‹ Du traitement moral de la folieChapitre 53 sur 80 · VOULAKT ÉPOUSER DES PRINCESSES · texte numérisé non relu

VOULAKT ÉPOUSER DES PRINCESSES

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baiser la terre; quelquefois il se mettait à la croisée et envoyait, en l’air, des baisers qu’il voulait conduire tellement loin que l’on craignait qu’il ne tombât, dans la rue. Ses voisins alarmés, prévinrent le commissaire de police qui le fit conduire à l’Hôtel-Dieu , d’où on l’envoya à Bicètre.

A la visite du matin, je le trouve assez calme et se prétendant victime d’un erreur de l’autorité. Il n’a, dit-il, offensé personne, et si on l’a vu souvent chercher à s’approcher de la famille royale , c’est qu’il avait le désir et i’espéranc ' d’obtenir d’elle un emploi qui eut été la récompense des services rendus à l’état, par son père. Il ne parle pas de son amour, et comme on lui fait observer qu’il s’était mis souvent à genoux et avait baisé la terre, il nie qu’il l’ait fait souvent; il convient cependant qu’il s’est agenouillé, mais il soutient que c’est uniquement dans l’intention de prier Dieu. Du reste sa conversation est suivie; il s’exprime facilement et ne dit rien de précisément déplacé : cependant nous observons que s’il parle du t-oi, de la famille royale et de quelques personnes habitant les Tuileries, il emploie des périphrases tellement obséquieuses, qu’elles devraient être de nature à déplaire, même aux personnes les plus habituées à entendre les formules des courtisans. 11 nous cache tout ce qui pou-

rait nous porter à le regarder comme aliéné et ne dit rien non plus de son amour.

Je lui témoigne de la bienveillance, je cherche à lui faire comprendre combien il a eu tort de quitter le commerce, et de se priver ainsi d’une ressource aussi honorable que lucrative , pour se faire solliciteur ; mais il ne fait aucun cas de mes objections, et le métier de solliciteur, quand il procure l’occasion d’approcher des personnes royales, lui paraît infiniment préférable à ce qu’il faisait précédemment.

Quelque temps se passe sans que je me montre exigeant envers lui ; je laisse au temps et à l’isolement, le soin de calmer son imagination; mais voyant qu’après environ un mois de séjour à Bicêtre, il ne s’est opéré aucun changement bien notable dans son état, j’entreprends de lui faire entendre raison, au sujet de ses prétentions à la main d’une princesse. D’abord ce n’est qu’avec une réserve extrême qu’il consent à me répondre sur ce point; ensuite il s’ouvre à moi assez librement pour que je puisse juger qu’il n’y a rien de changé en lui, quant à ses projets de mariage. Je veux qu’il travaille, pour se distraire de semblables idées, il s’y refuse; je cherche à lui faire comprendre l’absurdité de ses projets, il comprend que l’exécution pourra en être difficile, mais il n’v voit rien d’impossible ,

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