‹ Du traitement moral de la folieChapitre 13 sur 80 · CHEZ CERTAINS AMENÉS · texte numérisé non relu

CHEZ CERTAINS AMENÉS

d’une lésion du cerveau, dont les caractères sont accessibles à nos sens. Ceux-là regardent comme achevée une science que M. Ferrus croit encore susceptible de perfectionnement. En 182a, M. Falret promettait de donner prochainement la preuve de son assertion. Depuis lors il a plusieurs fois réitéré cette promesse; nous sommes en 1840, et il ne l’a pas encore tenue. Faut-il désespérer, faut-il attendre? Pour ce qui me regarde, j’ai espéré, j’ai attendu, j’ai même provoqué une réponse, et comme je n’ai rien obtenu , j’ai cessé de compter sur la promesse de M. Falret.

Un peu moins affirmatif que M. Ferrus, mais aussi peu fondé dans son opinion, M. Calmeil(ï) convient « que les lésions du cerveau des fous ne sont pas suffisantes pour rendre un compte satisfaisant de tous les phénomènes de l’aliénation mentale, mais la preuve, suivant lui, qu’elles ont une valeur physiologique et pathologique, c’est qu’elles se reproduisent chez les aliénés dans une proportion, avec un ensemble de caractères, sous une forme de combinaisons que l’on chercherait vainement dans toute autre maladie. « Que l’on ne vienne donc pas conclure, ajoute l’auteur, comme sont tentés de le faire les

(») Archives generales de médecine , mars 1839, p, 397,

gens étrangers à la science , que l'anatomie ne ne nous apprend rien sur la cause matérielle des affections mentales; je défie que l’on nous cite, dans le corps humain , une maladie qui se reproduise sous des formes anatomiques aussi constantes que le fait la folie 'paralytique. »

Je demanderai d’abord à M. Calmeil comment il a pu adopter cette désignation de folie paralytique y pour indiquer la folie qui se complique de paralysie. Un homme peut être paraly tique, c’est-à-dire privé de mouvement; mais une folie !... On ne dit pas une pneumonie pleurétique, pour indiquer la complication de la pneumonie et de la pleurésie. La paralysie n’est pas une qualité de la folie, et l’adjectif paralytique est ici très incorrectement placé. Mais ce n’est là qu’une affaire de mots; arrivons au point essentiel de la question.

N’est-ce pas une chose singulière de voir les partisans de l’opinion émise par M. Calmeil, alléguer sans cesse l’exemple des altérations rencontrées dans les cas de folie compliquée de paralysie, pour établir que la folie dépend d’une lésion cérébrale appréciable à nos sens? Et comment M. Calmeil lui-même vient-il encore choisir ce malencontreux exemple? Faut-il donc répéter sans cesse et à tout le monde que , pour décider si une lésion appartient à la folie, il faut

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