ÉCOI-E POUR LES ALIÉNÉS
toire, ils font des efforts pour se bien acquitter de leur tâche , et cette tâche ne tarde pas à être pour eux un plaisir. Ceux qui lisent bien entraînent les autres, et bientôt l’amour-propre se mettant de la partie, devient un conseiller plus puissant et mieux écouté , que je ne pourrais l’être moi-inême.
Les lectures dialoguées ont quelque chose de plus piquant que les lectures ordinaires. Je citerai pour exemple, la lecture de ce dialogue si comique de Trissotin et de Yadius, dans les Femmes savantes de Molière. J’ai choisi pour le lire deux jeunes gens, l’un âgé de 20 ans, timide au-delà de toute expression, répondant par une sorte de révérence chaque fois qu’on lui adresse la parole, n’osant jamais lever les yeux sur personne, et quand il parle, parlant si bas qu’on l’entend à peine quoiqu’on l’écoute de très près. L’autre est un halluciné auquel le magnétisme animal a fait tourner la tête, qui se croit possédé par des esprits desquels il a reçu plusieurs fois l’ordre de se mortifier, de s’habiller comme un mendiant et de faire de longs jeûnes. Le premier avait parlé haut et même fait quelques lectures à l’école, avant d’avoir à s’occuper du dialogue en question. L’autre n’avait encore rien voulu faire en public; seulement, comme il est presque jllétré, il avait con-