‹ Du traitement intelligent de la folie et application de quelques uns de ses principes à la réforme des criminels. 1re face de l'entendement humain les penchants inférieurs. 2e face de l'entendement humain par le docteur Félix VoisinChapitre 5 sur 8 · SI · texte numérisé non relu

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cin seul esl son Dieu tutélaire, car la sensibilité la plus exquisç ne suffit point pour traiter un malade, la science doit s’allier avec elle. A lui donc l’aliéné, à lui la direction, la lutte, le combat, les fatigues, la patience et la peine; mais à lui aussi le sentiment heureux d’avoir rempli ses obligations, à lui la guérison d’un infortuné, à lui l’honneur d’avoir montré tout ce qu’il y a de désintéressement, de courage, d’amour, de dignité et.de ressources dans l’Ame et l’esprit de notre bonne corporation médicale.

Si je voulais sortir de la physiologie du cerveau et entrer dans le domaine de la pathologie des affections mentales , ce serait ici le lieu de consigner les observations particulières recueillies sur ce sujet dans mon service de Bicêtre , ou extràilcs des ouvrages de mes

confrères : vous y verriez, dans le plus grand

détail, comment l’activité exclusive et continuelle de l’une ou de l’autre de nos facultés morales, conduit, en quelque sorte, par nuances insensibles, à l’affaiblissement du libre arbitre , à l’irrésistibilité des actions, et enfin à toutes les formes du délire. Vous y pourriez surtout contempler a loisir les terribles aber-

rations du sentiment religieux, ou encore les frayeurs, les scrupules et les minuties d’une conscience timorée devant le faux dieu qu’elle s’est représenté. Le surnaturel , le merveilleux , sous les formes et sous les visions les plus extravagantes et les plus bizarres , §’y dérouleraient également sous vos yeux, et le grandiose burlesque de l’orgueil et de la vanité n’y ferait pas non plus défaut à votre esprit d’observation; mais je renvoie à l’ouvrage ex professa que je vais incessamment publier, le détail de tous ces faits, dont je viens d’ailleurs de vous présenter les déductions rigoureuses, et je vais de suite indiquer les ressources que l’on peut trouver dans l’exercice et l’appel des sentiments moraux,' pour le traitement intelligent’de la folie.

Un seul coup d’œil rétrospectif auparavant, Messieurs, sur le terrain que j’ai parcouru ; car si je, fais une exception en faveur de M. Ferrus, je tiens à prouver et même à répéter que j’étudie les maladies mentales sous des rapports que mes confrères les plus illustres, qui ont d’ailleurs rendu tant de services à la science , Falret, Foville , Leuret, Parchappe, Mitivié, Baillarger, Calmeil, Trélat,

Cerise et Moreau, n’ont point envisagés dans aucun de leurs cours, ni dans aucun de leurs écrits. Voilà ce que je crois la vérité même. Mon ouvrage m’appartient, je n’ai' copié personne ; bon ou mauvais , il faut qu’il retombe sur moi , mais j’ai le courage de mes convictions et je n’hésite point à le présenter comme ouvrant une ère nouvelle à la médecine mentale. Telles sont mes prétentions , et comme il m’importe beaucoup de savoir si elles sont fondées, je viens, à mes. risques et périls, me soumettre au jugement de l’Académie royale de médecine. Poussé par une ambition que je crois honorable à ne rien négliger pour occuper une place quelconque dans l’esprit de mes contemporains , j’ose m’adresser à vous , Messieurs ; je veux, en prenant la liberté d’arrêter un instant votre attention sur mes compositions , en subir définitivement toutes les conséquences ; je veux que ma hardiesse soit punie ou qu’elle soit récompensée. .

Dans mon premier Mémoire, j’ai fait connaître les virtualités inférieures de l’àme hu-

maine. J’en ai dit le nom , Je nombre , Les associations respectives et les influences d^ans, la vie de chaque individu. Je les ai envisagées

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