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tènes qui sont nées là sous l'influence du processus morbide et ont séché rapidement, au “x du malade, en huit jours environ.
Sur le coude droit, on-trouve une décoloration bleuâtre de la peau, consécutive, au dire du malade, à une écorchure produite par une chemise neuve et ayant duré quinze jours. Pas de phénomènes de sclérodactylie. Sur le nez, sur la pommette et sur la région sourcillière, décolorations qui seraient survenues à la suite d’un traumastime ; mais ce traumatisme à dû être fort léger, car il n’a mis que quatre jours à guérir. Dans l’aine du côté droit, on sent de nombreux ganglions rouler sous le doigt, ils sont volumineux et douloureux à la palpation.
Le malade se plaint de tousser un peu et rejette quelques crachats muqueux et filants. Pas d’oppression, sonorité normale. En arrière, submatité dans la fosse sus-épineuse droite, avec un peu de rudesse respiratoire à ce niveau. Dans tout le reste des deux poumons, quelques râles muqueux disséminés.
Cœur. — La pointe n’est pas localisable ; les battements sont réguliers et bien frappés (75 à la minute). Pas de bruits anormaux.
Les urines renferment de l’albumine en quantité moyenne.
Pas de troubles du côté des viscères abdominaux, sauf un peu de météorisme ; pas de troubles digestifs. En résumé, on trouve à l’examen de ce malade :
1° Peau dure, sclérosée sur toute l’étendue des membres inférieurs, mais surtout sur la face entéro-externe des deux cuisses et sur la face postéro-interne des deux jambes, en des régions symétriques par conséquent ;
3° Nombreuses plaques de coloration blanc bleuâtre sur les deux cuisses, deux plaques symétriques rétro-trochantériennes; larges plaques dans les régions sacro- -COXYgienne, sacro-lombaire dorsale. Une plaque sur le coude droit ; plusieurs sur la face et le crâne :
Ode
3° Douleurs subjectives à la cuisse et à la hanche ;
4 Raideur et difficulté des mouvements ;
9° Ganglions douloureux dans l’âine, du côté droit.
On soumet le malade au traitement thyroïdien ; on lui donne d’abord quatre comprimés de thyroïdine de Bau- ManND, puis Cinq, puis sept ; puis en suspend le traitement, et le malade sort bientôt (20 avril).
Dès le 28 mars, sous l'influence du traitement thyroïdien, nous avions obtenu une amélioration considérable: les douleurs de la cuisse avaient presquedisparu, les ganglions de l’aine droite avaient diminué beaucoup, mais étaient demeurés douloureux; l’état de la peau ne paraïssait pas s'être modifié notablement ; le pouls battait 92 pulsations à la minute.
Cet état s’est maintenu jusqu’à la fin du séjour du malade à l'hôpital. Quelques troubles digestifs survenus à l’occasion du traitement tyroïdien ont hâté la sortie du malade qui était devenu très grincheux.
OBSERVATION III (Gayet).
Sclérodermie en plaques. — Amélioration par thyroïdine.
M. Gayet, chef de Clinique chirurgicale, présente une malade de la Clinique de M. le professeur Ollier, atteinte de sclérodermie en plaques.
Cette femme, âgée de 33 ans, ne présente rien de particulier dans ses antécédents. La maladie actuelle aurait débuté il y a 20 ans, par des plaques développées sur l’abdomen et sur les flancs. Actuellement, la malade présente sur tout le corps une grande quantité de plaques de même nature, mais variables comme formes, dimension et couleur.
Au cou, les taches ont la grandeur d’une pièce de 50 centimes ; partout ailleurs, sur la poitrine, les épaules, l’abdo-
men et les flancs, elles sont bien plus larges. Toutes présentent une partie centrale d’un blanc jaunâtre, vieil ivoire, lisse, mais dure au toucher comme un morceau de carton enchâssé dans la peau. La périphérie a une teinte plus claire, blanc nacré. la:peau v est plus souple, un liseré plus bleuâtre sépare la tache de la peau saine. Pas de troubles de l'appareil locomoteur. La sensibilité générale est intacte au niveau des plaques et dans leur intervalle.
Les réflexes sont un peu exagérés ; émotivité très grande, un peu de fachycardie (pouls 100 à 110). Toutes les autres fonctions se font bien. Corps thyroïde normal.
La malade a été soumise à un traitement thyroïdien par la thyroïdine. Elle a reçu, pendant la première semaine, 0 gr. 10 cent. de cette substance, puis 0 gr. 20 cent. Actuellement, elle en prend 0 gr. 40 cent. Sous l'influence de ce traitement, la peau parait devenir plus souple.
Le traitement est continué.
M. Gayet a donné jusqu’à 0 gr. 40 cent. d’iodothyrine en pastilles de 0 gr. 10 cent., de Bayer. Il estime qu’on peut aller jusqu'à 0 gr. 60 cent.
OBSERVATION IV (Stieglitz).
Grippe. — Sclérodermie en plaques. — Guérison en 1 an 1/2 par médication thyroïdienne.
