‹ Du tubercule du testicule et de l'orchite tuberculeuseChapitre 23 sur 34 · OBSERVATION XIV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XIV

Epididymite tuberculeuse limitée d’abord à la queue de l’organe ; poussées successives ; léger épanchement vaginal; envahisse ment postérieur de la tête de l’épididyme et du canal déférent.

(Obs. personnelle.)

Bertin, Henri, porteur aux Halles, âgé de 35 ans, entré le 16 mai 18^6 dans le service de M. Verneuil, pour une tuméfaction de la bourse droite.

Il nous raconte qu’autrefois sa santé était excellente ; il était vigoureux, et n’avait jamais fait de grandes maladies, lorsque, il y a deux ans, il commença à s’affaiblir un peu ; il tousse, s’en-

I rhume assez sérieusement tous les hivers ; il a beaucoup maigri, et ses forces s’en vont. Cependant, il n’a pas eu d’hémoptisie, et l’auscultation, tout en donnant quelques signes affirmatifs, ne révèle que des altérations très-peu avancées. Bruit respiratoire rude, expiration prolongée, et çà et là, disséminés dans la poitrine, Reclus, 12

aussi bien du sommet qu’à la base, quelques râles muqueux, sa mère vit encore. Son frère est mort (le rétention d’urine; il n’y a pas de tousseurs dans sa famille.

Deux jours avant son entrée à l’hôpital, le malade nous dit qu’à la suite d’un eflort, il sentit une douleur vive dans la bourse droite; il y porta la main, et reconnut un léger gonflement. La douleur était telle qu’il ne put continuer son travail. Il se mit au lit et comme les souffrances ne s’apaisaient pas, il se décida à demander son admission. G est alors que nous avons constaté l’état suivant :

Le testicule gauche est absolument sain. A droite, le scrotum est rouge, érysipélateux, et Ton sent très-distinctement une tumeur c . consente à la queue de l’épididyme ; elle est du volume du pou: -, dure, résistante, très-douloureuse. Le corps de i’épididyme est lui-même envahi ; mais la tête conserve son volume normal, le tissu garde toute sa souplesse. Le cordon est sain, la prostate et les vésicules séminales ne sont pas atteintes. M. Verneuil qui ne croit guère aux orchites survenant à la suite d’efforts, et constatant, d’autre part, une rougeur très-nette au niveau du méat urinaire, diagnostique une épididymite blennorrhagique.Les dénégations du malade sont pourtant absolues. Nous cherchons avec le plus grand soin une goutte purulente au bout delà verge; le matin, avant la miction, et nous ne l’avons jamais constatée.

Telle était la situation du malade ; la douleur avait un peu disparu, mais la tuméfaction était restée la même; lorsque le 24 mai, huit jours après son entrée, survient une nouvelle poussée. Les douleurs lancinantes avec irradiation le long du cordon se font sentir; la tumeur de lépididyme grossit; le canal déférent se prend, et un léger épanchement se fait dans la vaginale ; cepen- / uant la tête de l épididyme et le testicule proprement dit restent indemnes ; la prostate et les vésicules séminales conservent leur volume normal.

Le 30 mai, l’état est à peu près le même, cependant les phénomènes inflammatoires se sont un peu apaisés. Les douleurs spontanées ont presque complètement disparu, bien que de temps en temps, quelques élancements irradient le long du cordon vers le trajet inguinal. L’épanchement de la vaginale quoique très-net, est peu auondaut; la tê.e de l’épididyme semble se prendre, de telle sorte que cet organe, pour le moins triplé de volume, forme un demi-cyiindre qui enchâsse les deux tiers postérieurs du testicule ; il est dur, résistant, la pression n’est plus douloureuse ; il n’y a pas de saillies très-nettes ; mais, quelques vagues bosselures qui se dessinent au niveau du corps de l’épididyme et au point u’origiue du canal déférent. Celui-ci semble transformé en une baguette rigide et que casserait la flexion. Néanmoins, à son extrémité inférieure, existent quelques nodosités. En aucun point il n’y a d’adhérences entre Lépididyme elles téguments. La pros-

tate est à peu près saine ; cependant, le lobe droit est un peu tuméfié et la pression y détermine une certaine douleur.

On le voit, toutes ces observations paraissent taillées sur le même modèle ; nous croyons donc inutile de les multiplier outre mesure. Nous en possédons encore quatre qui nous sont personnelles , mais nous les laisserons de côté, préférant mettre à leur place les observations deM. Duplay, de M. Chenet, de MM. Peyrot et Dolbeau: cinq témoins, en effet, font plus la conviction qu'un seul. Nous terminerons par une remarque : En un an nous avons recueilli 15 cas d'orchite tuberculeuse. N’est-ce pas assez dire combien cette forme est fréquente ?

Orchites chroniques.

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