SUR LES PASSIONS DES ALIÉNÉS
sions (le ces malades, et pense qu’en mettant en jeu les qualités affectives, que l’état morbide du cerveau semble avoir fait disparaître , on a la certitude quelles répondront aux excitations du médecin. » Quant à l’intelligence, M. Voisin « ne
pense pas que l’on doive agir sur elle, parce que, dit-ü, ce n’est pas par des raisonnemens que l’on peut frapper l’esprit des aliénés (i). »
Cette dernière proposition est une erreur; les raisonnemens peuvent beaucoup sur l’esprit des aliénés; l’observation que j’ai citée plus haut, c une dame à laquelle M. Esquirol avait fait signer une promesse de renoncer à ses folies prophétiques, si, pour une époque déterminée, rien de ce quelle avait annoncé ne se réalisait, et la guérison de cette dame, qui a été le résultat de sa parole donnée, prouve l’heureux effet des
raisonnemens, employés avec adresse. Quant à la modification à imprimer au cerveau malade par des passions excitées à propos, je les approuve très tort, mais je cherche vainement, dans les ecnts de M. Voisin, des exemples de passions alns, exctées. Une peut-être, l’ennui d’un Ion» isolement; mais à ceux que l’ennui ne »uérit pas, que fait-on? Pour les arracher à leurs préoe
taf, °e'irUS”I P4»"’?"" et morales des maladies nrn quelques autres affections nerveuses, in-g.
lit» >1. FOVILLE. LE TRAITEMENT MORAL CONVIENT
cupations délirantes, on leur donne des bains, des purgatifs; on leur applique des sangsues, des vésicatoires; on met un billard et quelques autres jeux à leur disposition; on leur fait respirer l’air de la campagne. Et quand tout cela n’agit pas sur les idées, ce qui arrive le plus souvent, on attribue la prolongation de la maladie au froid, à la chaleur, à l’état hygrométrique de l’air, au temps orageux, à l’absence de pluie, etc., etc. Au printemps on compte sur l’automne , et en automne sur le printemps; puis, quand au bout de quelques années, les malades sont dans le même état qu’auparavant, on explique comment on ne les a pas guéris, en disant qu’ils sont incurables, attendu qu’ils ont été soumis, sans succès, au traitement le plus méthodique.
§ VIII. Le traitement recommandé par M. Foville n a d'avantages , d} après ce médecin } que pour le 6 seuls convalescens.
Pas plus que les autres médecins sortis de l’école de la Salpétrière, M. Foville ne compte sur l’efficacité du traitement moral. Un médecin anglais, Cox ( i ), conseille d’user de stratagèmes et
(i) Jos. Mason Cox, Practical observations on insanity. Lond. ,1804. L'auteur admet que la folie est toujours dépen-
d’artifice, pour agir sur l’esprit des aliénés et leur occasioner au besoin, de fortes émotions; M. Foville blâme ce conseil en disant ( i ) : « à mesure que l’anatomie pathologique fera plus de progrès, on s’occupera sérieusement de faire résoudre l’affection cérébrale et de prévenir la formation d’adhérences et d’altérations indestructibles, à la surface de l’organe le plus délicat de l’économie, plutôt que de rivaliser de prestiges avec l’opéra, pour faire rentrer dans l’état normal , les dérangemens organiques ».
Je crois avecM. Foville, que, pour prévenir la formation d’adhérences à la surface du cerveau, les agens thérapeutiques sont plus efficaces que l’opéra et ses prestiges; mais la question à examiner n’est pas celle-là. 11 y a des cas où la surface du cerveau a contracté des adhérences indestructibles avec les méninges; les individus atteints de cette altération, sont en même temps aliénés et paralytiques. Il y a d’autres cas, où l’aliénation mentale existe seule et sans aucune altération des mouvemens;] dans ces derniers, on ne trouve, à l’ouverture du corps, ni adhérences
dante d'une altération physique ; il attribue cependant une très grande influence au traitement moral , et cite un cas de guérison obtenue par la musique.
Dict. de mèd. et de chirurgie pratiques , art. aliénation mentale, Paris, 1829, t. 1, p. 585.