Marie N..., 33 ans; célibataire, ne fut jamais sérieusement malade jusqu'au printemps 1911, où elle fut atteinte de grippe. Elle eut de la fièvre, de la toux, des douleurs par tout le corps, et principalement aux jambes. Les deux pieds furent enflés ; le droit plus que le gauche. Le gonflement était blanc, non douloureux, Après la guérison de sa grippe, la patiente resta très faible durant 6 ou 8 semaines. L’en- Îlure des pieds disparut très lentement.
Environ deux mois après, elle nota, pour la premiére fois, deux taches rouges, rectangulaires, Ces taches étaient très prurigineuses, tellement que la malade les frottait avec uñe brosse, jusqu’au sang. Elles augmentèrent graduellement et virèrent au jaune sale. En même temps, l'affection s’étendait sur la jambe, envahissant la zone cutanée correspondant à la distribution de la saphène interne.
La malade, qui m'a été envoyée par le docteur Fleiner, d’Heidelberg, est examinée pour la première fois le 21 septembre 1893,
Etat actuel. — Femme grande, bien développée. La peau est souple sur tout le corps, excepté dans l’aire affectée de la jambe droite. La jambe gauche est parfaitement normale, La peau, à la partie interne de la jambe gauche, depuis le genou jusqu’en bas, est épaissie et d’une teinte jaune sale. Elle est brillante et donne au toucher la sensation du cuir, Au niveau de l’arête antérieure du tibia, la peau adhère à l'os, il est impossible de la plisser ; de plus elle est dépourvue de poils.
Environ à 1 pouce au-dessus du genou, on trouve une tache violacée du diamètre d’une pièce de 5 francs. Si la peau à cet endroit ne semble pas épaissie, le toucher montre néttemient que l’épaississement n’en existe pas moins, Une autre tache épaisse, du même caractère, se trouve environ à deux pouces plus loin. Ces deux taches montrent l’affection à son premier stade.
Sur le bas de la jambe, la peau immédiatement adjacente à la zone épaissie, est nettement œdématiée. La sensibilité tactile est légèrement diminuée sur toute l'aire malade. On ne trouve aucun rapport entre les plaques et la distribution nerveuse. La glande thyroïde semble normale.
Le diagnostic de sclérodermie circonscrite fut aisément posé. Les symptômes étaient caractéristiques. La malade avait pris de l’arsenic pendant quelque temps, mais sans aucun signe d'amélioration. Comme la peau semblait en quelques endroits semblable à du myxæœdème circonserit en
une aire épaissie, je donnais de la glande thyroïde desséchée : 5 grains, 1 à 3 fois par jour. En même temps, on administra de la strychnine etde la teinture de strophantus. On appliqua également des courants continus sur la jambe malade. Les premiers jours de novembre, la « peau de veau » de la jambe pouvait être plissée beaucoup mieux. Il n’y eut pas d’autre changement.
Le traitement fut arrêté pendant 3 semaines. Puis, on reprend de nouveau la médication thyroïdienne (5 grains, 3 fois par jour). Ce traitement est gardé avec des intervalles de repos d’une semaine à 10 jours, tous les mois, jusqu’en octobre. Soit 12 mois. Pendant ce temps, l’æœdème qui s’étendait le long du tibia disparut ; la peau devint de plus en plus souple, et une nouvelle croissance de poils apparut sur l’aire affectée. L'amélioration siège surtout aux parties les plus récemment atteintes : les deux taches au-dessus du genou.
Le 23 février, la malade fut présentée à la New-York Society of German Physicians, dans un état de grande amélioration.
L'amélioration a continué sans interruption. La patiente fut vue le 23 de ce mois, et à l'exception d’un léger épaississement de la peau au-dessus de l’arête tibiale, les téguments de l’aire affectée sont aussi souples et peuvent être plissés aussi facilement que ceux de l’autre jambe. Le seul vestige de la maladie est une décoloration fauve de la peau qui
devient plus intense immédiatement avant la menstruation.
OBSERVATION V (Stieglitz).
Hémiatrophie faciale. — Sclérodermie. — Amélioration passagère de certains symptômes par médication thyrhoï-
dienne.
Miss K..., 23 ans, servante, a été examinée une première
fois, le 15 janvier 1893, à l’hôpital-dispensaire du Mont- Sinaï.
C'est un cas d’hémiatrophie de la face, rapporté par le D’ Sachs, dans le Médical Record en 1890. Comme ce cas a été complètement décrit, je rappellerai seulement que la malade prétend avoir été bien portante jusqu’en 1889, époque où elle nota les premiers signes de son affection présente : Une lache épaisse et blanche apparut vers la base de l’œil gauche et s’élargit graduellement : d’autres taches apparurent autour de la bouche et, en même temps, la malade remarqua que le côté gauche de la face devenait plus épais. A cette occasion, apparurent les premières secousses dans le masseter gauche. Ces secousses augmentérent de plus en plus d'année en année et gagnèrent le temporal. Ces trois dernières années, ces secousses. consistent en de nombreuses contractions cloniques, suivies par un spasme tonique puissant, si puissant qu’il est impossible de séparer les mâchoires de la malade. Ces spasmes sont pénibles et causent de grands tourments à la malade ; ils l’empêchent de parler et de manger. La patiente s’est résignée à la défiguration, mais pense guérir de ces spasmes.
