ET GARE
le lobe gauche volumineux, donnant une ombre à la radiographie,
Janselme observe l’augmentation du tissu conjonctif dans les deux lobes et la dégénérescence cal. caire du lobe droit.
Plus démonstrative encore l’observation de Pauchet d’une sclérodermie conséeutive à la thyroïdectomie.
Sur 31 sclérodermiques examinés cliniquement à ce point de vue, on a noté dans 46,6 °/, des cas l’atrophie du corps thyroïde, et dans 25,80 °/, des cas son hypertrophie (Roques).
Ektohen trouve la proportion d’iode diminuée Het?
Parfois on ne trouve aucune lésion de la thyroïde — ce qui ne prouve rien au sujet de son fonctionnement — mais on peut rencontrer des modifications des autres glandes endocrines. Charvet et Carle ont . constaté de grosses lésions des surrénales, Roux des lésions de la pituitaire, Terrie l’atrophie des organes génitaux.
En résumé, la théorie endocrinique s’appuie sur un faisceau de preuves solides, d'ordre thérapeutique, clinique, anatomique. Tout concorde pour montrer l'influence prédominante des glandes vasculaires sanguines, et en particulier de la thyroïde dans l’évolution du processus morbide.
De quelle nature est cette influence. S'agit-il d’un trouble hypo ou hyper ? N’est-il pas paradoxal de trouver la sclérodermie associée à la maladie de Basedow (trouble hyper-) aussi fréquemment qu'au myxoedème (trouble hypo-)?
Une théorie nerveuse, celle de Brissaud, explique facilement ces faits : la sclérodermie serait due à une lésion du ganglion sympathique supérieur qui tient également sous sa dépendance le trophisme de la thyroïde. D'où évolution parallèle des lésions de la peau d’une part et des troubles glandulaires d'autre part.
Mais cette lésion, malgré les examens les plus minutieux, n'a jamais été constatée : de plus, cette théorie ne peut expliquer les bons effets du traitement thyroïdien sur l'évolution du processus cutané.
Nous sommes donc ramené à la question déjà posée, et à expliquer la coexistence de ces troubles hypo ou hyper avec la sclérodermie.
On ne comprend guère l’action du traitement thyroïdien sur les troubles hyper ; ou, tout au moins, pour expliquer cette action, il nous faudrait invoquer des modes réactionnels et des substances hypothétiques : nous irions dans l'inconnu, alors que le connu peut nous donrter les raisons des phénomènes observés.
L'on peut très bien invoquer en effet, un hypofonetionnement de la glande. Des expériences récentes (Almaglia) et les observations de Lévi et Rotschild tendent à prouver que la maladie de Basedow est, dans certains cas un mode réactionnel hyper-, conséeutif à l'hypo-fonctionnement de la glande. Ajoutons que l’on a noté également la coexistence du myxœdème et du goître exophtalmique. Ce dernier syndrome serait donc l’expression de l'instabilité et non de l’hyperfonction thyroïdienne.
D'autre part, les fonctions thyroïdiennes étant complexes, l’on peut très bien comprendreun trouble hypo-partiel (parathyroïde), ou un trouble para-, dans le goître exophtalmique (dys-thyroïdie). Ce sont lesseules hypothèses qui permettent d'expliquer les bons effets du traitement.
Enfin, le myxœdème a des caractères anatomiques qui le rapprochent de la sclérodermie. Nous admettrons donc, que les troubles endocriniques ont une influence prédominante sur certains cas de sclérodermie (arguments thérapeutiques, cliniques, anatomiques). Nous ajouterons que cette influence est surtout dévolue à l'insuffisance thyroïdienne (absence, atrophie, dégénérescence du corps thyroïde. Action de l’opothérapie). Il nous reste à examiner par quel mécanisme cette hypo-fonction thyroïdienne retentit sur le processus scléreux de la peau, et si à elle seule, l'insuffisance endocrinique peut causer la sclérodermie.