‹ Du Traitement Thyroïdien et de la Sclérodermie en PlaquesChapitre 18 sur 33 · ENG TE · texte numérisé non relu

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défendre cette opinion sur les quelques cas où, à l’autopsie on a trouvé le canal thoracique obstrué; les toxines dérivées de leur cours normal et ne trouvant plus sur leur passage le ganglion, détermineraient la selérodermie. Ce n’est là qu’une hypothèse.

Opothérapie thyroïdienne. — Nous possédons des documents beaucoup plus nombreux et plus probants sur l’opothérapie thyroïdienne. 1! est des observations (Sachs, Quinfeld) où l’on peut suivre pendant longtemps les variations parallèles entre l’état de la peau et l’administration du médicament. Dans l’observation de MM. Nicolas et Moutot l’heureuse influence du traitement ne fait aucun doute, et à ce sujet nous laissons la parole à nos maîtres.

« L'on est en droit, semble-t-il, de rapporter la guérison au traitement thyroïdien. L’affection, évoluant déjà depuis plus de trois mois, sans aucune tendance à la régression spontanée, s'améliore très rapidement, puis guérit rapidement, après l’administration de la thyroïdine.

Tout d’abord, on peut éliminer l’action du traitement local (application d'huile de foie de morue). Les badigeonnages n’ont été faits que les quinze premiers Jours, et irrégulièrement, jamais les auteurs qui les ont préconisés n’ont publié d'amélioration vraie aussi marquée et aussi rapide.

La guérison n’a pas été non plus le fait de l'évolution spontanée de l'affection. En effet, les plaques de sclérodermie, même avec les divers traitements lo-

caux et généraux jusqu'ici conseillés, demandent SALE

ns (D

toujours des mois, et souvent des années pour disparaître complètement. D'autre part, dans notre observation, l'amélioration s’est manifestée d’une façon nette, immédiatement après le début du traitement thyroïdien. Il n'y a pas là une simple coïncidence ».

Roques, dans une étude très documentée sur le traitement thyroïdien dans la sclérodermie, note des résultats satisfaisants dans 54 °/, des cas.

Il est donc démontré que le traitement thyroïdien améliore certaines formes de sclérod£rmie. Peut-on en déduire une pathogénie thyroïdienne.

Le traitement thyroïdien ne semble pas spécifique ; telle est la conclusion à laquelle est amené Roques par son étude sur l’opothérapie dans la sclérodermie : tous les malades en effet ne sont pas améliorés par la médication. Celle-ci ne semble pas avoir l’action spécifique qu'elle possède dans le myxædème : la pathogénie thyroïdienne paraîtrait en défaut dans 46 °/, des cas.

A cela, les partisans de la théorie thyroïdienne répondent :

1°) Les cas négatifs sont le plus souvent des sclérodermies au stade atrophique : il s’agit de lésions cicatricielles, définitives, quine sont plus sous la dépendance du fonctionnement thyroïdien.Pedrazzini fait remarquer très justement : (on ne prétend pas que le calomel fasse disparaître la cicatrice organisée d'une gomme syphilitique ». Le stade atrophique représente une terminaison de la maladie, et non une altération en voie de développement susceptible de régresser..… Et cependant l’on a vu dans certains

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cas (Sachs) du tissu fibreux très dense, figeant dans l’immobilité les articulations, disparaître sous l’influence de la médication, à tel point qu'une malade recouvre ses mouvements et peut, après quelques semaines, se servir de ses doigts et coudre, ce qu’elle n'avait pu faire depuis sept ans.

2°) Le traitement thyroïdien n’améliore pas tous les cas, dit-on ? Mais c’est la chose très naturelle si l’on admet une pathogénie non univoque de la maladie, si l’on conçoit non pas une mais des sclérodermies, avec Brocq, Thibierge, Gaucher, etc.

Valeur de l'argument thérapeutique. — Il est démontré que l’opothérapie améliore et peut guérir la sclérodermie ; mais même fut-il prouvé que cette action est spécifique, pouvons-nous conclure à la pathogénie thyroïdienne ?

Ilne suffit pas qu'une médication soit efficace, pour justifier pareille opinion : le mercure améliore la syphilis, la quinine jugule l'accès de paludisme, le salycilate de soude guéritle rhumatisme articulaire aigu : toutes ces maladies n'ont aucun rapport de causalité avec les médicaments employés. Lévi répond que ces médicaments n'existent pas à l’état normal dans l'organisme ; cela ne prouve point que le mode d’action des préparations thyroïdiennes soit différent. Marc Auliffe croit à un stimulus général de l’organisme sous l'influence opothérapique. On pourrait ajouter que les -propriétés thérapeutiques de la glande sont très complexes ; elle peut agir par suppléance : le fait a été démontré chez les animaux châtrés (Almaglia), les observations de Claude sur

les acromégaliques semblent également en faveur de cette opinion. Le suc glandulaire peut agir par ces propriétés fibrolytiques certaines : on connaît maintes observations de sclérodermie améliorées par les substances fibrolytiques, telles que l'iodure de potassium et surtout la thiosinamine.

