SALPÉTRIÈRE. M. FALRET
trer, et il a mis clans une fausse voie la pratique des maladies mentales. En assurant que les lésions visibles du cerveau, sont toujours suffisantes pour expliquer le délire, M. Falret a avancé une proposition démentie par l’expérience de tous les jours, et détruite par ceux-là même qui montrent le plus de confiance dans les résultats de l’anatomie pathologique.
S’il ne s’agissait que d’additionner les altérations décrites par les auteurs, M. Falret n’aurait pas évidemment tort dans tous les cas, mais additionner n’est pas raisonner et, je l’ai dit plus haut, les auteurs sont tombés sur ce point dans les plus grandes contradictions. Par exemple, l’un dit que chez les mélancoliques , il a toujours trouvé le cerveau ramolli; l’autre dit que chez les mêmes malades, il a toujours trouvé le cerveau induré, et vous tirez la conclusion que le cerveau des mélancoliques est toujours malade. La faute de ces auteurs ne vous paraît-elle donc pas claire comme le jour? Pourriez-vous douter qu’ils ont noté ce qu’ils ont cru ou voulu voir, et non pas ce qu’ils ont vu ? Et serez-vous bien fondé à prendre une anatomie pathologique ainsi faite, pour règle du traitement que vous prescrirez à vos malades?
Dans le traitement de la mélancolie suicide, dont il s’est plus particulièrement occupé, M. Fal-