SALPÉTRIÈRE, M. FALRET
ret (i) conseille les vomitifs, les purgatifs, les travaux manuels, la chasse, les voyages, l’isolement; il rapporte quelques exemples d’heureux résultats produits par des émotions vives et inattendues ; mais, comme si ces exemples devaient rester stériles, quoique M. Falret recommande d exciter quelques passions, il ne parle pas d’une seule passion qu’il ait excitée, ou d’une émotion vive et inattendue qu’il ait provoquée. Le hasard peut amener ces passions et ces émotions; quant au médecin, il se garde bien de les produire. Pour le médecin, il y a, chez le mélancolique, un cerveau malade qu’il faut guérir par des purgatifs, des vomitifs, etc., distraire par des travaux et des voyages; mais les dérivations mentales sont abandonnées au hasard, et le médecin est là, uniquement pour les enregistrer.
M. Falret ne paraît pas songer à harceler un malade inoffensif, dans le but de l’arracher à ses préoccupations, et il recommande de réprimer le plus rarement possible celui qui est vio ent, car « après la répression , dit M. Falret (2), l’aliéné se soumet, ou semble se soumettre aux volontés <lu médecin, parce qu’il est trappe de crainte; mais, lorsque cette crainte est
pag.’,«. Vkm<‘CondTi‘ <■> du suicide, Par,, W Ihid. pag. 260.
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11/i M. VOISIN CONSEILLE DAGIR
éloignée de son esprit ou que, se croyant à l’abri de tout regard, il peut se promettre l’impunité, il lâche la bride à ses passions; une novelle répression donne au délire plus d’intensité, plus de violence. »
Gela peut être vrai , surtout si l’on se borne à réprimer les aliénés, mais la répression ne suffit pas; employée seule ,elle serait une peine et rien de plus. Ce qu’il importe de faire, c’est de détromper ceux qui ont failli; c’est de leur rendre douce la pratique des actions raisonnables, et d’attacher une idée pénible, aux actions désordonnées. Pour atteindre ce but, les moyens physiques sont de nul effet ; les moyens moraux seuls sont efficaces ; mais par moyens moraux , je n’entends pas parler seulement de la promenade, des voyages, de la lecture et des jeux, car, en cela, ma pratique diffère complètement de celle de M. Falret.
§ VII. M. Voisin ne pense pas que le médecin doive agir sur l'intelligence des aliénés, mais seulement sur leurs passions.
A l’exemple de M. Falret, son collaborateur, M. Voisin, admet qu’il y a toujours une lésion physique appréciable , dans le cerveau des aliénés ; il conseille pourtant « d’agir sur les pas-