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OBSERVATION II (Lafond).
Tuberculose pulmonaire. — Plaques nombreuses de sclérodermie. — Traitement thyroïdien : amélioration considérable des symptômes associés. — Pas de résultat sur l'état
de la peau.
P... Jean, âgé de 80 ans, jardinier à Saint-Maïcellin (Loire), entre le 6 mars 1901, dans le service du docteur Roux. Le père du malade est mort d'accident ; sa mère est morte de vieillesse à 78 ans. Trois de ses frères et sœurs sont morts d’affections inconnues ; les deux autres vivent et se portent bien.
P... n’a jamais présenté d'affection sérieuse. Il a fait sept ans de service militaire, dont trois en Afrique, durant lesquels il a fait des excès de boisson (eau-de-vie). Il n’a jamais eu de fièvre intermittente, ni de maladies vénériennes, ni de rhumatisme.
Il ya une dizaine d'années, il s’est fracturé la jambe droite au-dessus des malléoles, et il a été soigné dans le service de M. Duchamp. Il y a deux ans, il a été pris l'hiver, de douleurs vives, siégeant à la face antéro-externe des deux cuisses, respectant nettement la face postérieure. Ces douleurs ressemblent à de l'engourdissement et présentent, par instants, des élancements paroxystiques : elles sont surtout violentes quand le malade subit l'influence du froid ; elles diminuent par le repos et la chaleur. La flexion de la cuisse est facile, mais une fois obtenue, le malade éprouve beaucoup de peine à ramener son membre en extension. Les mouvements d’abduction et d’adduction sont absolument libres. Ces accidents disparaissent l'été, au moins dans la journée, car le malade ressent encore quelques douleurs le matinet le soir, au moment où la fraicheur est le plus marquée. Lors de sa première atteinte,
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il y a deux ans, il a fait un séjour dans le service du docteur Montagnon. L'application d’un vésicatoire sur chaque cuisse le soulage beaucoup. L'hiver dernier, peu rigoureux, ne lui causa pas trop de désagrément.
Depuis le commencement de janvier, de cet hiver, retour offensif de la maladie, qui l’oblige à rentrer à l’hôpital.
Les douleurs ont le même siège et les mêmes caractères, et le malade se plaint de raideurs dans les jambes. A l’examen, on aperçoit sur les cuisses, et dans la région fessière, des traces de brûlures causées par des briques chaudes que le malade appliquait sur son corps pour calmer ses douleurs. Il n'aurait pas senti, dit-il, qu’il se brülait.
La peau de la face antéro-externe des cuisses est dure, rigide, et donne au doigt une sensation de cuir, de peau congelée ; même sensation à la face postéro-interne des jambes. La peau ne peut être pincée en ces points ; elle se continue sans transition brusque avec la peau saine et ne présente ni saillie, ni dépression. En analysant de près cette sclérose cutanée, on remarque de nombreuses plaques de coloration blanc bleuâtre sur la face externe des deux cuisses, deux plaques symétriques sur la région rétro-trachantérienne, des plaques beaucoup plus larges sur la région sacrocoxygienne et plusieurs aussi dans la région dorsale, mais de coloration blanche.
Les muscles sous-jacents paraissent un peu durs à la palpation, mais il ne paraît pas y avoir une amyotrophie notable. Tous les mouvements s’exécutent en ce moment d’une facon normale, mais sans force. En marchant, le malade boite, et les mouvements de la jambe droite paraissent s’accomplir avec douleur. Les réflexes rotuliens sont normaux ou légèrement exagérés.
L’exploration de la sensibilité est très difficile, à cause de la faible intelligence du malade ; cependant, bien que le malade raconte s'être brûlé sans le sentir, la sensibilité au chaud et au froid paraît bien conservée; ce qui ferait douter
de la réalité des brûlures ; ce sont probablement des phlycat