‹ Du traitement moral de la folieChapitre 55 sur 80 · VOULANT ÉPOUSER 1)ES PRINCESSES · texte numérisé non relu

VOULANT ÉPOUSER 1)ES PRINCESSES

sentir les suites de l’indisposition éprouvée sur le bateau à vapeur; dans cet état d’agitation , je passai un jour chez moi , éprouvant une pesanteur dans la tète, et la crainte d’avoir fait une démarche imprudente. Le jour suivant, le maître de mon hôtel m’envoya un médecin dont je refusai les soins , et, dans l’après-midi , le chef de la maison, accompagné de M. le commissaire de police, m’arrachèrent de chez moi, pour me conduire à la préfecture de police. On me laissa, une partie de la nuit, dans un cachot où je tombai sans connaissance ; dans cet état, je fus transporté à l’Hôtel-Dieu.

« Dans cet hospice je restai 8 à 10 jours. On me posa des ventouses, on me fit prendre des bains, j’y éprouvai de la fièvre, de la faiblesse ; je reçus deux visites, l’une de M. D..., l’autre de M. M...; aucun des deux ne put obtenir ma rentrée chez moi.

« Transporté de cet hôpital , à Bicêtre, ma santé dans les deux premiers jours fut très faible, mon moral abattu par la secousse que j’ai reçue ; depuis je me sens la tète libre, la santé meilleure, ayant l’esprit en partie remis des fatigues et du désordre inaccoutumé que j’éprouvais auparavant. Ma conduite dans cette maison fut toujours paisible; soumis aux prescriptions imposées, employant partie de mon temps à écrire, et

ne désirant plus qu’obtenir des bienveillantes bontés de M. le docteur, l’approbation pour retourner dans mon domicile, avec l’intention expresse de reprendre des occupations commerciales que j’ai quittées momentanément.

« Je me recommande à l’intérêt de M. le docteur; etc. , etc.

« Signé Félix C. »

Cette lettre indiquait une grande amélioration opérée dans l’état du malade; elle était presque l’indice d’une convalescence commençante. J’ai soin d’entretenir Félix C... dans les dispositions qu’il témoigne de reprendre des occupations dans le commerce; je le mets en rapport avec les personnes qui l’ont autrefois occupé, et bientôt je puis juger, par ses paroles et par sa conduite, qu’il a, en effet, le désir de reprendre ses occupations habituelles. Je le fais travailler comme les autres; je le donne comme adjoint au maître d’école, pour que son esprit soit occupé aussi bien que ses bras ; je l’habitue à parler de la famille royale et des personnes du château, sans employer d’expressions adulatrices, et, afin de savoir si le changement que j’aperçois en lui, est aussi réel qu’apparent, je le fais examiner et interroger par des personnes qui, plus que moi, ont sa confiance, et il est

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