OBSERVATION VI
i Début brusque et sans cause , chez un tuberculeux. — Léger épanchement vaginal. — Le cordon et la prostate sont envahis.
(Observ. personnelle.)
Bresson Isaïe, charretier, 32 ans, entré le 6 juillet dans le ser- ! vice de M. Gaillard, pour une affection commençante des voies respiratoires, et une tumeur dans la bourse droite. Il est d’apparence assez robuste, n’a jamais fait de grandes maladies. Son père vit encore ; sa mère est morte paralysée à 56 ans ; ses frères et ses sœurs se portent bien.
L’année dernière, sa santé a subi quelques altérations ; il a été pris d’une pleurésie qui a duré un mois; il a maigri, ses force sont un peu diminuées, et il a craché quelques filets de sang. D’ailleurs, l’examen de la poitrine révèle le début d’une tuberculose : matité, expiration prolongée, craquement sec. Il n’a jamais eu de chancre, jamais de chaude-pisse et d’orchite.
Le 15 juin, survient tout-à-coup, et sans cause appréciable, une douleur dans la bourse droite. Il n’en continue pas moins son travail ce jour-là, mais le lendemain, il dut l’interrompre et se mettre au lit. La douleur était continuelle, vive, sans irradiation le long du cordon. La glande se tuméfia, et, dès le second jour, i elle avait le volume d’un gros œuf, le docteur M... fut appelé ; il crut à une orchite aiguë , et ordonna le repos, des cataplasmes et | des onctions d’onguent mercuriel. La douleur spontanée disparut, mais comme le moindre froissement réveillait de vives soufîran- I ces dans le testicule, le malade demanda son admission à l’hôpital. Lorsque nous pouvous l’examiner, 21 jours après le début de l’afïection, nous constatons l’état suivant : le testicule gauche est sain, mais petit ; peut-être existe-il un kyste insignifiant dans la I tête de l’épididyme : le scrotum droit est rouge, vascularisé mais sans adhérence aux parties sous-jacentes. La tunique vaginale est soulevée par une couche légère de liquide ; le testicule proprement dit est souple, sans bosselures, mais d’un volume au moins double de celui du testicule gauche. Or, ils étaient semblables autrefois. Mais la tuméfaction la plus grande porte sur l’épididyme qui paraît envahi dans son entier. Il forme un bourrelet | qui déborde le testicule; il est dur, régulier, sauf quelques vagues bosselures vers la queue. Il n’existe pas de points fluctuants;
| la douleur a disparu, et l’on peut manier la glande sans éveiller de douleurs bien vives. Le cordon est gros et moniliforme;la pros-
tate est peu volumineuse, mais irrégulière et très-dure, le lobe droit surtout qui est aussi plus saillant.
Nous aurions voulu observer plus longtemps le malade, mais il était d’un caractère très-irritable, et malgré nos efforts pour le retenir, il demanda son exeat.
OBSÊRYÀTION VIL
L’orchite est survenue à la suite d'une violente contusion. — Epanchement vaginal. — Suppuration épididy maire. — Le cordon et la prostate sont atteints. — Castration.— Foyers épididy maires en voie de guérison. — Abcès tuberculeux. — Granulations tuberculeuses sur la vaginale. — ( Voir : planche III , fig. I.) (Obs. personnelle.)
X., 27 ans, de très-robuste apparence. 11 a toujours été trèsbien portant, ne tousse jamais; l’auscultation d’ailleurs est absolument négative.
Il y a maintenant 1 an, il reçut un coup violent dans la bourse droite, un gonflement immédiat survint, une douleur très-vive, de la rougeur du scrotum, enfin tous les signes d’une orchite traumatique. Un traitement autiphlogistique n’amena qu’une amélioration légère, et l’accident ne s’était pas produit depuis quatre mois qu’un premier abcès se forma, puis un second; tous deux furent suivis de fistules qui persistent maintenant encore. Jusqu’alors la tumeur était restée limitée à la glande droite, mais, vers le sixième mois, elle envahit la gauche.
Nous ne pouvons examiner que sommairement le malade. Il est un des clients de M. le docteur Labbé qui nous amène avec « lui pour l’aider dans une castration qu’il se propose de pratiquer. Nous constatons seulement que la portion droite du scrotum est ! criblée de fistules, que l’épididyme volumineux et dur est à peu 1 près partout adhérent. Le testicule entouré de liquide est d’une palpation difficile. Le cordon est moniliforme; la prostate est atteinte. Les altérations à gauche sont beaucoup moins avancées; à peine trouve-t-on quelques noyaux dans l’épididyme.
M. Labbé pratique la castration du testicule droit; arrivé dans la cavité vaginale, il ouvre successivement plusieurs kystes séreux dont le liquide s’écoule au-dehors. La vaginale est excessivement vasculaire, et çà et là existent des suftusions sanguines et même de véritables épanchements sanguins. Elle est parsemée de granulations tuberculeuses transparentes, très- confluentes en certains points. L’épididyme est entouré de tissu mou et fongueux, semblable au bourgeon des tumeurs blanches.
Nous n’insisterons pas sur la description anatomique de cette pièce, dont le dessin se trouve dans notre planche III (figure 1).
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Sur une coupe antéro-postérieure, nous avons trouvé un abcès enkysté et absolument semblable à celui que nous avons décrit dans notre troisième observation. Le tissu qui l’entourait paraissait sain dans certains endroits, mais il n’en présentait pas moins çà et là quelques granulations transparentes. Dans l’épididyme, on trouvait des cavernes en voie de guérison, ou même complètement cicatrisées dans la tête et le corps ; à la queue, nous trouvons un foyer caséeux dont le ramollissement commence à peine.