Pourquoi chercher dans l’opothérapie thyroidienne un mode d’action différent ?

Parce que l'opothérapie thyroïdienne agit également sur les symptômes associés, et ces symptômes associés, traduisent cliniquement l'insuffisance de la glande ainsi que nous l’allons montrer.

Retenons seulement de ce qui précède que l’argument thérapeutique est confirmatif, non démonstratif.

Arguments eliniques., — Ils sont fondés sur l'association fréquente de la sclérodermie et des grands syndromes endocriniques.

Association aux syndromes thyroïdiens et para-

thyroïdiens. — Cette association est, de beaucoup, la plus fréquente.

a) Myxædème. — Lussano, dès 1886, observe un

cas où la maladie débute comme un myxæœdème et finit par la sclérodermie. Il remarque les antécédents communs aux deux affections : neuro-arthritisme, fréquence chez la femine. — Déhu rapporte une obsérvation où le diagnostic hésita entre le myxœdème et la sclérodermie. — Ménetrier est également frappé des analogies entre la sclérodermie au stade d'infiltration cutanée, et le myxœdème circonscrit.— Pour Grasset, la sclérodermie œdémateuse serait

comme Île trait d'union entre la sclérodermie ordinaire et là cachexie pachydermique. — Besnier (1886) observe la coexistence, chez le même sujet, des lésions rappelant les caractères du myxœdème, des plaques sclérodermiques au thorax et des crises d’acroasphyxie. — Pour Janselme, sclérodermie et myxædème seraient très voisins, au point de vue nosologique ; il n'y aurait pas de différence entre les deux affections ; on rencontre dans l’une et dans l’autre les mêmes crises douloureuses d’asphyxie locale, les mêmes troubles de la sécrétion cutanée, la chute des poils, des modifications des fonctions intellectuelles et génitales. Les lésions anatomiques de la peau sont identiques : prolifération interstitielle du tissu conjonctif et sclérose des gaînes vasculaires. b) Maladie de Basedow : Tétanie, Maladie de Dercum, Maladie de Parkinson. — La maladie de Basedow a été observée avec une fréquence insolite dans la sclérodermie. Tantôt les deux maladies évoluent parallèlement (Grunfeld), tantôt le goitre exophtalmique précède de quelques mois ou de plusieurs années la dermo-sclérose (Leube, Booth et Sachs,Grunfeld, Raymond, Krieger,Janselme, Kabbr, Morselli et Panegrossi. Berr aurait trouvé sur les cinq cas de sclérodermie observés par lui, quatre fois des signes plus ou moins nets du syndrome de Basedow (tachycardie, — poussées congestives, — hypertrophie thyroïdienne). On a noté également la coexistence de la sclérodermie avec le tétanie et le goître exophtalmique (Dupré et Guillair, Follet, Sacque-

pée).

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Enfin, l’on a observé l'association de la sclérodermie avec des syndromes beaucoup plus rares que les précédents, et que l'on tend aujourd’hui à placer sous la dépendance des troubles thyroïdiens. Nous voulons parler de la maladie de Dercum (Oddo) et de la maladie de Parkinson (Palmieri, Panegrossi, Frankel et Lundborg); dans tous ces cas l’opothérapie donna une amélioration.

c) Rhumatisme chronique. — Des observations très nombreuses rapportent la coexistence de la sclérodermie avec les douleurs rhumatoïdes ou le rhumatisme chronique déformant, qui semble bien relever, dans nombre de cas, d’une pathogénie thyroïdienne. Là encore, l’opothérapie améliore le sujet. Nous citerons les observations de Apert, Bac et Rousseau, de Dercum, de Meyer. Fox observe à la fois chorée, rhumatisme et sclérodermie.

d) Atrophies musculaires. — L'association fréquente de la sclérodermie aux atrophies musculaires est bien connue (thèse de Robert. — Observations de Thibierge, Gibney, Grasset, Hirtz, etc.) et la pathogénie thyroïdienne de la sclérodermie semble éclairer un point jusque-là obscur de pathologie générale. Il s’agit de l’action parfois très efficace, mais très rare du traitement thyroïdien sur les myopathies primitives (Lépine-Lévi). La fréquence de l’atrophie musculaire dans la sclérodermie montre que l’on pourrait soutenir par ce terme de passage, une pathogénie thyroïdienne de l'affection.

d) Petits signes. — Ils ont été notés très souvent : frilosité, calvitie prématurée, canitie précoce, signe

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