‹ Du traitement méthodique de la neurasthénie et de quelques formes d́hystérieChapitre 10 sur 12 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

l'électricité

L'électricité est le second moyen que j'emploie pour exercer les muscles des personnes soumises au repos. Elle possède une valeur supplémentaire, dont je vais parler présentement.

Je me sers, afin d'exercer les muscles de la manière la plus avantageuse et avec le moins de gêne et de douleurs possible, d'un courant induit, dont les interruptions assez lentes se produisent à intervalles égaux, variant de deux à cinq secondes; ces intervalles s'obtiennent facilement dans les batteries bien construites. On arrive ainsi à avoir l'exercice exempt de douleurs, mais moins rapide et moins complet que celui donné par des interruptions rapides. Ce dernier mode, aux mains d'un opérateur adroit

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et connaissant bien tous les détails de l'anatomie, serait, somme toute, plus satisfaisant; mais il exige de rexpérience, si l'on ne veut pas tourmenter et rebuter le patient en lui infligeant des douleurs inutiles. Des électrodes, recouvertes d'épongés humides, que je préfère à la peau de chamois ou à toute autre couverture mince, sont placées sur chaque muscle tour à tour et à la distance d'environ quatre pouces. On les meut assez rapidement pour permettre au muscle de se bien contracter ; ceci est facile ; on peut les mouvoir plus rapidement si l'opérateur connaît parfaitement les points de Ziemssen. Quand on a traité les muscles de la jambe, on passe d'une façon systématique à ceux de l'abdomen, du dos et des lombes, enfin on arrive à la poitrine et aux bras. On néghge ceux de la face et du cou. L'opération exige de quarante minutes à une heure; mais elle doit prendre moins de temps au commencement.

Le but général est d'exercer tour à tour tous les muscles externes.

Les résultats ne sont pas aussi frappants que ceux que nous voyons après le massage ; mais les modifications thermiques sont plus constantes

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et plus remarquables ; ces dernières nous montrent clairement que nous n'avons pas à faire à un, agent qui distrait seulement le patient ou qui agirait par quelque influence mystérieuse sur l'état mental.

Le traitement des muscles pendant une demi-heure donne lieu à une élévation marquée dans la température, élévation qui disparaît lentement dans l'espace d'une heure ou deux. Gomme pour le massage, cet effet sur la température est plus net chez les personnes sujettes à la fièvre en conséquence de quelque trouble organique; il varie d'intensité chez celles qui n'ont pas d'affections de ce genre.

La première malade, miss B..., âgée de vingt ans, est atteinte de tubercules au sommet du ( poumon droit. La température du matin est de 98 1 /2 à 99 1 /2, celle du soir de 100 à 102.

Elle est électrisée à onze heures tous les jours, avec les résultats suivants :

Avant l'électricité. Après l'éleclricilc.

Novembre

Décembre

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La seconde malade, Mme R...., âgée de quarante aiTs, était une femme anémique, faible et maigre, qui depuis des années n'avait pu supporter aucun effort tant soit peu prolongé. Elle se remit sous l'influence du traitement général ; son poids, qui était d'abord de quatre-vingt-dix-huit livres, avait augmenté de treize livres; elle avait cinq pieds un pouce de hauteur. Les faits concernant la température sont très remarquables; il est inutile d'ajouter que les observations furent soigneusement prises par M. le docteur Sinkler.

La température fut'prise dans la bouche, pendant que la malade reposait au Ht.

Avant l'électricité.

Après réieclricité.

Avril

une 1 tard

leure plus , 99 1/10.

Avant rélecli-icito. Après l'éleclricilé.

Avril 19.

une heure plus lard, 98 4/3.

Période menstruelle.

Avanl l'électricité. Apres l'électricité.

Avril 30. . .

Mai 1. . .

Le troisième cas est celui de miss M..., âgée de trente-trois ans , fille d'un médecin bien connu dans le sud des Etats-Unis. Elle souffrait depuis six ans « d'épuisement nerveux », de céphalalgie, de douleurs dans le dos, d'humeur noire, de nausées et de crises d'hystérie répétées. Elle ne dormait qu'à l'aide de calmants et usait largement des spiritueux.

Sous l'influence du repos et du traitement qui l'accompagnait, miss M.... se remit complètement et put être rendue aune vie active et utile.

Cette malade conservait le thermomètre dans la bouche cinq minutes avant et après l'électrisation .

Avant l'électricité. Après l'électricité.

Mai 14. .

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