OBSERVATION IV
Début chez un tuberculeux , atteint de blennorrhée chronique; rien du côté de la prostate. — On croit à une épididymite virulente. — Le pus est collecté au bout de trois semaines. (Obs. personnelle.)
Cuzot Louis, garçon charcutier, âgé de 23 ans, entré dans le service de M. Labbé, le 20 janvier pour une tumeur du testicule.
Ses antécédents ne sont pas des meilleurs; à neuf ans, il a eu le croup; à 12 ans, lièvre typhoïde; à 20, il commence à tousser et à cracher du sang. Depuis cette époque, il a de fréquentes bronchites; l’auscultation du reste révèle au sommet gauche une expiration prolongée, mais pas de craquements. Il y a trois ans environ, il eut une lre chaude-pisse peu douloureuse, et qui ne dura que quelques jours. Il y a deux mois, blennorrhagie nouvelle, mais peut-être dans l’intervalle s’était-il produit un léger rétrécissement de l’urèthre, le malade ayant remarqué que son jet d’urine était bifide.
La blennorrhagie nouvelle ne paraissait pas devoir être plus grave que la première, lorsque, deux ou trois jours après son début, survient un paraphimosis pour lequel Cuzot entre à l’hôpital du Midi où le paraphimosis fut réduit. C’est à ce moment, vers le 20 décembre, que le malade ressentit tout-à-coup une vive souffrance le long du trajet du cordon gauche; elle descendait jusqu’à l’épididyme et envahit la glande tout entière. Elle devient le siège de douleurs spontanées très-intenses, le moindre mouvement les exaspère, et le malade n’ose tousser de peur de les réveiller; le gonflement est très-rapide, et la bourse gauche dépasse en peu de jours le volume d’un œuf. — Peu à peu cependant, les douleurs spontanées s’apaisent assez pour que le malade assez impatient, et qui se croit mal soigné, puisse quitter l’hôpital du Midi.
Le gonflement d’ailleurs persiste encore : le onze janvier, dix jours avant son entrée dans le service, 21 après le début de son affection il voit apparaître une petite tumeur en arrière de la glande spermatique : c’est pour elle qu’il entre à l’hôpital.
Nous avons pu constater à ce moment qu’en bas, en arrière et un peu en dedans de l’épididyme existe une tumeur de la gros-
seur d’une petite noix ; elle est fluctuante ; maintenant indolore, adhérente aux téguments qui sont rouges à ce niveau; elle ne fait pas corps avec l’épididyme volumineux et dur, mais elle lui est attachée par un pédicule d’un longueur très-appréciable.
Dès le lendemain de son entrée, une ponction est faite avec le bistouri ; il s’écoule une certaine quantité de pus bien lié; la suppuration ne dure que trois jours, et l’ouverture se cicatrise. Le malade demande alors son exeat et sort vers le milieu de février. Il n’existe plus, comme accident de l’appareil génital, qu’une très-légère blennorrhée, entretenue sans doute par un commencement de rétrécissement du canal de l’urèthre que révèle le catéthérisme, et des indurations au niveau de la tête et de la queue de l’épididyme.
Nous avons revu le malade 3 mois après. L’état général est à peu près le même ; il vaque à son travail qui n’a nullement été interrompu depuis, mais tousse, crache du sang, et ses fortes diminuent un peu. Le testicule droit est toujours normal ; le testicule gauche, celui qui avait été le]siégede l’abcès, offre une induration à la queue de l’épididyme, une autre à la tête, mais il ne s’est pas fait de poussée nouvelle, et les choses paraissent être restées à peu près en état.