SI. FO VILLE. LE TRAITEMENT MORAL CONVIENT
du cerveau, ni aucune autre altération spéciale. Pour les premiers, inutilité de tous prestiges ou de tous stratagèmes, d’accord (les moyens physiques eux-mèmes n’y font guère plus) ; mais pour les autres , tous les prestiges et tous les stratagèmes capables de changer l’ordre vicieux de leurs idées, et d’opérer sur leur esprit, une forte diversion.
Ce n’est pas cependant que M. Foville rejette l’emploi des moyens moraux, mais il les emploie d’une manière si incomplète, que, d’après son aveu , ces moyens n’ont qu’une action extrêmement bornée. Voici quels sont les principaux préceptes du traitement moral, donnés parM. Foville.
«Le médecin (i) devra toujours tâcher d’agir sur le moral de ses malades , pour leur inspirer de la confiance, calmer leurs inquiétudes, réprimer leur violence.
« La conduite du médecin doit toujours être grave : la plus scrupuleuse justice doit caractériser ses ordres. Jamais il ne doit plaisanter les malades sur les idées fausses qui les tourmentent, c’est un moyen sûr de les exaspérer. Jamais non plus il ne caressera leurs chimères; mais écoutant avec patience les plus minutieux détails de leurs peines , il tâchera de convaincre
(i) Oj). cit. pag. 58i.
ces malheureux , qu’ils sont malades et que tous ses efforts ont pour but de les guérir.
a Un principe de traitement moral que l’on doit toujours avoir en vue, c’est de chercher à faire diversion aux idées dominantes des malades, ou à fixer les écarts désordonnés de leur esprit, en arrêtant leur attention sur un objet déterminé. Celse conseille de les forcer à apprendre par cœur : plusieurs se sont bien trouvés de faire des lectures à haute voix, de copier des manuscrits. Rush cite l’exemple d’un aliéné que l’occupation de transcrire les cahiers de leçon d’un élève, rendit à la raison.
« Tous ces moyens ajoute M. Foville (i) n’ont réussi le plus souvent que lorsque les malades déjà moins égarés, sentaient le besoin de s’occuper, pour faire diversion à leur délire ».
Cette dernière phrase est la condamnation des préceptes de traitement moral, donnés par M. Foville. Des moyens qui réussissent seulement quand les malades sentent le besoin de faire diversion à leur délire, c’est-à-dire, pendant leur convalescence, ne sont pas en effet des moyens capables d’inspirer une grande confiance au médecin. Ecouter avec patience les plus minutieux détails des peines ou plutôt des chimères qui trou-
(») Op, oit. pag.|585.