‹ Du traitement méthodique de la neurasthénie et de quelques formes d́hystérieChapitre 4 sur 12 · I. Crvowth of CJiildri'ii, |i · texte numérisé non relu

I. Crvowth of CJiildri'ii, |i

rités se rattachant aux individus ou aux familles. Dans un groupe, l'embonpoint diminue dès que l'on dépasse quarante ans; dans un autre groupe, au contraire, on engraisse invariablement. Les mêmes dispositions sont souvent héréditaires et doivent attirer l'attention quand le développement adipeux devient une question de diagnostic ou d'importance clinique. En thèse générale, les hommes conservent leur état d'embonpoint d'une façon plus constante que les femmes. Tout médecin a dû être frappé de ce fait. En effet, bon nombre de femmes perdent ou acquièrent de grandes quantités de graisse, sans que leur vigueur perde ou gagne à ces changements; ceci n'est peut-être pas entièrement étranger aux exigences considérables de leurs fonctions physiologiques particulières. L'augmentation de poids accompagne souvent la grossesse, tandis que l'allaitement est, chez certaines femmes, la cause d'un amaigrissement étonnant, qui s'arrête et se trouve rapidement remplacé par de nouveaux dépôts adipeux aussitôt que la mère ne nourrit plus. J'ai également constaté que, chez bon nombre de femmes dont la santé laisse à désirer, chaque

période menstruelle est marquée par une perte de poids notable; chaque période intermédiaire, au contraire, par une augmentation tout aussi remarquable.

On ne connaît pas encore l'influence que peuvent avoir les saisons à ce sujet; mais sous notre climat, avec ses excès de froid et de chaleur, il y a quelques faits intéressants ù observer. Pendant l'été, les personnes appartenant aux classes aisées sont placées dans les conditions les plus favorables au développement de l'embonpoint, non seulement parce que c'est pour elles la saison du repos mental et physique plus ou moins absolu, mais encore parce qu'elles vivent alors, pour la plupart, à la campagne et dans les meilleures conditions d'appétit et d'exercice. Grâce à ces circonstances excellentes, les riches peuvent gagner en poids pendant l'été, quoiqu'il en soit un bon nombre à ma connaissance qui suivent la règle générale, c'est-à-dire qui maigrissent. Mais si nous considérons le grand nombre, ceux qui travaillent activement et ne peuvent quitter les villes, nous verrons probablement qu'ils perdent presque toujours de leur poids pendant

i'I DU TRAITEMENT DE LA NEURASTHÉNIE

la saison chaiido. QoiW proposition est continuée jns(jn^i lin certain point par les faits curieux suivants : 11 y a de noml)renses années, j'avais eu à établir le poids, la hauteur i)i la mesure ii la ceinture de chacun des membres de la police de notre ville. Cet examen fait en avril avait été renouvelé au commencement d'octobre. J'avais pris toutes mes mesures pour éviter les erreurs; mais, à ma grande surprise, je constatai que la majeure partie des hommes avaient perdu en poids pendant l'été. La somme totale de perte était considérable. J'ai égaré plusieurs documents de cette époque, et il ne m'est pas possible de rappeler ici les résultats (exacts que j'avais obtenus; mais j'avais trouvé que trois des hommes sur cinq avaient diminué de poids. Il serait intéressant de savoir si une modification semblable se produit chez les condamnés renfermés dans les établissements ])énitenciers.

Je connais des personnes qui perdent en poids pendant l'hiver, d'autres chez lesquelles cette perte se produit au printemps, saison où la dépression dans la santé est la plus marquée, saison où la chorée se développe le plus faci-

leiiieiit où elle se reproduit et où les attaques chez les épileptiques deviennent les plus fréquentes.

Le climat a une influence considérable sur le développement de l'embonpoint, et j'ose dire que la première chose qui frappe un Américain en Angleterre, c'est le grand nombre de personnes arrivées à la période moyenne de la vie et dont la corpulence dépasse de beaucoup l'embonpoint ordinaire; ceci a particulièrement rapport aux femmes grasses.

Nous attachons ordinairement à cet excès de chair l'idée de lenteur et de paresse, mais les Anglaises se livrent plus que les Américaines à l'exercice corporel et vivent dans un pays où la température empêche rarement cet exercice; une telle tendance à l'obésité est donc due probablement et surtout à des influences climatériques.

