IT. — SÉTON
Bien que la Gazelte des hôpitaux du 4 juin 1842 rapporte une observation dûe à Muller de guérison d’une hydarthrose considérable du genou par le séton et que ce chirurgien assure en outre avoir obtenu le même résultat chez neuf autres malades en opérant de la même manière, ce mode de traitement n’a Jamais eu une vogue considérable. Les raisons qui l'ont fait
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rejeter malgré les succès obtenus par Muller sont les mêmes que celles qui ont fait rejeter l’incision, car on produit de la sorte une arthrite suppurée souvent plus difficile à guérir que la maladie primitive et dont les conséquences peuvent être désastreuses pour les malades. Il est probable que loin de n’avoir qu'à enregistrer ?que des succès, nous pourrions citer bien des accidents produits par le séton si les praticiens avaient publié toutes leurs observations. Nous devons à l’obligeance de M. le professeur agrégé Rohmer deux observations recueillies dans le service de M. le professeur Rigaud qui sont loin d’être en faveur de l'emploi du séton.
La première observation se rapporte à une femme de 28 ans, ayant eu plusieurs enfants, et qui entrait à l’hôpital pour une hydarthrose du genou gauche. Une première fois, elle avait été guérie par l’immobilisation et la révulsion. On fit une ponction de l'articulation au dessus de la rotule avec un trocart ordinaire. On passa un drain de part en part et on recouvrit l’articulation de cataplasmes. Au bout de quelques jours la malade fut prise de frissons, de point de côté. La fièvre devint intense. La peau avait une teinte subictérique. L’articulation suppurait,
Elle meurt avec tous les phénomènes de l’infection purulente qui furent vérifiés à l’autopsie.
Le second malade est un jeune homme de 24 ans, commissionnaire public, qui avait une hydarthrose du genou droit. Il toussait au moment de son entrée et présentait à l'examen de la poitrine des symptômes de tuberculose. On le trouve cependant en état d’être opéré et comme dans le cas précédent on fit la ponction de l'articulation avec un trocart ordinaire. Écoulement d’une grande quantité de liquide séreux. Drain de part en part. Cataplasmes. Après quoi on met le membre dans une gouttière en fil de fer. Au bout de quelques jours, fièvre, frissons, vomissements avec céphalalgie. Phénomènes comateux. Suppuration de l’articulation. Il meurt huit jours après l’opération. A l’autopsie, on trouve les lésions d’une méningite tuberculeuse et de la tuberculose pulmonaire.
Il est évident que dans ce cas, bien que la mort ne puisse être
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attribuée à la suppuration de l'articulation, elle est due cependant aux suites de l’opération qui a été un coup de fouet pour la diathèse tuberculeuse dont le malade était en puissance.
Ces observations sont loin de s’accorder avec celles de Muller ; et, en présence de tels résultats, on comprend le jugement peu favorable que Roux a porté sur ce mode de traitement dans la Gazette médicale en 1847.