Dans un autre cas d’hémiatrophie faciale, j'ai obtenu une grande amélioration de ces derniers symptômes par l’application du courant galvanique. Ce traitement, continué pendant trois mois chez notre malade, resta sans effet. J'eus l’idée d’essayer la médication thyroïdienne : les changements trophiques de la face, semblables à ceux que l’on observe dans la sclérodermie, l’état atrophique, me suggéraient ce traitement, d'autant plus que des faits démonstratifs nombreux avaient été rapportés (Neiomark, Rosenthal, Eulenburg, Nixon, Muratow) montrent l’association de l’hémiatrophie faciale et de la sclérodermie.
Notre succès dans le cas précédent de sclérodermie de la jambe semblait indiquer le traitement thyroïdien. En conséquence, le 24 mars, on donna de la glande desséchée au
malade: 5 grains deux fois parjour. Nous recommandâmes à la malade de revenir tous les deux jours ; en dépit de nos ordres, elle ne revint que le 7 mai, ayant alors consommé 1 once decorpsthyroïde. Ellenousditavoir pris 10 grains par jour, sans interruption. Après une semaine de traitement, les spasmes avaient éntièrement disparu et n'ont pas réapparu depuis. La malade souffrait ordinairement de picotements dans tout le corps, à l’exception du côté gauche de la face (région malade): à ce sujet, aucune amélioration.
Le traitement fut arrêté pendant trois semaines ; après une semaine, le spasme revint, assez intense.
Quand le traitement fut repris, les spasmes s’améliorèrent, sans disparaître entièrement. Fait étrange : quoique le traitement ait été suivi depuis cette date, les spasmes sont devenus, récemment, plus fréquents et plus DO
Aucun effet notable sur l’hémiatrophie.
OBSERVATION VI (Grunfeld).
Goître exophtalmique. — Sclérodermie en plaques, — Grande amélioration par administration de corps thyroïde.
La malade, âgée de 33 ans, mariée à sa 21° année, a eu deux accouthements. Le premier enfant est vivant et bien portant, le second est mort de la diphtérie. Le père de la inalade est mort du choléra, sa mère et ses quatre frères et sœurs sont bien portants. Il n’y a pas d’antécédents héréditaires à noter. Elle n’est réglée qu’à 18 ans et toujours bien réglée plus tard.
En été 1888, la malade fut prise d’un état moral 'Aéprinté, en raison de chagrins de famille. Immédiatement après, éllé fut atteinte d’une polyphagie et d’une polydypsie très prononcées. « J'étais dévorée par une vraie gourmandise »,
disait la malade. Pendant cette période pathologique, la patiente s'est aperçue d’un commencement de goitre. L'état général de la malade a beaucoup changé en même temps. La voix était sensiblement éteinte ; le sujet souffrait de dyspnée, de sécheresse de la bouche. Le goître et l’exophtalmie ont fait beaucoup de progrès et la malade a eu des accès de tachycardie, surtout la nuit.
Sur le conseil d’un médecin qui a fait lé diagnostic de la maladie de Basedow, la malade se faisait électriser le cou et les tempes ; ensuite, elle a subi une cure d'eaux minérales, mais tout cela sans résultat.
Sur deux photographies de cette époque, on constate une exophtalmie gauche bien manifeste. Jusqu'à l'automne 1890, la malade restait dans le même état ; vers cette époque, a commencé une amélioration spontanée. Le goître et l’exophtalmie ont disparu et, au mois de janvier 1881, son état était presque normal ; jusqu’au niois de mars 1893, la malade se sentait assez bien, quand, tout à coup, elle fut prise de nouveau d’une névrose très intense ; tachycardie, tremblements des membres supérieurs et inférieurs ; la malade est devenue faible, anémique, et, dans un laps de temps assez court, elle a perdu 10 kilos, en inème temps elle a eu la fièvre, avec une forte transpiration. Elle se plaignait simultanément d’insomnie et le goître, aussi bien que l’exophtalmie, apparurent de nouveau.
A cette époque, la malade s’est aperçue pour la première fois de quelques plaques brunätres qui sont apparues sur le cou, la poitrine et la nuque, mais elle n’y fait pas grande attention. Elle est allée à la campagne, où elle a subi une nouvelle cure d’eau froide, sans résultats notables.
Cet état durait depuis quelque temps, quand la malade s’améliora de nouveau tout d’un coup et spontanément au mois de mars 1894 ; avec l’état général amélioré, les syÿmptômes ci-dessus énoncés, le goître et l’exophtalmie ont presque complètement disparu. La malade à pris alors plus de soin de ses plaques cutanées qu’elle frictiontait, sur le