‹ Du traitement intelligent de la folie et application de quelques uns de ses principes à la réforme des criminels. 1re face de l'entendement humain les penchants inférieurs. 2e face de l'entendement humain par le docteur Félix VoisinChapitre 6 sur 8 · HA · texte numérisé non relu

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sou9 leur véritable point de vue, c’est-à-dire comme facultés d’égoïsme et de conservation, et j’ai fait voir combien, par leur énergie native, elles pouvaient aisément nous porter au crime, au suicide ou à l’aliénation mentale , si leurs aspirations le plus naturelles ne trouvaient point leur satisfaction dans le monde extérieur, ou si nous les abandonnions sans mesure et sans frein à toutes les excitations de ce même monde extérieur. J’ai ajouté qu’elles devaient être nécessairement soumises à la suprématie de l’intelligence et des , sentiments moraux, afin que le caractère de l’humanité ne s’effaçât jamais de noire constitution. Enfin, j’ai démontré, en terminant, l’indispensable nécessité pour tous les médecins qui veulent s’occuper des aliénés ou des criminels , d’étudier à fond cette première assise de l’entendement humain, et je n’ai pas craint d’affirmer, je le redis encore , que mes devanciers et mes contemporains n’avaient rien écrit sur cette partie élémentaire et fon- , damentale de la science, et que par conséquent mes travaux avaient non seulement sur les leurs le mérite, si c’en est un, de la dissemblance et de la nouveauté , mais qu’ils

pouvaient seuls fournir une base positive au traitement de la folie, puisqu’ils reposent sur la nature invariable de l’homme considéré dans ses rapports éternels avec le milieu qui l’environne.

Sous le rapport des sentiments moraux, je viens de suivre la même marche ; j’ai voulu également aller au fond des choses , et indiquer, comme pour les penchants inférieurs, le nom, le nombre, les associations, le but des facultés morales qui constituent par leur ensemble la seconde face de l’entendement humain, et en même temps mettre en relief le caractère auguste et supérieur qu’elles impriment à l’humanité, lorsqu’elles ne rompent point l’harmonie de leur systématisation. J’ai fait ressortir ensuite les travers et les ridicules qui sont la conséquence de leur disjonction ou de leur aveuglement, alin dé faire* saisir tout d’abord un des nombreux chaînons qui conduisent à la folie ; puis, tenant toujours, autant qu’il a été en moi, mes lecteurs attentifs, je me suis appliqué à les convaincre du danger qu’il y a à laisser prendre une activité

exclusive et trop forte à nos meilleurs senti-

ments , par le tableau de plusieurs personnes .

qui, sous l’empire d’une bienveillance outrée, par exemple , ou d’une religiosité frénétique , ou d’une conscience susceptible par-delà tout excès, ou d’un orgueil incommensurable , ou de toute autre force morale surexcitée , ont fini par jeter la perturbation dans tout ou partie de leur encéphale.

Disons un mot maintenant sur les ressources que peuvent nous offrir les sentiments moraux . dans le traitement de l’aliénation mentale ; et

dans un sujetsi longtemps obscurci par la métaphysique des écoles , apportons, autant qu’il . nous est possible , ce sens droit et cet esprit d’ordre et d’induction qui, introduits dans les autres branches des connaissances humaines , en ont si heureusement hâté les progrès.

Le moment est venu , Messieurs, de faire rentrer le cerveau dans les lois générales et * toutes simples de l’économie. C’est un organe comme un autre. Comme un autre, il fonctionne bien ou mal; comme un autre, il devient malade, et comme un autre, il guérit, il revient à son état normal. Eh bien, en dehors de ces modifications particulières et profondes de toute la constitution désignées dans la science sous le nom de choléra , de fièvre

jaune , de peste et de typhus qui , dans mon opinion, demandent pour leur traitement qu'on aille toucher à la fois et toucher fortement tous les grands appareils de l’économie, en général, que faisons-nous en médecine?

Nous suivons Jes indications fournies par la nature elle-même, nous saisissons les symptômes qui nous décèlent la souffrance et le trouble de tel et tel viscère, ou de tel et tel appareil ; nous nous appliquons à rechercher sous quelle influence, sous quelle cause la maladie s’est montrée; et appuyés sur ces premiers documents, nous faisons d’autant mieux face à chaque indication qu’en raison de la merveilleuse adaptation de tout notre être avec les objets extérieurs, nous tenons en main tous les dictâmes imaginables, et que nous pouvons par là nous rendre aisément et bientôt les maîtres de l’affection. Pourquoi donc alors, si nous parvenons avec tant de facilité à modifier toutes les parties du corps humain, quelles qu’elles soient, l’estomac, les intestins, le foie, le cœur, les reins, les pouiûons, etc.; pourquoi, dis-je, ne trouverions-nous pas aussi des modificateurs énergiques et prompts pour le cerveau? Nous pouvons bien soustraire

les premiers à leurs excitants naturels ; nous pouvons bien, directement ou indirectement, les mettre en contact, si je puis ainsi dire, avec des substances qui les reposent et les calment, ou qui en changent le rhythme et l’action, et les ramènent à la santé; pourquoi ne pourrions-nous pas aussi, je le répète, atteindre le cerveau et régulariser ses pouvoirs? Quoi ! cet organe, par lequel nous possédons la première des existences; cet organe qui nous * donne tant d’amour, qui nous attache si fortement à la femme de notre choix, à nos enfards, à nos amis, à notre pays, à l’humanité tout entière; cet organe, auquel nous devons tout ce que nous sommes, notre courage, notre ambition, notre industrie, notre activité, nos instincts de prudence, de tact et de convoitise; cet organe qui nous anime de sentiments si purs et si généreux, qui nous rapproche par l’intelligence de l’intelligence supérieure, qui n’a pas une fibre qui ne soit calculée pour les rapports de l’homme avec ce vaste univers; cet organe, lorsqu’il est malade, lorsqu’il a dépassé la mesure de ses forces, lorsqu’il a souffert par excès ou par défaut d’activité, lorsque les penchants dont

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