‹ Du tubercule du testicule et de l'orchite tuberculeuseChapitre 21 sur 34 · OBSERVATION XII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XII

Invasion brusque, sans cause appréciable. — Diagnostic erroné.

— Gonflement cansidèrable de la glande. — Léger épanchement

vaginal. — Abcès au bout d'un mois . (Obs. de M. Duplay.

Union médicale , 1860.)

Ghainu, Hippolyte, menuisier, âgé de 20 ans, entré le 5 janvier 1860 dans le service de M. Denonvilliers.

Il y a huit jours, le malade a été pris de douleurs Vives avec gonflement du testicule droit. Les douleurs et le gonflement ont été en augmentant, et depuis deux jours la marche est impossible.

A son entrée à l’hôpital, nous trouvons le testicule doublé de volume, induré. Le gonflement et l’induration occupent surtout l’épididvme, qui déborde de tous côtés le corps du testicule. La tumeur est parfaitement lisse et sans bosselures, le scrotum est rouge, chaud, tendu. On ne sent pas de liquide dans la tunique vaginale. Le canal déférent est augmenté de volume induré, douloureux au toucher comme l’est le testicule. La moindre pression réveille des douleurs vives qui s’irradient dans le canal inguinal et jusque dans l’abdomen. Il souffre modérément lorsqu’il est couché, mais il lui est impossible de se lever. On ne peut trouver aucune cause capable d’expliquer l’origine de la maladie. Jamais de blennorhagie, aucune maladie antérieure des bourses ni des testicules, pas d’antécédents vénériens, pas de contusions, pas d’efforts violents. — On diagnostique une épididymite aiguë.

Le douzième jour, les douleurs ont beaucoup diminué, mais l’induration et le gonflement persistent; le canal déférent reste gros et dur. Du 12 au 20, la tumeur augmente de volume; le corps du testicule disparaît sous un léger épanchement liquide, et une ponction évacue 20 grammes environ de liquide citrin. On

constate alors que le testicule et l’épididyme sont confondus en une seule et même masse dure, lisse, sans inégalités ni bosse- j lures ; cependant la tête et la queue se dessinent chacune sous la ; forme d’une légère saillie. Le cordon est toujours volumineux. Sensibilité à la pression, surtout en arrière. Peu de douleurs » spontanées.

Le diagnostic reste incertain. — On croit à V existence d’une orchite passée à l’état chronique.

Mais bientôt une adhérence se fait, à la fin du mois, à la partie inférieure de la tumeur, au niveau de la queue de Fépididyme; j on songe au tubercnle, et l’interrogation apprend que le père est , mort phthisique, que la sœur crache du sang, que lui-même était . de mauvaise santé jusqu’à 7 ans, qu’il avait de la gourme à la { tête ; il est maintenant assez bien, quoique d’apparence lymphatique. L’auscultation et la percussion ne révèlent rien de carac- téristique. Il tousse peu, sa voix est souvent enrouée. Le toucher ; rectal permet de constater une induration manifeste des deux lobes de la prostate. On n’hésite pas à diagnostiquer une tuber- » cutisation du testicule.

Le 9 février, les bosselures de l’épididyme se prononcent, la tumeur se ramollit en bas et en arrière, la fluctuation devient manifeste au niveau de la queue de Fépididyme, au point où exis- J taient les adhérences ;une ponction est faite, une petite quantité de pus s’écoule et une fistule se forme. Les bosselures deviennent 1 plus nombreuses et plus dures. Mais le malade ne souffre pas; aussi quitte-t-il l’hôpital le 18 mars. — La fistule persiste i encore .

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