C'est encore à ces dernières que nous pouvons attribuer, sans aucun doute, les habitudes des Anglais relativement à la nourriture. Ils mangent plus que nous, et les deux sexes

1. Voir une communication remarquable par D"" Gerhard. Jm. Joîirn. mpd. sr.^ 1<S7().

consomment une quantité de bière qui en Amérique serait préjudiciable à la santé.

Ces habitudes contribuent , je suppose , à l'embonpoint que l'on rencontre si communément dans les périodes moyenne et avancée de la vie, et à cet énorme développement adipeux qui, quelquefois, frappe si vivement l'Américain qui voit Londres pour la première fois.

Quelle qu'en soit la cause, toutefois, il est probable que le poids d'un Anglais appartenant aux classes aisées et qui a dépassé quarante ans excède celui d'un Américain du même âge; ce fait n'est peut-être pas sans influence sur leurs aptitudes relatives ii contracter certaines formes d'affection, car, sans aucun doute, ce surplus dans le poids de nos cousins transatlantiques est le résultat d'un excès de graisse.

J'ai cherché en vain des tableaux établissant^ en Angleterre, le poids des hommes et des femmes, pour les différentes tailles et pour le même âge. Ce travail a été fait en Amérique, pour les hommes, par Gould, de la commission sanitaire des Etats-Unis, et par Baxter ; mais il manque encore pour les femmes. La comparaison de ces différents points entre les

Anglais et les Américains des deux sexes offrirait beaucoup d'intérêt.

Je doute que, dans notre pays, le développement considérable atteint par un si grand nombre d'Anglais soit favorable à la santé ou au confort, vu le malaise que ressentent en été les individus de forte corpulence. Il est certain qu'avec nous le banting ^ est rarement nécessaire, et, règle générale, nous avons plutôt à provoquer le développement de l'embonpoint chez nos patients qu'à les faire maigrir.

Les particularités climatériques qui ont modifié nos voix, qui ont fait ressortir nos traits et rendu petits le pied et la main de l'Américain, ont également fait de nous, aux périodes moyenne et avancée de la vie, une race plus mince, plus pâle et mieux adaptée peut-être à la région dans laquelle nous vivons. Les mômes modifications de forme peuvent s'observer présentement dans la race anglaise localisée en Australie ^

1. Banting, digne tommorçant de Londres, avait perdu im poids considérable sous le traitement que lui avait fait subir son médecin; ce procédé devenu populaire conserva le nom du premier patient qui y avait été soumis.

2. J'ai déjà dit que cet excès de corpulence chez l'Anglais se montre surtout après quarante ans. En moyenne, la taille

Ici, tout comme autre part, une certaine; augmentation dans la corpulence se remarque à mesure que l'on avance dans la vie, et ce fait n'a, ordinairement, aucune signification fâcheuse. De temps à autre, nous voyons des individus, après râge de soixante ans, devenir tout à coup très gras et en même temps lourds et faibles, la matière grasse s'accumulant dans les parois abdominales et autour des jointures. Une pareille augmentation de tissu adipeux est habituellement accompagnée de dégénérescence graisseuse du cœur et des muscles, ainsi que d'une certaine mollesse aqueuse des membres, sur lesquels, cependant, on ne laisse pas de traces par la pression avec les doigts (comme cela aurait lieu dans l'œdème interstitiel).

De même, chez certains individus, l'alcoolisme donne lieu à un vaste développement de tissu adipeux; l'embonpoint malsahi du buveur

de l'Américain est plus élevée (|ue celle de l'Auglais ; le prèmicr toutefois est aussi bien développé, eu proportion à sa hauteur; les recherches de Gould l'ont pleinement démontré. L'enfant des deux sexes, dans la Nouvelle-Angleterre, est plus grand et plus lourd que l'enfant anglais du même âge, pris dans la même classe de la société. Ce dernier point résulte clairement des travaux réceuts du docteur H.-J. Bowditch ; quant aux Anglais appartenant aux classes manufacturière et agricole, ils sont de beaucoup inférieurs aux membres des classes semblables on Amérique.

