HISTORIQUE
L'hystérectomie, employée comme traitement du prolapsus utérin, n’est pas une nouveauté. Martin (de Berlin), dans son Traité clinique des maladies des femmes (1889), écrivait que Kaltenbach et lui avaient les premiers, en 1880, enlevé l'utérus « dans un cas de prolapsus, contre lequel tous les autres moyens avaient échoué ».
En réalité, cette opération est bien plus ancienne. “Il est vrai que les premières hystérectomies s’adressaient non directement au prolapsus, mais à une altération d’un utérus procident.
L'idée d’extirper l’utérus atteint de prolapsus irréductible avec menace de gangrène, avait déjà germé dans l'esprit d'Oakley (de Birmingham) qui, dans une lettre à Smellie (en 1757), raconte qu'en de telles circonstances il proposa à la patiente l’extirpation de l'utérus par la ligature, ce qui fut refusé.
Langenbeck, en 1813, enleva par la voie vaginale un utérus cancéreux prolabé : c’est la première
observation connue. Gebhardt, dans les Arch. d.
Danischen Gesundheits Colleg. (1836), cite un cas
personnel analogue. En 1838, Jurgensen présenta à la Société de médecine de Copenhague un utérus prolabé qu’il avait enlevé et qu'il croyait atteint de dégénérescence carcinomateuse, avis que ne parlagea pas la Société.
Dans le British medical de 1864, Edwards fait le. récit d'une extirpation d’utérus prolabé atteint non de cancer, mais d’irréductibilité et de gangrène. Il s’agit d'une femme de 74 ans, ayant depuis longtemps un prolapsus complet. Les pessaires et les bandages avaient élé inutiles. Un Jour, lPulérus sorti depuis quarante-huit heures s'engorgea, devint irréductible et commença à se sphacéler. Edwards appliqua une ligature sur le col de la tumeur. Le surlendemain, en raison de l’odeur infecte dégagée par les parties gangrenées, il resserra la ligature et excisa. La malade vuérit. |
Jusque-là donc aucun chirurgien n’avait eu l'idée de pratiquer l'hystérectomie de parti pris pour un prolapsus utérin simple, c'est-à-dire non compliqué de gangrène, de cancer, de fibrome,
C'est Choppin le premier {cité par Asch #7 Americ. Journ.) qui, en 1867, entreprit cette Opération. Depuis cette époque. ont été publiées les observalions de Patterson (Glascow med. Journ., 1876),
Corradi (Lo Sperimentale, 1876), Hahn (Berliner Klinisch Wochens., 1882) et Kehrer, en 1877 (Beirr. 3. Klinischer u. experim. Géburstk. und Gynæc., 1879), V. Téuffel et enfin celles de Martin et Kaltenbach (Centralblatt f. Gynæc., 1888), en 1880.
Depuis 1880, les observations se sont multipliées à l'étranger. Citons les cinq de Munchmever (Certralblait f. Gynæc., 1889), les trois de Müller (Congr. des naturalistes allemands, Heidelberg, 1889), celles
de Negretto (Annali di astet. e Gynæc., Milano, 1891), de Winiwater {Wiener Klinische Woch., 1888), de Coë (Americ. Journ. of Obstet., 1890), de Krug (N. Y. Obstet. Society, 1890), de Baldy (Americ. Journ. of. Obstet., 1893) et les huit cas de la Clinique de Breslau qui ont servi au mémoire de Robert Asch (Arch. f. Gyn., Bd XXXI, 1889). Plus récemment enfin Kiel (Thèse d'Iéna) rapporte trois nouvelles observations. Hartmann et Du Bouchet (An. de Gyn., janvier 1894) ont pu réunir cinquantecinq observations étrangères.
En France, les observations publiées jusqu’à ce jour sont en extrême petit nombre. M. Richelot, après avoir opéré en 1886 (25 juillet) une femme de 60 ans atteinte de procidence complète, fut obligé, le 1° septembre de la même année, de pratiquer une colporraphie antérieure et une colpopérinéor-