‹ Du tubercule du testicule et de l'orchite tuberculeuseChapitre 17 sur 34 · OBSERVATION VIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VIII

Invasion brusque, sans cause appréciable. — Gonflement énorme du testicule et de V épididyme réunis en une seule tumeur. — Bosselures tardives sur l’épididyme. — Bien à la prostate et aux vésicules. (Obs. communiquée par M. Chenet.)

Armand L..., âgé de 17 ans, homme de peine, entré le 20 avril 1876 au n° 31 de la salle Saint-Honoré. (Service de M. Panas.)

Ce jeune homme a été pris subiîement, au milieu de la nuit du 15 au 1 6 avril, de douleurs vives dans le testicule gauche, douleurs lancinantes avec sensation de pesanteur et de tiraillement; en même temps la peau s’enflamme et se tend au point d’empêcher le plissement du scrotum entre les doigts. — Le lendemain matin le volume de la moitié gauche du scrotum était double de celui d’un œuf de dinde, et il n’a pas varié jusqu’à l’entrée du malade; il n’y a pas de réaction générale; l’appétit est conservé; le sommeil est bon. — Cinq sangsues ont été appliquées sur le trajet du cordon le 17 avril. La douleur s’était déjà calmée sous l’influence des cataplasmes et du repos. Le gonflement persistait seul. — Au moment de son entrée (20 avril), les parties étaient dans l’état suivant :

Le volume de la moitié gauche du scrotum dépasse le poing; la torme est un peu plus allongée ; la peau est rouge, luisante, très-tendue, adhérente aux plans profonds à gauche; elle est légèrement œdématiée à droite. Il est impossible, d’ailleurs, de distinguer l’épididyme du testicule : le tout forme une masse d’une consistance très-ferme, à surface parfaitement lisse, et la pression n’y détermine aucune douleur. A la partie postérieure et inférieure, nous croyons trouver de la fluctuation.

Le cordon paraît absolument sain. A droite l’œdème de la peau ne permet pas d’apprécier exactement l’état de l’épididyme et du testieute qui, l’un et l’autre pqrqissent sains. — Il n’existe aucun écoulement uréthral, elle malade affirme n’en avoir jamais eu. Il h’a pas reçu 4® contusion. Il nie tout excès vénérien et ne présente fRieun signe de syphilis. Sa santé a toujours été bonne. Il

est même vigoureusement constilué; ses muscles sont bien développés; il a quelque embonpoint. Ses trois sœurs sont mortes dans l’enfance : une à quelques mois; une autre à deux ans, dans des convulsions ; le troisième à cinq ans, des suites d’une amputation de jambe pour tumeur blanche tibio-tarsienne. Sa mère est bien portante; son père est inconnu.

Notre malade n’a jamais pissé de sang. La miction n’a jamais été douloureuse, et la défécation ne détermine non plus aucune douleur du côté de la prostate ou du canal de l’urèthre. Jamais les érections ou les éjaculations n’ont été douloureuses ; d’ailleurs le toucher rectal ne révèle aucune altération du côté de la prostate ou des vésicules séminales, et n’éveille aucune sensibilité anormale. L’apvrexie est complète. On ordonne des cataplasmes et le repos au lit.

Le 22 avril, le volume des parties a déjà diminué. Il n’y a plus d’œdème à droite, et l’on peut distinguer très-nettement à la tête de l’épididyme, un petit noyau du volume d’une noisette, ferme, arrondi, indolent. Le volume et la sensibilité de la glande redeviennent normaux; il n’v a de changement à gauche. Le 25, la fluctuation paraît plus évidente et moins limitée.

On la trouva dans toute la moitié inférieure (à gauche). Une ponclion avec un bistouri ne. donna issue à aucun liquide. Cataplasmes en permanence. Le 27, l’amélioration de l’état local est manifeste ; le volume du scrotum a beaucoup diminué. La peau a repris un peu de sa souplesse à la partie inférieure, mais un peu plus haut, l’adhérence est toujours aussi complète et la peau ne fait qu’une masse avec l’épididyme et le testicule. Cependant la résolution continue et avance peu à peu. — Le 5 mai, le testicule n’a . plus que le volume d’un œuf de dinde. La fluctuation est toujours obscure à la partie inférieure ; la tumeur est indolente ; la peau est libre d’adhérences en haut et en bas, mais non sur les côtés, le testicule du reste et l’épididyme ne font toujours qu’une seule tumeur. A droite, le noyau de la tête de l’épididyme conserve toujours les mêmes caractères. Le malade, vers le 16 mai, se lève déjà depuis une huitaine de jours et prend un grand bain tous les deux jours.

La résolution a suivi son cours. Le volume total de la glande (testicule et épididyme réunis et toujours confondus) n'égale pas celui d’un œuf de poule ; sa forme est plus arrondie. La peau a a repris ses caractères de coloration et de souplesse habituels, mais la consistance de la glande est très-ferme comme cartilagineuse; sa surface est parfaitement lisse, et il faut une pression trèsforte pour y réveiller une sensibilité obtuse et non de la douleur.

A droite, la sensibilité est normale et nous ne retrouvons plus le noyau qui «existait à la tête de l’épididyme. Le volume du testicule reste sensiblement stationnaire, mais la glande etl’épididyme sont toujours intimement confondus. — Le 23 mai, notre malade

est encore en observation : il a maigri d’une façon notable pendant son séjour à l’hôpital , bien qu’il n’ait présenté aucun mouvement fébrile et qu’il ait toujours eu grand appétit. L’auscultation des poumons, renouvelée à plusieurs reprises, n’a révélé aucun signe certain de tuberculose. Le toucher rectal ne fournit de même que des signes négatifs.

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