‹ Du trésor caché dans les maladies et les afflictionsChapitre 34 sur 45 · XXXVIII · texte numérisé non relu

XXXVIII

pliera aulanl que possible des actes très fervents d'une sincère contrition et Ton méritera ainsi d'entendre cette parole : Aujourd'hui, je fai délivré de l opprobre de VEgijpte{i)^ et ton âme peut entrer dans la gloire qui t'a été promise.

En ce même temps, il faut s'efforcer d'orner son cœur pour y recevoir le céleste Epoux, et y employer des aumônes, des prières, des messes, des œuvres pieuses, les actes de toutes les vertus. L'àme parée de ces précieux ornements peut alors dire à Notre- Seigneur avec confiance : iVotre lit est couvert de fleurs (2); c'est-à-dire: Si vous voulez, Seigneur, venir dans mon cœur, pour y prendre un éternel repos, il est tout prêt ; il est orné des fleurs odoriférantes des vertus que j'ai acquises avec votre grâce.

Il faut encore, pour mourir comme le phénix, tourner les yeux vers le soleil de justice Jésus Christ Notre-Seigneur, s'exposera ses rayons et s'enflammer d amour par de saintes affections et d'ardents désirs. Il faut implorer la miséricorde du Père céleste et le conjurer de nous admettre à le voir clairement dans le ciel. Il faut soupirer après ce bonheur et nous plaindre amoureusement de son retardement.

Il est bon dédire avec David : Hélas! mon exil a été prolongé ! Je suis las de demeurer sous les tentes de Cédar, dans les ténèbres de ce monde. Il y a longtemps que mon âme est comme dans un lieu de bannissement (3).

(1) [lodie absluli opprobrium .Egypti a vobis.(Jos. v, IJ.)

(2} Lectuliis noster floridiis. (Cantic. i, l."j )

13) Heu inihi, quia incolatus meus prolongatus est 1 llabitavi cuni habitantibus Cedar ; aiultum incola fuit anima mea. (Ps. CXIX, :j.;

Aussi, comme le cerf soupire aprcs les sources d' eauxvives, mon âme désire aller vers vous, Seigneur, pour jouir de vous (1).

Ou encore, lorsque le dernier moment approche : Je 7ne réjouis de ce qu'on m'a dit. que j'irai bientôt dans la maison du Seigneur '2;.

D'autres fois, lorsqu'on se sentira fatigué de vivre à cause du danger de ne pas persévérer dans la grâce, on dira : Tirez mon âme de sa prison, Seigneur, afin quelle loue éternellement votre saint nom (3).

On s'excitera ainsi à Tamour de Dieu ; on s'offrira tout entier en holocauste au Seigneur, en lui remettant ses biens, sa vie, son esprit ; et on sortira avec joie de ce monde pour entrer dans le repos de Féternité.

0 heureuse la vie ainsi terminée par une précieuse mort 1 G bienheureuse la mort, qui est la récompense d'une bonne et sainte vie !

Oui. la mort des saints est d"un prix inestimable aux yeux de Dieu. Ils meurent sur le bois de la croix, après l'avoir orné de toute sorte de plantes odoriférantes qui sont les saintes œuvres de leur vie.

Telle fut la mort du Saint des saints, notre Sauveur.

Il se prépara d'une manière excellente à la mort, durant toute sa vie, mais particulièrement la nuit de la dernière cène, où il fit des actes héroïques d'humilité et do charité envers ses disciples. Sur le bois de la

(1) Qiiemadmodum desiderat cervus ad fontes aquarum, itn desiderat anima mea ad te, Deus. (Ps. xli. 2.)

(2) L.-etatus sum in his qme dicta sunt mihi : In domum Domini il)imus. (Ps. cxxi. 1.)

(3, Educ de custodia animam meam, ad confitendum nomini tn" P-^ cxLi. 3.)

Croix, il pria pour ses persécuteurs et pour tous les hommes, avec de grands cris et beaucoup de larmes ; et il expira dans les tourments excités par le feu de son amour, en offrant à son Père un parfait holocauste de lui-même.

Telle fut aussi la mort de la Très Sainte Vierge, la plus pure de toutes les créatures et le parfait modèle de toutes les vertus. Toute sa vie fut une admirable préparation à la mort ; et elle mourut embrasée d'amour et rempHe du désir de voir son Fils bienaimé.

Telle fut la mort des apùtres, celle des saints consommés dans toutes les vertus. Leur vie était Jésus- Christ, leur mort était un gain.

Si je veux mourir comme eux, je dois vivre comme eux. Il ne me suffit pas de dire, comme Balaam : Je veux que mon âme meure de la mort des justes et que ma fin ressemble à la leur (1) ; je dois ajouter : Je veux vivre de la vie des justes, et que ma vie soit, comme la leur, une continuelle préparation à la mort, afin qu'après avoir imité leur persévérance, je participe à leur récompense.

Je n'attendrai pas la dernière heure pour me disposer à la mort ; car peut-être ne le pourrai-je pas alors, et je serai surpris comme les vierges folles, qui ne préparèrent pas leurs lampes. Mais pour être assuré de bien mourir, je m'y préparerai dès maintenant.

Je sais que mon corps doit retourner en poussière à

(1) Moriatur^'anima mea morte justorum et fiant novissima mea horum similia. (Xum. xxiii, 10.)

ma mort ; mais je crois, d'une foi vive et sincère, qu'il ressuscitera à une vie glorieuse et immortelle et que cette parole du prophète s'accomplira en moi : Le juste fleurira comme le palmier planté dans la maison du Seigneur 1), c'est-à dire que je vivrai dans le palais du Roi éternel et je participerai à sa gloire dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

V Jiistu- ut ])alma florebit ; siout ce drus Liban! multiplicabitur. Plaiitati in domo Domini. in alriis domus Dei nostri, florebunt. (Ps. xci. 13-14.)

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