‹ Du travail et de ses conditionsChapitre 3 sur 26 · VIII AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VIII AVANT-PROPOS

chaque jour dans sa partie un effort pour réaliser sa notion du mieux.

Je reconnais le travail dans l'effort réglé d'une volonté libre, qui s'applique à exécuter quelque forme, toujours plus parfaite en son genre, du beau, du vrai ou du bien; cette forme peut être de la plus haute ou de la plus basse condition, c'est toujours le travail, avec son vrai caractère, s'il présente ces trois signes : la liberté, l'ordre et le perfectionnement.

L'agitation d'une fantaisie débridée n'est pas le travail, ni le morne tourment du prisonnier obligé à une tâche qui recommence toujours la même; et n'est-ce pas une grande absurdité, un outrage à la nature des choses, lorsque le scélérat s'écrie, dans son succès, qu'il a bien travaillé ?

Travailler pleinement, c'est déployer dans leur ordre toutes les facultés, toutes les énergies de son être pour remplir, en quelque lieu que l'on ait été placé, sa tâche d'homme et de citoyen. Socrate travaillait pleinement , philosophe , poète et soldat, quand il enseignait les enfants d'Athènes, défendait sa patrie avec l'épée, et mourait pour la vérité. Les artisans de l'Hellas

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