CHAPITRE IV
Indication de l’intervention opératoire
La lecture de nos observations semble être un argument en faveur de l'intervention opératoire dans tous les cas d'hydarthroses, car nous trouvons ce traitement indifféremment employé dans les cas d’hydarthroses aiguës et dans les hydarthroses chroniques. C’est la seule classification admise par les auteurs et elle a sa raison d’être parce qu’elle est éminemment utile au praticien. Mais il nous semble qu’il y à lieu d'être ecclectique et de discuter la mesure dans laquelle il faut employer le traitement opératoire.
Pour les hydarthroses aiguës nous croyons que le traitement habituel de l’hydarthrose suffit généralement : nous ne dirons pas qu’il réussit toujours puisque nous voyons des hydarthroses devenir chroniques même après avoir été soumises à ce traitement bien appliqué. Dans ce cas l'affection articulaire est greffée sur un tempérament lymphatique ou scrofuleux, ou encore sur une constitution débilitée ou diathésique : le vice constitutionnel entretient l'affection locale. Cette tendance à la chronicité se manifeste également chez certains sujets bien constitués, mais chez lesquels le traitement contre l’état aigu a été mal dirigé. PR
Nous réserverons donc le traitement opératoire aux hydarthroses chroniques et chacun de ces traitements a ses indications particulières. Et en effet, les hydarthroses peuvent être chroniques à des degrés différents et suivant le point où en est arrivée l'affection et les complications qui l’accompagnent, l'articulation présente des lésions anatomiques très variables.
D’après Abeille, quand l’hydarthrose est chronique, la synoviale se montre épaissie, fongueuse, violacée, offrant un aspect
ue velouté sur sa face interne. Dans de nombreuses autopsies, Bonnet a toujours trouvé la surface interne de la membrane synoviale recouverte d’un grand nombre de petites saillies du volume de deux ou trois têtes d’épingle qui sont très rouges et pénétrées de beaucoup de vaisseaux capillaires injectés de sang. Ces houppes vasculaires sont très résistantes et font partie de la synoviale devenue moins transparente, plus épaisse et plus adhérente aux tissus fibreux qui l’entourent. Richet a eu l’occasion d’examiner plusieurs hydarthroses sur le cadavre et a trouvé la synoviale aussi blanche et plus blanche qu’à l’état normal. |
Le liquide synovial n’est généralement pas filant et visqueux comme la synovie, mais il ressemble au liquide des hydrocèles, des ascites et des collections séreuses en général.
Mais outre ces lésions il y en a qui sont pour ainsi dire spéciales à l'hydarthrose chronique : ce sont les lésions des parties molles.
Le tissu cellulaire ambiant a souvent un aspect lardacé, un épaississement analogue à celui de la synoviale qui contracte souvent des adhérences avec lui. Très souvent les ligaments distendus par l'abondance du liquide épanché sont allongés et relàchés.
Cette complication influence d’une façon très fâächeuse le pronostic, car souvent après avoir obtenu la résorption de l’épanchement, il subsiste une mobilité anormale qui amène une impotence fonctionnelle du membre.
Certains auteurs comme Bonnet, Abeille décrivent comme appartenant à l’hydarthrose des lésions plus ou moins profondes des cartilages et des os. » Nous ne pouvons admettre en aucune manière, dit Panas, les lésions des os et des cartilages décrits par certains auteurs comme pouvant appartenir à l’hydarthrose. » Il est certain, en effet, que si les auteurs qui signalent ces lésions les ont trouvées dans des cas d’hydarthroses, celles-ci compliquaient des lésions articulaires, telles qu’arthrites fongueuses, arthrites sèches, etc. et dans ce cas ces lésions appartenaient à l’affection articulaire concommitante et et non à l’hydarthrose. 10