‹ Du traitement moral de la folieChapitre 32 sur 80 · LE CERVEAU I>E9 ALIÉNÉS · texte numérisé non relu

LE CERVEAU I>E9 ALIÉNÉS

détournée du souvenir de l’ami qu’il a perdu* Soyez donc, s’il le faut, pour votre malade , un procès qui le harcèle, une faim qui le presse ; il vous en voudra, mais vous le guérirez.

Ce conseil que j’ai recommandé de suivre dans certains cas de folie, a soulevé contre moi des nombreuses critiques; on a dit que la sévérité dont j’usais quelquefois, mal interprétée par les gardiens, deviendrait une excuse à leur brutalité. Imagine - 1 - on que, dans un traitement bien dirigé, on laisse, à un gardien, le pouvoir d’être brutal envers son malade? Non certes ; et le gardien guidé , surveillé , comme il doit l’être, restera'dans la ligne de ses devoirs. Les partisans des grands hospices peuvent craindre cette objection, parce que, dans un grand hospice où le médecin lui-même ne connaît pas la moitié de ses malades, ceux-ci sont la plupart du temps abandonnés aux gardiens; mais dans un établissement peu nombreux, où chaque individu est connu, étudié, apprécié, la brutalité des gardiens n’est pas possible, ou si elle avait lieu une fois, elle ne se renouvellerait pas. Le principe que je m’efforce de faire prévaloir conserve donc toute sa force; les objections qui me sont adressées ne le détruisent pas, seulement elles font ressortir le vice des établissemens actuels qui, pour la plupart, ne permettent pas de le mettre en pratique.

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