‹ Du Traitement Thyroïdien et de la Sclérodermie en PlaquesChapitre 21 sur 33 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Mécanisme — Théorie toxinique — Action de l’hopothérapie — Résultats — Indications — Technique du traitement thyroïdien.

La meiropagrie endocrinique est-elle suffisante pour déterminer la selérodermie ? Pour le biologiste, l'état normal lui-même a des causes qu'il faut rechercher et connaître : la morphologie de l'individu et le trophisme des tissus sont déterminés par les substances qu'il utilise et leurs propriétés. Ces substances peuvent agir directement ou par l’intermédiaire du système nerveux.

a) Action directe. Gley s'est élevé contre la tendance de certaine école à faire de l’organisme entier, un serviteur passif du système nerveux ; et c'est par un véritable abus de langage que toutes les fois que

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l’on observe des troubles trophiques, l'on prononce le mot de tropho-névrose ou de lésions nerveuses. Le mécanisme régulateur qui détermine la fixité du milieu intérieur et le métabolisme, n’est pas entiérement sous la dépendance de l'appareil neural ; il semble dévolu en partie aux propriétés humorales.

Or, l'embryogénie, les expériences de mérotomie, les greffes, l’expérimentation teratologique ont montré que ce mécanisme régulateur du trophisme est antérieur et supérieur au systéme nerveux, comme diraient les philosophes. P. Carnot écrit : « Comme le processus initial de la fécondation, il est incontestable que la polifération cellulaire, d’une part, la limitation de cette polifération d'autre part, sont réglementés par des processus humoraux, On ne peut expliquer, par une intervention du système nerveux, la prolifération et le trophisme d'un tissu (puisque ce système nerveux n'existe pas encore dans l’embryopine ou les régénérations d'organes). C’est donc très certainement par l'intervention des substances humorales circulant dans l'organisme, et se fixant au point nécessaire, que sont dirigés à certains moments, soit la prolifération, soit la résorption des différents tissus ». Cette action directe est donc plausible.

b) Action sur le systéme nerveux. Mais la majorité des auteurs croient à l'action eutrophique de glandes vasculaires sur le système nerveux, Cette action ‘ faisant défaut, le système nerveux est troublé dans ces fonctions et retentit à son tour, sur le trophisme des tissus. En faveur de cette hypothése, on rappelle

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que dans l’'acromégalie, on trouve des tubes nerveux avec segmentation en boules de la myeline et abondance de fibres nues, comme dans la sclérodermie. On invoque également les expériences qui prouvent que chez les. animaux ethyroïdés les nerfs sectionnés sont arrêtés dans leur processus de régénération.

Mais d’autre part, malgré les expériences répétées de Touchard, malgré les milliers d'animaux éthyroïides dans tous les laboratoires du monde, on n’a jamais observé un seul cas de sclérodermie.

Il résulte de l'observation que dans certains cas la meïopagrie des glandes vasculaires est nécessaire à la réalisation du syndrome sclérodermique ; il découle de l’expérimentation que cette meïopagrie n'est pas suffisante pour créer de toutes pièces cette affection : #7 faut autre chose.

Théorie toxinique. — Nous avons vu que les lésions débutaient en manchons concentriques autour des vaisseaux, comme si, la substance sclérosante était apportée par ceux-ci, le processus scléreux est-il donc sous la dépendance de toxines charriées par le sang? On ne voit guère d'autre hypothèse pour expliquer le cas curieux observé par Lenoble : Une femme atteinte depuis six ans de sclérodermie généralisée, ayant débuté par des œdèmes et des phénomènes discrets de maladie de Reynaud, fait une fausse couche de 7 mois 1/2. Le fœtus présente des lésions de sclérodermie et la sclérose est particulièrement intense sur le placenta, le foie et les: reins de l'enfant. La théorie nerveuse estimpuissante

à expliquer le fait. Ferons-nous intervenir l’insuffisance thyroïdienne de l'enfant ? Certes, nous savons aujourd’hui que les toxines émanées des organes malades de la mère vont frapper les organes similaires de l'enfant, mais la disposition des lésions sur la voie suivie par les toxiques, leur prédominance sur les premières barrières de défense, nous font songer à une toxine passant du sang maternel dans le sang fœtal. — D'autre part, au point de vue clinique, les sciérodermiques sont des intoxiqués, ils sont presque tous neuro-arthritiques, et comme étiologie de la maladie on retrouve très souvent l’infection.— Enfin, il est bien établi aujourd’hui que toutes les glandes vasculaires sanguines ont surtout des propriétés antitoxiques. La théorie toxinique est donc fondée sur de solides arguments. Ajoutons que c’est la seule qui explique les effets inattendus du traitement. L'opothérapie thyroïdienne agit en effet en dehors de tout signe de meïopagrie endocrininique (obs. I).

Si l’on admet la théorie toxinique cette action est facile à comprendre : ily a dans ce cas non énsu/fisance absolue (accompagnée des signes cliniques habituels), mais énsu/ffisance relative (antitoxique-antisclérodermique). La même théorie permet d'interprèter la maladie de Basedow, si fréquente dans la sclérodermie comme un processus réactionnel de défense n’aboutissant pas et arrivant à l'instabilité thyroïdienne.

Enfin nous comprenons, par les fonctions de suppléance, comment les opothérapies thyroïdienne, surrénale, ganglionnaire peuvent également agir,

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