‹ Du Traitement Thyroïdien et de la Sclérodermie en PlaquesChapitre 17 sur 33 · MATE · texte numérisé non relu

MATE

Grasset dit justement qu'il faut « diviser le corps humain, non plus en organes à définition et à caractéristiques anatomiques, comme le foie, le pancréas, mais en appareils à définition et à caractéristiques physiologiques, comme l'appareil digestif, l'appareil glycogénique, l’appareil antitoxique. » Nous étudierons donc, non la théorie thyroïdienne ou pituitaire, mais la théorie endocrinique, sans méconnaître pour cela la prédominance de tel syndrome thyroïdien ou pituitaire, particulier à telle glande.

Cette pathogénie endocrinique repose sur des arguments d'ordre thérapeutique, clinique, anatomique.

Arguments thérapeutiques

L'opothérapie donne d’excellents résultats dans la sclérodermie ; il y a donc insuffisance dans la sécrétion des glandes vasculaires sanguines, disent les partisans de la théorie endocrinique.

Une première question se pose : les bons résultats sont-ils dus au traitement ?

Il ne semble pas que la pituitaireait jamais amélioré la sclérodermie. Quatre fois à notre connaissance, on administra cette préparation, et l’on compta quatre insuccès (Roub, Dupré et Kahn, Wernie, Bunair et Salie). |

L'opothérapie ovarienne, pas plus que l’opothérapie surrénale (Alquier et Touchard) n'ont jamais donné d’amélioration bien nette, sauf quand on les associait au corps thyroïde.

Cette dernière médication, ainsi que le ganglion mésentérique, compte des succès thérapeutiques fort

nets.

Théorie de Schwert. — C’est Schwert qui a sur-

tout étudié le traitement par le ganglion mésentérique, et il rapporte 5» observations concluantes à son

avis.

I. — Il s’agit d’une jeune fille qui présente une plaque sclérodermique, de 9 cm. de longueur sur 5 em. de largeur, au stade atrophique. Traitée d’abord pendant 8 mois, on note une guérison presque complète : entre la peau saine et la peau malade, il n’y a plus aucune différence de niveau, d’élasticité, de mobilité. Il reste une légère pigmentation malgré une reprise de traitement de 11 mois. Soit en tout 19 mois de traitement.

IT. — Jeune fille de 11 ans présentant une plaque sclérodermique du genou droit austadeatrophique.L’opothérapie entraînant une diminution de l’appétit est suspendue; malgré la brièveté de la cure, on note une amélioration.

III. — Homme de 37 ans, porteur de trois plaques (clavicule gauche, téguments inguinaux), au stade hypertrophique. Sous l'influence de l’opothérapie on observe la disparition de l’épaississement cutané, et une amélioration de l’état général.

IV.— Malade de 63 ans, atteint de sclérodermie diffuse. Amélioration par un traitement de deux ans.

V. — Femme de 32 ans, chez laquelle on observe trois plaques siégeant à la jambe. Ces plaques sont à trois stades différents : œdème, induration, atrophie. Cinq mois plus tard, sous l'influence du traitement, l’œdème a disparu, l’induration a diminué, là mobilité est revenue.

Schwert émet l'hypothèse suivante : la sclérodermie serait due aux toxines intestinales, qui normalement sont neutralisées par le ganglion mésentérique. Il s'appuie pour

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