne s’excluent pas l’une l’autre), on peut conclure que, tout en n'étant pas d'une bénignité absolue, elle ne mérite pas les graves accusations qu'on a portées contre elle.
Au point de vue des résultats, l'hystérectomie, combinée aux procédés plastiques, est une ressource qu'on aurait tort de négliger quand ses indications
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sont nettes. On verra, en se reportant aux observations résumées plus loin, que le résultat éloigné (le seul intéressant) est ordinairement très bon. Dans quelques observations, l'utilité de cette Opération se fait bien remarquer : ce sont celles où les opérations plastiques pratiquées seules n’ont donné de résultats suffisants qu ‘après avoir été combinées à l’hystérectomie.
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