Ï6U BROUSSAIS. LA FOLIE EST UNE IRRITATION
rait avoir été inspirée à Broussais, par les métaphysiciens, en punition de la guerre acharnée qu’il leur a faite, car il est impossible d’en donner une qui soit et plus embrouillée et plus vide de sens. « La cessation du mode d’action du cerveau auquel tient cette faculté que l’on appelle raison! » Quel est donc ce mode d’action? Le mode normal de l’action du cerveau donne la raison; le mode anormal donne la folie. Nous voilà bien avancés avec une pareille découverte. «Le mode anormal t dit encore Broussais, le mode qui produit la folie, ne peut provenir que de la surexcitation ou irritation de l’encéphale (i).» C’est là une assertion et rien de plus. En médecine , cependant, il faut autre chose , surtout quand il s’agit d’éclairer la pratique.
Comment concevoir que les phénomènes du délire, qui sont si variés, dépendent tous et constamment d’une cause unique, la surexcitation du cerveau? On ne le croira pas. Broussais l’assure cependant, et il attribue à cette cause toutes les monomanies. « Comme les monomariies, dit Broussais, dépendent d’un mode d’irritation du cerveau (2), ce mode pouvant changer, les monomanies changent également; le fou loquace devient tout*à-fait taciturne, et
(1) Ibid. t. 11. jiag. 535.
(2) Ibid. t. Il, p. 377.