‹ Du Traitement Opératoire de l'HydarthroseChapitre 12 sur 23 · VI. — PONCTION SIMPLE · texte numérisé non relu

VI. — PONCTION SIMPLE

L'emploi de la ponction pour le traitement de l’hydarthrose était un progrès réel. On évacuait facilement le liquide sans produire d'accidents inflammatoires intenses. La petite plaie se réunissait rapidement, mais la collection séreuse se reproduisait souvent, ce moyen n'était que palliatif et il restait soumis aux mêmes objections que l’incision sous-cutanée de Goyrand d’Aix. Cependant elle est loin d'exposer aux mêmes dangers que la plupart des procédés que nous avons mentionnés ; et. il est très rare qu’elle détermine la suppuration et les accidents qui en sont les conséquences. La reproduction du liquide est très fréquente ; et souvent, plus le nombre des ponctions a été répété, plus la récidive est rapide. Néanmoins combiné avec la compression, ce moyen peut donner d’excellents résultats, car la compression s'oppose mécaniquement à la reproduction de l’épanchement.

D’autres moyens locaux et généraux peuvent être employés concuremment avec la ponction et faire d’un traitement palliatif un traitement curatif : les révulsifs surtout ont été utilisés comme moyens adjuvants. Larrey a traité une hydarthrose par la ponction suivie de l’application de moxas : il a obtenu une ankylose. Barrier de Lyon a dû quelques succès à la ponction suivie d’une compression méthodique et longtemps soutenue.

Quoiqu'il en soit, les cas sont rares dans les quels la ponction seule ou même combinée à d’autres moyens a réussi. Elle a, du

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reste été sujette à des fortunes bien diverses. Boyer qui l’a employée sans obtenir de résultats bien favorables a jeté un anathème sur elle et dans la suite, elle ne fut plus employée qu'avec la plus grande réserve. Cloquet dans son article en trois volumes écrit ce qui suit. « Quant l’hydarthrose résiste à tous les moyens thérapeutiques ordinaires, la ponction de la tumeur reste comme dernière ressource. Cette opération est loin d’être sans dangers. Quelquefois elle est suivie d'une inflammation très intense de la synoviale, d’une suppuration abondante, des symptômes les plus faächeux, de la mort du malade. » Richet s'exprime en des termes à peu près analogues dans sa thèse inaugurale. Par contre, Bonnet et Malgaigne l'ont pratiquée sans le moindre péril pour le malade, pourvu toutefois qu’on prenne les précautions pour empêcher l’entrée de l’air dans les articulations. Panas conteste fortement son efficacité. Il dit. que ce n’est guère que dans les hydarthroses aiguës simples et récentes que cette méthode peut donner un résultat complet ; dans les cas contraires, il faut pour réussir, dit-il, joindre à la ponction l'emploi des révulsifs énergiques et la compression.

La ponction a été faite au bistouri et au trocart. Boyer employait le trocart; Malgaine préférait un bistouri porté à plat dans la synoviale et retiré, la lame relevée de champ, pour favoriser l'issue du liquide. Jarjavay se servait de la lancette à la place du bistouri. M. Jules Guérin eut recours à la ponction sous-cutanée. Il enfonçait le trocart à la base d’un pli fait à la peau pour détruire le parallèlisme de la place cutanée et de l'ouverture de la synoviale. La ponction sous-cutanée exposait moins aux accidents consécutifs que la ponction directe.

Au reste, les chirurgiens se conformaient déjà depuis longtemps au précepte de Desault, de déplacer la peau avant d’enfoncer l'instrument. Jarjavay employait surtout son procédé opératoire dans le traitement des hémo-hydarthroses. Ce chirurgien le regarde comme absolument inoffensif et très efficace pour faire disparaître en peu de jours les épanchements serosanguinolents. Sur dix cas de ponction, il n’a jamais eu n

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mort, ni inflammation un peu vive et la guérison ne se fit jamais attendre plus de quinze jours. On comprend facilement le peu de succès obtenu par la ponction, car si on arrivait à soustraire le liquide, on n’arrivait pas à modifier l’état de la synoviale.

Aussi Jules Guérin comprenant l’objection proposa la ponction suivie de l'aspiration du liquide, comme devant mettre à l'abri d’une récidive, gràce à l'excitation que l'aspiration détermine sur la synoviale. Mais l’expérience a démontré que si ce manuel opératoire était sans danger, il ne prévenait pas toujours le retour de l’épanchement.

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