invétéré est un spectacle suffisamment connu et assez désagréable. L'excès de développement chez les gens inertes, qui ne prennent pas assez d'exercice pour consommer un surplus de tissus trop nourris, est assez commun, en tant que particularité individuelle ; mais il existe encore deux autres états dans lesquels il peut se produire une accumulation gênante de graisse. Ainsi, dans certains cas d'hystérie, quand la malade, se croyant incapable de rester levée, garde le lit, il peut arriver, avec le temps, qu'elle engraisse à un point absolument énorme. Ce fait me semble encore favorisé par l'usage habituel de la morphine, dont ces patientes font ordinairement une consommation relativement forte, de sorte que l'on peut dire que le repos prolongé, la constitution hystérique et le recours ordinaire à la morphine qui accompagne cet état forment un groupe de facteurs extrêmement propres au développement de l'embonpoint exagéré.

Il y a enfin la classe des anémiques gras, que l'on rencontre le plus fréquemment chez les femmes. Ce double état se voit encore assez souvent; mais, comme ordinairement la généra-

lité des personnes dont le sang est appauvri sont maigres ou perdent leur embonpoint, il faut qu'il y ait, attaché à cette anémie, quelque chose qui amène ou justifie ce gain dans la corpulence des anémiques gras.

Bauer * pense que la diminution dans le nombre des globules sanguins, amenant une diminution dans la combustion des tissus, donne lieu aux dépôts de graisse. Quoi qu'il en soit, la quantité d'oxygène absorbée habituellement devient moindre après la saignée, et on avait fort bien remarqué que certaines personnes engraissaient quand la phlébotomie était pratiquée chez elles à intervalles. On raconte aussi que dans certaines localités, certainement pas dans nos contrées, les éleveurs saignent le bétail pour provoquer l'augmentation de la graisse dans les tissus, ou pour obtenir plus de graisse dans le beurre, par l'intermédiaire du lait. Ces explications ne nous aident que peu à comprendre ce qui se passe, somme toute, chez quelques personnes seulement, faits qui doivent alors constituer des facteurs n'appartenant pas à

1. Zeitschrift fur Biol, 1872. Phil. med. Times, vol. III, p. 115.

toute anémique. Cependant le groupe des anémiques gras offre le plus haut intérêt clinique, comme je vais sous peu le démontrer plus distinctement.

Il existe un préjugé populaire, qui a probablement son origine dans les classes agricoles, à l'effet que la graisse humaine varie, qu'il y a de bonne et de mauvaise graisse.

Les faits en faveur de ces croyances sont nombreux ; la place me manquerait pour les énumérer tous ; mais, jusqu'ici, nos connaissances chimiques ne nous permettent pas de reconnaître distinctement si les matières grasses formées à l'aide de l'alcool ou de la morphine, si les graisses accumulées par l'usage des huiles, si les tissus adipeux développés d'une façon pathologique dans les dégénérescences graisseuses ou dans Fanémie, varient dans leurs constitutions. Il est assez probable qu'il en est ainsi, et que, par exemple, la graisse d'un obèse anémique peut différer de celle d'une personne grasse et forte en couleur.

Il est possible que l'état habituel de faiblesse et de lassitude d'un grand nombre de personnes grasses soit dû non seulement au ea-

lîictèrc particulier de leur graisse, mais encore au défaut de ton et de tension dans les tissus aréolaires, lesquels, d'après ce que nous en savons aujourd'hui, peuvent être sujets à des modifications aussi marquées que celles que subissent les muscles.

Le fait que la graisse des animaux peut varier dans ses caractères est bien connu des éleveurs. « Ce que l'on doit rechercher dans l'élevage du bétail, dit le docteur Lctheby \ c'est de prévenir cette tendance à l'accumulation des graisses superficielles et des graisses viscérales, tout en produisant des tissus adipeux qui résistent k la coction, c'est-à-dire qui ne fondent pas pendant l'ébuUition ou le grillage. Les aliments huileux tendent à produire des graisses molles, qui ne supportent pas la cuisson. » De semblables différences se voient aussi entre le lard anglais et le lard américain; le premier est de beaucoup le plus ferme. Nous savons encore que la graisse des différents animaux varie à un point notable, et que certaines de ces graisses, comme celle du cheval nourri

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