SALPÉTRIÈRE. GEORGET
Parmi les médecins sortis de l’école de la Salpétrière, je citerai Georget, MM. Falret, Voisin et Foville qui, formés aux leçons de M. Esquirol , ont cependant attribué à l’état du cerveau , chez les aliénés, une importance trop grande, et ont entrepris de subordonner la médecine mentale, aux déductions tirées de l’anatomie pathologique.
§ V. Le traitement moral est considéré, par Georget , comme un simple auxiliaire du traitement physique.
Georget (i) ramène à trois types principaux toutes les modifications qu’on doit chercher à faire naître, dans l’exercice de l’intelligence des aliénés ; il recommande :
« i° De ne jamais exciter les idées ou les passions de ces malades, dans le sens de leur délire ;
« 2° De ne point combattre directement leurs idées et leurs opinions déraisonnables, par la discussion, l’opposition, la contradiction, la plaisanterie ou la raillerie;
« 3° De fixer leur attention sur des objets
(i) Georget, art. Folie du Dict. demcd. 1829.
SAXPÉTRTÈRE. GEORGET.
étrangers au délire, de communiquer à leur esprit des idées et des affections nouvelles, par des impressions diverses.
« On ne cherchera point à raisonner avec les aliénés, dit Georget, pour les ramener au bon sens, car leurs erreurs sont aussi nécessaires que les désordres de toute fonction dont V organe est malade. Les preuves les plus évidentes ne peuvent rien sur l’esprit d’un aliéné; la discussion, l’opposition, la contradiction irritent ces malades, fortifient leur délire, en excitant l’organe affecté , leur inspirent de la défiance ou de la haine.
« Les erreurs des aliénés sont aussi nécessaires, sont la conséquence aussi directe de l’altération de leur cerveau, que les désordres d’une fonction quelconque, sont la conséquence du désordre de l’organe qui préside à cette fonction. » Telle est la pensée de Georget: or, de même qu’on ne défendra pas de tousser à un homme atteint de catarrhe bronchique , on ne devra pas défendre de déraisonner à un homme atteint d’aliénation ; on ne combattra pas directement les idées et les opinions déraisonnables de ce dernier, mais on fixera son attention sur des objets étrangers à son délire, on lui communiquera des idées et des affections nouvelles, par des impressions diverses.