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d'efforts de déglutition répétés, cette méthode est insuffisante. Et nous ajouterons que l'exploration manuelle du pharynx n’est pas toujours sans inconvénients pour l'opérateur.
Pour tous ces motifs, le refoulement est la manœuvre que la plupart des praticiens utilisent le plus volontiers. Comme cette intervention entre pour partie dans le traitement mixte qui a nos préférences, nous l’exposerons avec quelques détails.
Dans ce procédé, on essaie de faire descendre le corps étranger à l’intérieur de l’æœsophage et vers le rumen au moyen d’un instrument spécial, sonde ou poussoir. Ces appareils, que l’on peut d’ailleurs improviser en cas de besoin,se composent d’une tige flexible longue de 1 m. 50 à 2 m. terminée par une olive cupulée qui doit embrasser le corps obstruant de façon que l'instrument ne glisse pas par côté.
Avant de pratiquer le cathétérisme de l’œsophage, le malade doit être fixé solidement, soit à un arbre, soit à un fort anneau, le long d’un mur. Si la météorisation est un peu intense, ilya lieu de faire tout d’abord une ponction du rumen, opération qui facilite grandement le refoulement. Enfin un spéculum ou pas-d’âne est mis en place et maintenu soigneusement par un aide. Une autre personne saisit la bête par les naseaux, avec la main, ou mieux avec des pinces-mouchettes.
La tête du sujet est étendue dans la direction de l'encolure. La cupule de ja sonde recouverte d'huile est alors engagée dans la bouche et poussée rapidement, mais sans brutalité, jusqu’au pharynx, pour éviter qu’elle soit déviée vers les molaires. Ensuite, l'extrémité de l'instrument est introduite dans l'œsophage. Ce temps de l'opération est généralement sans difficulté.
Pourtant, aussitôt après, il convient de s’assurer, par l’inspec-
DEUX Nul
tion ét la palpation de la gouttière jugulaire, que l’olive descend bien dans l’œsophage et non pas à l’intérieur de la trachée. Lorsque la sonde entre en contact avec le corps étranger l'opérateur sent une résistance très nette. Progressivement, mais sans brutalité, il augmente la pression de l'instrument. Assez souvent cela suffit à faire circuler le corps obstruant jusqu’au rumen, et l'intervention est terminée. D’autres fois la migration n’a lieu que sur un court trajet, ou même ne se pro-
duit pas. Que faire dans ce cas ?
Il arrive que des ignorants emploient toutes leurs forces dans l'espoir de vaincre la résistance. Le résultat habituel de ces manœuvres intempestives est une déchirure de l’æœsophage, accident fatalement mortel si la bête n’est pas abattue sans tarder.
Aussi, en tenant compte de ce risque, certains praticiens envoient les animaux à la boucherie lorsqu'ils n’ont pu obtenir la propulsion du corps étranger. Cette facon de faire est certainement raisonnable au point de vue économique. Nous estimons pourtant que tel n’est pas le devoir du vétérinaire.
En pareil cas, Radulphe conseille de ponctionner le rumen, de laisser le trocart en place et d'attendre que le corps étranger se ramolisse au point de pouvoir circuler librement dans l'œsophage. Nous pensons qu'avec ce procédé, on peut redouter la péritonite et aussi des lésions de l’œsophage au niveau de l'obstruction. De plus, à différentes reprises, nous avons vu des bêtes que leur propriétaire avaient ponctionnées depuis 24 ou 48 heures, et chez lesquelles cependant le refoulement du corps
étranger fut parfaitement impossible.
Cet Le EE
Ces constatations nous ont amené à compléter notre intervention chirurgicale par une action médicamenteuse appropriée. Après quelques tâtonnements, nous avons porté notre choix sur la pilocarpine. Avant de rapporter les résultats que nous avons obtenus, nous allons rappeler les propriétés de ce
médicament.