TRAITEMENT PHYSIQUE
gence ordinaire, exerçant le métier de cordonnier. Il a été admis dans la division des aliénés de Bicêtre, le 12 mai 1828.
« Il a eu la petite-vérole à l’âge de onze ans; il en a été aveugle, dit-il, pendant quatre mois et en a conservé une ophthalmie chronique, caractérisée encore par de la rougeur au bord libre des paupières. Il s’est marié à vingt-et-un ans, et à trente-deux, il a servi, comme volontaire, de 1793 à 1794- H a rapporté du service militaire, des rhumatismes qui l’ont rendu très malade et dont il lui reste un lumbago , qui l’a fait marcher courbé et comme ployé en deux.
« En 1820, G... revenant de Montsouris, bien portant et n’ayant pas bu, voit huit ou dix hommes qui le suivent, il les entend chanter et se range pour les laisser passer. Il tombe et se retrouve dans un corps-de-garde, avec une plaie profonde au-dessus du sourcil gauche et dont on voit encore la cicatrice. On le transporte chez lui. Quelques jours après, on lui dit qu’il a été frappé par ces hommes qu’il a vus le suivre dans la plaine de Montsouris. 11 le croit d’autant mieux qu’un de ses amis et sa femme, ont été attaqués et blessés, mais dans un autre lieu. Actuellement encore, G... est persuadé qu’il a été suivi et frappé par des individus faisant partie d’une bande de voleurs, dont un grand nombre
d’actions semblables sont restées impunies. A la suite de sa chute et de sa blessure, il a conservé long-temps une douleur dans le côté droit de la tète; il ajoute que, depuis deux ou trois ans, il lui arrivait souvent de voir les bords des ruisseaux près desquels il passait, verts ou rouges, et que cela coïncidait avec de violens étourdis-
semens.
« Au mois d’août 1827, en rentrant chez lui, il commence brusquement, et pour la première fois, cà entendre du bruit, des voix qui le menacent de malheur et l’effraient au point qu’il appelle un voisin, l’engage à faire, avec lui, une perquisition dans les greniers, pour y chercher des individus qu’il croit avoir entendus. La perquisition est infructueuse. Les jours et les nuits suivans, G... fut en proie aux mêmes perceptions et cela dura ainsi quatre mois, au bout desquels non-seulement il entendit des voix mais il vit, soit en tout, soit en partie, les individus qui lui parlaient.
« Depuis qu’il est àBicétre, les perceptions son de plus en pins fortes; elles sont continuelles elles ont lieu la nuit comme le jour La ■assjtude seule procure du sommeil à G.., mais
■abm.de a presque fait cesser la crainte que ces perceptions lui inspiraient...
« !' y a onze mois que G... n’a pas cessé un